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Ukraine: le siège du gouvernement incendié après une attaque aérienne russe record
Le siège du gouvernement à Kiev a été incendié dimanche après une attaque aérienne russe nocturne d'une ampleur inédite sur l'Ukraine, qui a impliqué plus de 800 drones et missiles et fait au moins cinq morts, dont deux dans la capitale.
Un journaliste de l'AFP a vu le toit de l'imposant bâtiment abritant le conseil des ministres en feu et des volutes de fumée grise s'en échappant. Des hélicoptères lâchaient de l'eau sur l'édifice, situé en plein coeur de Kiev, proche de la présidence et du Parlement.
"Pour la première fois, le toit et les étages supérieurs du siège du gouvernement ont été endommagés à cause d'une attaque ennemie", a indiqué la Première ministre Ioulia Svyrydenko sur Telegram.
"L'incendie a déjà été éteint, mais les sauveteurs sont en train de démonter et d'arroser les structures afin de remettre le bâtiment en état et de s'assurer que tout est en ordre", a précisé en début d'après-midi à la télévision Pavlo Petrov, porte-parole des services de secours.
Depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, le quartier gouvernemental à Kiev avait été relativement épargné par les frappes massives russes qui visent régulièrement la capitale.
Cette nuit, la Russie a tiré 810 drones et 13 missiles sur le pays, dont respectivement 747 et quatre ont été interceptés, selon l'armée de l'air ukrainienne. Il s'agit de l'attaque aérienne la plus importante depuis le début de la guerre.
Plusieurs autres régions ont été touchées au-delà de la capitale. Au total, cinq personnes ont été tuées, dont deux à Kiev, et plus d'une vingtaine de personnes ont été blessées. Au moins deux autres personnes ont trouvé la mort dans des attaques locales séparées, selon les autorités ukrainiennes.
- "Le monde doit répondre" -
Dans la capitale ukrainienne, plusieurs immeubles résidentiels ont également été endommagés. Les deux personnes décédées sont une jeune femme et son fils âgé de deux mois, a précisé le maire Vitali Klitschko.
L'armée russe, comme à son habitude, a assuré n'avoir visé que "des sites du complexe militaro-industriel ukrainien et des infrastructures de transport".
"Le monde doit répondre à cette destruction non seulement par des mots, mais par des actions. Nous devons renforcer la pression des sanctions, principalement contre le pétrole et le gaz russes", a plaidé la Première ministre ukrainienne, réclamant également des "armes".
Le président français Emmanuel Macron a estimé que "la Russie s'enferme toujours un peu plus dans la logique de la guerre et de la terreur", dénonçant des frappes menées "de manière indiscriminée".
"Le Kremlin bafoue la diplomatie, foule aux pieds le droit international et tue sans discernement", a regretté la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
Fin août, une vague massive de drones et missiles russes sur Kiev avait fait plus de 25 morts et endommagé les locaux de la délégation de l'Union européenne ainsi que le bureau du British Council.
L'Ukraine a de son côté affirmé avoir frappé une usine dans la région russe frontalière de Briansk et une raffinerie de pétrole dans la région de Krasnodar, dans le sud de la Russie.
Kiev a multiplié ces derniers mois les attaques visant des sites énergétiques russes pour tenter de frapper Moscou au porte-monnaie. Ces frappes font régulièrement des victimes civiles.
Sur le front, l'armée russe a poursuivi ses avancées dimanche en revendiquant la capture d'une nouvelle localité dans la région de Dnipropetrovsk (centre). L'Ukraine n'a que récemment reconnu la présence dans ce territoire des troupes de Moscou, qui occupent 20% du pays.
- Négociations dans l'impasse -
Les dernières semaines ont été marquées par une intense activité diplomatique pour tenter de trouver une issue au conflit. Le président américain Donald Trump a notamment reçu en août Vladimir Poutine en Alaska, puis Volodymyr Zelensky et les dirigeants européens à Washington.
Ces efforts semblent néanmoins dans l'impasse. Les positions de Moscou et de Kiev sur la fin de la guerre, les modalités d'un cessez-le-feu ou d'une rencontre entre leurs deux dirigeants sont diamétralement opposées.
Vingt-six pays, essentiellement européens, se sont engagés malgré tout jeudi à Paris à contribuer à des garanties de sécurité pour l'Ukraine pour empêcher une potentielle nouvelle attaque de la Russie, après une hypothétique cessation des hostilités.
La Russie, qui considère l'expansion de l'Otan à ses frontières comme l'une des causes de la guerre, a indiqué à de multiples reprises qu'elle est catégoriquement opposée à tout déploiement de militaires occidentaux en Ukraine. M. Poutine a averti qu'un tel déploiement ferait de ces soldats des "cibles légitimes" pour l'armée russe.
Jeudi, Donald Trump a annoncé qu'il s'entretiendrait bientôt avec Vladimir Poutine.
A.AbuSaada--SF-PST