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A la veille d'une paralysie budgétaire, Trump exhorte les démocrates à céder
Donald Trump a exhorté lundi les démocrates à renoncer à leurs positions afin d'éviter la paralysie de l'Etat fédéral, au moment où les négociations entre les deux camps sont dans l'impasse avant la date limite de mardi soir.
Le président américain doit recevoir à la Maison Blanche dans l'après-midi les principaux responsables républicains et démocrates du Congrès, pour des discussions qui ne s'annoncent pas sous les augures de la cordialité.
Avant même la rencontre, Donald Trump a tancé les démocrates, affirmant que ceux-ci allaient "devoir faire quelques trucs, parce que leurs idées ne sont pas très bonnes".
Ces idées "sont très mauvaises pour notre pays, alors on verra comment ça va se dérouler", a-t-il ajouté devant la presse, aux côtés du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
A minuit dans la nuit de mardi à mercredi, sans adoption d'un texte budgétaire même temporaire, les Etats-Unis se trouveront en situation de "shutdown", avec pour conséquence la mise à l'arrêt de la plupart des services fédéraux.
Des centaines de milliers de fonctionnaires seront alors au chômage technique, le trafic aérien pourrait être affecté, tandis que le versement de nombreuses aides sociales devrait être fortement perturbé.
Une situation très impopulaire donc, que démocrates comme républicains tentent traditionnellement d'éviter tout en rejetant la responsabilité sur le camp rival. D'autant plus dans la perspective des élections législatives de mi-mandat en novembre 2026, lors de laquelle la majorité présidentielle au Congrès sera remise en question.
- Retranchements -
A moins de 48 heures de la date limite, chacun campe cependant dans ses retranchements.
D'un côté, les républicains proposent une extension du budget actuel jusque fin novembre. De l'autre, les démocrates veulent obtenir le rétablissement de centaines de milliards de dollars en dépenses de santé, notamment dans le programme d'assurance santé "Obamacare" pour les ménages des classes populaires, que l'administration Trump a prévu de supprimer avec sa "grande et belle loi" budgétaire adoptée en juillet.
Si les républicains disposent de la majorité aux deux chambres du Congrès, le règlement du Sénat fait qu'un texte budgétaire devra être adopté à 60 voix sur 100, nécessitant donc sept voix démocrates.
Avec cette réunion à la Maison Blanche, "le président donne aux chefs démocrates une dernière chance d'être raisonnable", a estimé sur la chaîne Fox News la porte-parole de l'exécutif américain, Karoline Leavitt.
"Ce n'est pas le moment d'essayer de marquer des points politiques contre Donald Trump", a-t-elle ajouté en amont de la rencontre à laquelle participeront les chefs républicains au Congrès, John Thune et Mike Johnson, aux côtés de leurs homologues démocrates, Chuck Schumer et Hakeem Jeffries.
Ce dernier a affirmé à la presse au Capitole lundi matin que les démocrates étaient "prêts" à trouver une issue à l'impasse et à conclure un accord budgétaire qui évite la fermeture de l'Etat fédéral, mais que celui-ci devrait "répondre aux besoins des Américains en ce qui concerne leur santé, leur sécurité, et leur bien-être économique".
- "Malfaisant" -
Mais la Maison Blanche semble ne pas vouloir céder un pouce de terrain à l'opposition.
Et pour tenter de faire plier les démocrates, le directeur du Bureau du budget à la Maison Blanche, Russell Vought, a récemment brandi la menace de rendre permanente la réduction des effectifs de fonctionnaires qui seraient mis au chômage technique lors du "shutdown".
Hakeem Jeffries avait dans la foulée qualifié Russell Vought de "politicard malfaisant" et déclaré sur X: "Nous ne nous laisserons pas intimider".
En mars, alors que la menace d'un "shutdown" planait déjà, les républicains avaient refusé d'engager le dialogue sur les énormes coupes budgétaires et le licenciement de milliers de fonctionnaires.
Dix sénateurs démocrates, dont Chuck Schumer, avaient alors décidé à contrecoeur de voter pour le texte des républicains, afin d'éviter la paralysie fédérale.
Leur choix avait provoqué de vifs remous dans le camp démocrate, de nombreux militants et sympathisants les accusant de plier face à Donald Trump et son programme jugé radical.
Cette fois-ci, le sénateur septuagénaire semble bien décidé à engager la confrontation avec le président républicain.
Q.Najjar--SF-PST