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Zelensky salue le "message fort" des sanctions américaines contre Moscou
Les sanctions contre Moscou décidées par Washington sont un "message fort", a lancé jeudi le président ukrainien Volodymyr Zelensky depuis Bruxelles où les Européens ont eux aussi décidé de nouvelles sanctions.
"C'est un message fort et nécessaire indiquant que l'agression ne restera pas sans réponse", a-t-il affirmé sur X. "C'est très important", a-t-il ajouté devant la presse, à son arrivée au sommet des dirigeants de l'UE, quelques heures après l'annonce des deux côtés de l'Atlantique de lourdes sanctions ciblant les exportations russes d'hydrocarbures.
La veille, le président américain Donald Trump avait laissé éclater son exaspération envers son homologue russe Vladimir Poutine et annoncé des sanctions qualifiées "d'énormes" contre le secteur pétrolier russe.
Le locataire de la Maison Blanche, qui s'est refusé pendant de longs mois à décider de ces sanctions, a estimé que ses conversations avec le président russe n'allaient "nulle part", au lendemain du report sine die d'une rencontre entre eux envisagée à Budapest.
"A chaque fois que je parle avec Vladimir, nous avons de bonnes conversations mais ensuite elles ne vont nulle part", a-t-il affirmé.
Les sanctions impliquent un gel de tous les actifs de Rosneft et Lukoil aux États-Unis ainsi qu'une interdiction à toutes les entreprises américaines de faire des affaires avec les deux géants pétroliers russes.
Elles ont fait bondir jeudi de près de 3% les cours du pétrole au début des échanges asiatiques, attisant les craintes de tensions sur l'offre d'or noir.
La Russie a dénoncé les sanctions américaines contre lesquelles elle s'est dite "immunisée". La Chine a dit de son côté "s'opposer" aux sanctions américaines contre le pétrole russe.
Les Européens ont également ciblé le secteur pétrolier russe en annonçant mercredi soir un nouveau train de mesures contre Moscou, le 19e depuis l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022.
Elles visent tout particulièrement la flotte fantôme de pétroliers utilisés par la Russie pour contourner les sanctions occidentales.
Le commerce pétrolier imputé à cette flotte fantôme représente "plus de 30 milliards d'euros" pour le budget de la Russie, et permet de financer de "30 à 40% de son effort de guerre" contre l'Ukraine, selon le président français Emmanuel Macron.
Cette pression collective accrue sur Moscou est à même de "changer les calculs" de Vladimir Poutine et de "l'amener à la table des négociations" en vue d'un cessez-le-feu, a estimé le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, reçu mercredi à la Maison Blanche.
"J'en suis absolument convaincu, ce ne sera peut-être pas aujourd'hui ni demain, mais nous y arriverons", a-t-il dit.
- Inquiétudes belges -
Les Européens entendent de leur côté ne pas relâcher la pression mais aussi ancrer leur soutien dans la durée. Ils comptent pour ce faire prêter 140 milliards d'euros à l'Ukraine en utilisant les avoirs de la banque centrale russe immobilisés dans l'UE.
Cette opération totalement inédite n'est pas sans risque, particulièrement pour la Belgique où se trouve l'essentiel de ces avoirs russes en Europe, soit quelque 210 milliards d'euros.
Son Premier ministre Bart De Wever a menacé jeudi de bloquer tout le processus s'il n'obtenait pas satisfaction sur les conditions qu'il a posées.
"Je veux une mutualisation complète du risque", a-t-il déclaré dès son arrivée au sommet, soulignant qu'en cas de problème, "les conséquences ne peuvent pas être uniquement pour la Belgique".
Il exige que cette mobilisation des avoirs soit également mise en oeuvre dans les autres pays alliés de Kiev.
"Nous savons qu'il y a de vastes sommes d'argent russe dans d'autres pays qui ont toujours gardé le silence à ce sujet", a-t-il relevé.
Ces annonces n'ont pas empêché la Russie de continuer à bombarder l'Ukraine.
Des frappes russes menées dans la nuit et tôt jeudi matin ont causé la mort d'un secouriste, perturbé le trafic ferroviaire et endommagé une synagogue, ont annoncé les autorités ukrainiennes.
J.Saleh--SF-PST