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Le G20 est menacé par les divisions géopolitiques, mettent en garde ses dirigeants
La capacité du G20 à régler les crises internationales est menacée par les divisions et les rivalités géopolitiques, ont mis en garde certains de ses dirigeants samedi, au premier jour de leur sommet à Johannesburg boycotté par Donald Trump et bousculé par son plan sur l'Ukraine.
Les dirigeants européens ont multiplié les réunions en marge du premier sommet du groupe organisé en Afrique pour définir une réponse commune au plan de l'administration Trump sur la guerre en Ukraine.
"Le G20 arrive peut-être à la fin d'un cycle (...) On vit un moment de notre géopolitique où nous avons beaucoup de mal à régler autour de cette table (...) les grandes crises internationales", a déclaré le président français Emmanuel Macron à ses pairs.
"Il ne fait aucun doute que le chemin à venir sera difficile", a renchéri le Premier ministre britannique Keir Starmer, ajoutant: "Nous devons trouver des moyens de jouer à nouveau un rôle constructif aujourd'hui face aux défis mondiaux."
Le Premier ministre chinois Li Qiang a estimé, lui, que "l'unilatéralisme et le protectionnisme sont omniprésents" et que "beaucoup de gens se demandent ce qui arrive exactement à la solidarité mondiale".
L'hôte du sommet, le président sud-africain Cyril Ramaphosa, s'est montré plus positif, assurant que le G20 demeurait un symbole de "la valeur" du multilatéralisme pour résoudre les défis mondiaux.
"Les défis auxquels nous sommes confrontés ne peuvent être résolus que par la coopération, la collaboration et les partenariats", a-t-il martelé.
Le G20 regroupe 19 pays plus l'Union européenne et l'Union africaine, et représente 85% du PIB mondial et environ deux tiers de la population.
- Plan sur l'Ukraine -
Dès la cérémonie d'ouverture, M. Starmer, M. Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz se sont réunis pour discuter du plan américain sur l'Ukraine.
Une réunion qui a ensuite été élargie aux autres dirigeants européens ainsi qu'à leurs homologues japonais et canadien.
Le "projet" en 28 points proposé par Washington "est une base qui requerra du travail supplémentaire", ont-ils estimé dans une déclaration commune à l'issue de cette réunion. Ils se sont dits en particulier "inquiets par les limitations proposées pour les forces armées ukrainiennes, qui laisseraient l'Ukraine vulnérable à de futures attaques".
Plusieurs sources ont indiqué que des échanges avaient déjà eu lieu avec Washington, mais qu'aucun déplacement de dirigeants européens dans la capitale américaine n'était prévu dans l'immédiat.
Donald Trump a donné à l'Ukraine jusqu'au 27 novembre pour donner sa réponse aux solutions proposées dans ce plan, qui prévoit notamment que l'Ukraine cède à la Russie des territoires, accepte une réduction de la taille de son armée et renonce à intégrer l'Otan.
- Minerais stratégiques -
En l'absence de Donald Trump, de son allié le président argentin Javier Milei, qui a boudé le sommet, et de Vladimir Poutine, toujours sous le coup d'un mandat de la Cour pénale internationale (CPI), le sommet a adopté dès son ouverture une déclaration finale des dirigeants présents.
Ces derniers appellent à "une paix juste, complète et durable au Soudan, en République démocratique du Congo, dans les territoires occupés palestiniens, en Ukraine".
Ils disent également vouloir mieux protéger l'approvisionnement en minerais stratégiques, indispensables pour la transition énergétique, face aux perturbations géopolitiques et commerciales.
L'Argentine ne "peut pas approuver" cette déclaration, a cependant presque immédiatement indiqué à ses pairs le ministre argentin des Affaires étrangères Pablo Quirno. La déclaration "aborde le conflit de longue date au Moyen-Orient d'une manière qui ne parvient pas à en saisir toute la complexité", a-t-il mis en avant.
Le président Ramaphosa a pris acte du désaccord, mais estimé que cela ne remettait pas en cause l'adoption de la déclaration approuvée par les autres dirigeants présents, y compris le Premier ministre indien Narendra Modi, le président brésilien Inacio Lula Da Silva ou le Turc Recep Tayyip Erdogan.
Les États-Unis s'étaient opposés à la diffusion d'un communiqué final du G20, invoquant leur absence à un sommet dont "les priorités vont à l'encontre" des vues politiques de Washington.
Le gouvernement sud-africain est pris pour cible par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche, notamment sur une prétendue persécution des Afrikaners, ces descendants des premiers colons européens.
A l'issue du sommet dimanche, l'Afrique du Sud doit passer le relais de la présidence tournante du G20 aux États-Unis. L'administration Trump a annoncé son intention de resserrer le G20 sur les questions de coopération économique.
A.AbuSaada--SF-PST