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Macron met Trump au défi de stopper la guerre à Gaza pour décrocher le Nobel
Emmanuel Macron a mis mardi Donald Trump au défi de stopper la guerre à Gaza s'il veut décrocher le prix Nobel de la paix, avant un échange à l'ONU qui a permis aux deux dirigeants d'afficher leurs désaccords sur la Palestine mais aussi quelques convergences.
"Il y en a un qui peut faire quelque chose, c'est le président américain", a reconnu le chef de l'Etat français dans un entretien à la chaîne française BFMTV depuis New York, au lendemain de sa reconnaissance d'un Etat palestinien.
Il l'a exhorté à "faire pression sur le gouvernement d'Israël", soulignant que les Etats-Unis lui livraient des "armes qui permettent de mener la guerre à Gaza", contrairement à la France.
"Je vois un président américain qui est mobilisé, qui l'a redit ce matin à la tribune (des Nations unies): +Je veux la paix. J'ai réglé sept conflits+. Qui veut le prix Nobel de la paix. Le prix Nobel de la paix n'est possible que si vous arrêtez ce conflit", a lancé Emmanuel Macron.
Les deux hommes se sont ensuite retrouvés pour une rencontre. Interrogé sur les propos de son homologue français, le milliardaire républicain a d'abord éludé: pour le Nobel, "c'est Gaza, c'est la Russie, c'est un peu tout", a-t-il estimé.
Il a glissé au passage qu'Emmanuel Macron l'avait "aidé" à résoudre les "sept conflits" auxquels il revendique d'avoir mis fin, alors qu'il avait pesté dans la matinée, devant l'Assemblée générale de l'ONU, sur l'absence de soutien international.
Quant au conflit à Gaza, "nous voulons y mettre fin", a assuré Donald Trump, espérant un "résultat très rapidement". Il devait tenir un peu plus tard une réunion avec plusieurs pays arabes.
- "Récompense" au Hamas? -
Les désaccords ne sont pas effacés sur cette question sensible.
Emmanuel Macron, pourfendeur de l'offensive israélienne à Gaza, a reconnu lundi, à l'ONU, un Etat palestinien, avec une dizaine d'autres pays dont le Royaume-Uni et le Canada.
Le président américain, principal allié du gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu, a lui répondu mardi à la même tribune qu'il s'agissait d'une "récompense" pour les "atrocités" commises par le Hamas, le mouvement islamiste palestinien auteur de l'attaque sanglante du 7 octobre 2023 en Israël.
A côté du président, il l'a redit: "Cela honore le Hamas, et on ne peut pas faire cela en raison du 7-Octobre".
"C'est totalement faux de dire que c'est une récompense au Hamas", a protesté Emmanuel Macron sur BFMTV. Au contraire, selon lui, "c'est le seul manière d'isoler" le mouvement islamiste.
En face-à-face, il a plaidé que la solution militaire avait été "une grande réussite" contre les dirigeants du Hamas, mais qu'elle "ne fonctionne pas pour démanteler" l'organisation.
"Ce n'est pas la bonne façon d'agir. Nous avons donc besoin d'un processus complet", a-t-il insisté.
Il a défendu une fois de plus le plan franco-saoudien en faveur de la solution à deux Etats, israélien et palestinien, qui a été endossé par 142 pays à l'ONU. Et qui prévoit le désarmement du Hamas, exclu de toute gouvernance palestinienne future.
Au-delà de ces divergences, Emmanuel Macron et Donald Trump ont fait quelques pas l'un vers l'autre, faisant même assaut d'amabilités, au moment où leurs vues semblent converger plus que jamais sur l'Ukraine.
Le premier a dit espérer que Washington puisse porter "un plan de paix crédible" complémentaire pour Gaza, tandis que le second lui a dit, en se tournant vers lui: "Je comprends votre position", "nous devons juste résoudre cela".
Le président français a aussi tenté encore une fois d'apaiser les craintes israéliennes sur son "projet de paix".
Il a d'ailleurs expliqué qu'Israël aurait son mot à dire pour que la nouvelle entité prenne véritablement forme, y compris en disant "oui ou non sur chaque membre" d'une "autorité de transition" à Gaza.
Au final, "le jour où l'Etat de Palestine est créé, c'est le jour où l'Etat d'Israël le reconnaît", a-t-il insisté.
D.Qudsi--SF-PST