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Keir Starmer promet un "combat" contre l'extrême droite, en ouverture d'un congrès travailliste à haut risque
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a promis dimanche un "combat" contre l'extrême droite, encouragé par son homologue australien Anthony Albanese en ouverture du congrès annuel des travaillistes à Liverpool, après un nouveau record d'impopularité et des critiques émanant de son propre camp.
Quinze mois seulement après son arrivée au pouvoir, le Premier ministre accumule les déboires: l'économie est au ralenti, le chômage à son plus haut en quatre ans, l'immigration illégale bat des records, l'inflation reste plus élevée qu'ailleurs en Europe.
En parallèle, la formation d'extrême droite de Nigel Farage, Reform UK, poursuit son ascension, dépassant le Labour de 12% dans un sondage Ipsos publié dimanche, en capitalisant sur le rejet de l'immigration d'une partie des Britanniques.
"Nous avons devant nous le combat de notre vie, nous devons affronter Reform, nous devons les battre", a martelé M. Starmer dimanche sur la BBC.
"Ils veulent déchirer ce pays", a-t-il ajouté, jugeant "raciste" et "immoral" leur projet de remplacer le titre de séjour permanent des migrants non européens par des visas à renouveler régulièrement.
Le Premier ministre, qui s'exprimera mardi devant les militants, entend présenter les prochaines législatives, prévues en 2029, comme un choix entre le "renouveau patriotique" qu'il défend et la "division toxique" prônée par Reform UK.
Mais certains se demandent si Keir Starmer sera encore à Downing Street d'ici quelques mois.
Ces dernières semaines, le dirigeant a fait face à la démission de sa vice-Première ministre, Angela Rayner, emportée par une affaire fiscale, au départ de plusieurs conseillers, et au limogeage de son ambassadeur aux Etats-Unis, Peter Mandelson, rattrapé par ses liens avec le délinquant sexuel et financier américain Jeffrey Epstein.
Le congrès sera l'occasion pour les militants "d'exprimer leur mécontentement à l'égard de Keir Starmer", dit à l'AFP Steven Fielding, professeur de sciences politiques.
"Il a le parti et le pays contre lui", ajoute-t-il, alors que le peu charismatique locataire de Downing Street enregistre le plus bas taux de satisfaction - 13% - pour un Premier ministre britannique depuis 1977, a indiqué Ipsos dimanche.
"Etre un parti au pouvoir implique de se confronter à l'incertitude, à la complexité... et de prendre et assumer des décisions difficiles", a déclaré Anthony Albanese pour encourager son "ami" Starmer.
- Renverser la situation -
Certes, M. Starmer a enregistré des succès incontestables à l'international, comme la bonne relation qu'il a pu développer avec Donald Trump, la coordination de l'effort européen de soutien à l'Ukraine, et le rapprochement avec l'Union européenne, que son gouvernement veut encore accentuer avec un accord de mobilité des jeunes travailleurs.
Mais au niveau national, son bilan est moins glorieux.
Sa réforme des aides sociales au printemps, finalement avortée après une fronde dans son parti, et le gel des aides au chauffage pour les retraités ont alimenté la colère des Britanniques et de l'aile gauche du Labour.
Et en matière d'immigration, la politique et le discours de fermeté du travailliste ne semblent pas convaincre les Britanniques, et "mettent mal à l'aise" beaucoup de membres de son parti, souligne Steven Fielding.
L'intervention de M. Starmer mardi "ne sera pas le discours de la dernière chance" mais "un moment crucial" pour "exposer clairement sa vision de l'avenir", juge Patrick Diamond, professeur en sciences politiques à l'Université Queen Mary de Londres.
Déjà, les spéculations vont bon train sur les ambitions du maire du Grand Manchester, Andy Burnham, pour reprendre le parti en main.
Ce dernier a appelé M. Starmer à adopter une ligne plus à gauche, et affirmé avoir reçu des appels du pied de députés pour se porter candidat à la direction du parti.
Le Premier ministre ne semble pas menacé dans l'immédiat, fort de sa puissante majorité et des règles en vigueur au sein du Labour.
"Il a encore le temps de renverser la situation", estime à l'AFP Patrick Diamond. Au moins jusqu'aux prochaines élections locales, prévues en mai 2026.
A moins que les membres du Labour élisent en octobre comme numéro 2 du parti la députée Lucy Powell, tout juste évincée du gouvernement, contre la ministre de l'Education Bridget Phillipson, réputée proche du Premier ministre, ce qui pourrait être vu "comme un vote de défiance contre Keir Starmer", prévient M. Fielding.
Y.AlMasri--SF-PST