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Budget: Lecornu et ses soutiens critiquent la copie actuelle, promise au rejet en cas de vote
Des taxes déconnectées de "l'économie réelle" et une copie emprunte d'"insincérité": le gouvernement et ses soutiens à l'Assemblée nationale critiquent sévèrement la version du projet de budget de l'Etat 2026 sur la table des députés, promise à un rejet en l'absence du soutien du bloc central.
Lundi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a tenté de rassurer le monde de l'entreprise au sommet Choose France: certaines taxes votées en première lecture à l'Assemblée nationale "n'auront jamais d'application". Et le chef du gouvernement de pointer des "aspirations à la justice fiscale ou sociale" qui "se déconnectent complètement de l'économie réelle".
Mardi, son entourage vend la mèche. Les groupes du camp gouvernemental à l'Assemblée lui ont signifié que même eux ne pourraient pas voter la partie recettes du projet de budget de l'État pour 2026, invoquant l'"insincérité" de mesures adoptées.
Si ces groupes ont affirmé vouloir "un compromis" lors de la navette parlementaire, selon l'entourage du Premier ministre, ils devraient donc osciller entre abstentions et vote contre sur la partie recettes à l'Assemblée nationale d'ici à dimanche.
En réunion de groupe, le patron des députés LR Laurent Wauquiez a annoncé son rejet du texte: "On ne peut pas voter ce budget (...) vu toutes les horreurs fiscales" qu'il contient, a déclaré le député de Haute-Loire.
A ce stade, l'Assemblée doit encore écluser plus d'un millier d'amendements sur cette partie recettes.
Si le gouvernement a d'ores et déjà acté qu'un vote sur les dépenses ne serait pas possible, un vote sur cette première partie est encore envisageable. Il devra quoiqu'il arrive intervenir avant dimanche minuit, le gouvernement pouvant alors envoyer tout le texte au Sénat sans vote, avec les amendements adoptés.
- "Texte orphelin" -
En cas de rejet, hypothèse extrêmement probable puisque ni les oppositions ni la majorité ne s'y retrouvent, c'est le texte initial du gouvernement qui irait au Sénat.
Pour les socialistes, qui ont fait le pari de la non-censure en espérant faire pencher le budget suffisamment à gauche, la copie actuelle est également insuffisante.
Les députés ont tout de même voté un réindexation du barème de l'impôt sur le revenu, doublé la "taxe Gafam" ou encore revu à la hausse l'impôt sur les sociétés.
Mais il n'y a "pas assez de justice fiscale", notamment "sur le patrimoine", pointe le député PS Philippe Brun.
"Je ne vois pas une majorité se dégager. C'est pas la somme du compromis, c'est la somme de toutes nos envies. C'est un texte un peu orphelin de responsabilité", a résumé lundi sur LCP Marc Fesneau, patron du groupe MoDem.
Quelle que soit la version envoyée ou sortant du Sénat, le problème de majorité à l'Assemblée nationale se reposera tôt ou tard sur ce budget de l'Etat. Car le PS envisage pour le moment une abstention au maximum, qui ne suffirait pas à elle seule pour faire passer le texte. Une position qui échaude le camp gouvernemental, mécontent des concessions accordées sans garantie.
Et les cadres du bloc central, comme ceux de l'opposition sont aujourd'hui peu optimistes.
"Le plus probable c'est qu'on n'ait pas de budget de l'Etat voté en décembre, une loi spéciale pour reconduire celui de 2025, et un nouveau budget soumis en janvier-février", résume l'un d'eux.
Un cadre macroniste estime possible un compromis sur le budget de la Sécurité sociale, qui contient une suspension de la réforme des retraites susceptible de sécuriser suffisamment d'abstentions à gauche. Mais pas sur le budget de l'Etat, qu'il imagine passer par un 49.3 en février.
Sébastien Lecornu a affirmé souhaiter un compromis "avant" fin décembre, "parce que s'il n'y a pas de budget, ce sera un mauvais compromis en gestion de crise plus tard".
Quant à Emmanuel Macron, il a pris position lundi sur ses réseaux sociaux: "Est-ce que je suis satisfait tous les jours de ce qui est voté au Parlement? Non, mais est ce que je pense que la stabilité politique est nécessaire et la recherche de compromis indispensable? Oui."
U.AlSharif--SF-PST