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George Simion, un ex-hooligan aux portes de la présidence roumaine
Ancien hooligan, antivax, partisan de l'union avec la Moldavie : George Simion, qui espère dimanche devenir président de la Roumanie, est parvenu en quelques années à être le chef de file de l'extrême droite, tentant de lisser son image sulfureuse pour briguer le poste suprême.
Déjà candidat à l'élection de novembre par la suite annulée, ce souverainiste fervent admirateur de Donald Trump, âgé de 38 ans, a quasiment triplé son score le 4 mai, recueillant près de 41% des voix.
- Violence et invectives -
Titulaire d'une maîtrise en histoire, George Simion s'est illustré dans sa jeunesse en tant que supporteur ultra de l'équipe nationale de foot.
"Il était assez violent et a été embarqué à plusieurs reprises par les gendarmes, se créant une mini-légende de chef hooligan", explique à l'AFP le politologue Sergiu Miscoiu.
Né le 21 septembre 1986 à Focsani (est), près de la frontière avec la Moldavie, cet "agitateur politique" a activement milité par le passé en faveur de la réintégration dans le giron roumain de ce pays voisin. Il y est d'ailleurs interdit d'entrée, tout comme en Ukraine, dont il voulait récupérer des territoires.
Opposé aux droits des LGBT+, il a fait campagne pour qu'il soit gravé dans la Constitution que le mariage n'est possible qu'entre un homme et une femme. L'initiative a échoué faute d'une participation suffisante.
Mais c'est sur les bases de cette mobilisation qu'il cofonde en 2019 le parti Alliance pour l'Unité des Roumains (AUR), rapidement monté en puissance autour de récits complotistes et antivax à propos de la pandémie de Covid-19.
Sa formation fait une entrée surprise au Parlement un an plus tard avec près de 10% de voix, un score qu'elle a quasiment doublé aux législatives de décembre 2024.
Dans l'hémicycle, il se fait remarquer par plusieurs virulentes incartades.
Entretemps, celui qui refuse l'étiquette d'extrémiste de droite a modéré son discours.
"Colérique", il essaie de se contenir "mais le couvercle sur la marmite peut exploser à tout moment", juge Sergiu Miscoiu.
Au cours du débat de l'entre-deux-tours, George Simion s'est ainsi montré "agressif". Et il a préféré esquiver les autres rencontres. Il s'est aussi mis à dos les médias en les enregistrant à leur insu avant de diffuser des extraits de la discussion.
Il fait l'objet d'une enquête du parquet pour incitation à la violence après avoir dit vouloir "écorcher vifs sur la place publique" les responsables ayant annulé le vote de l'automne.
- Président MAGA -
Côté programme, George Simion, qui a assisté à l'investiture du président américain en janvier, se rêve en président MAGA ("Make America Great Again").
Sa devise : la Roumanie d'abord. Son ambition : réparer les liens distendus avec les Etats-Unis et participer à une alliance souverainiste au sein de l'UE aux côtés de l'Italienne Giorgia Meloni, son autre modèle, et du Hongrois Viktor Orban, dont il veut dupliquer "bon nombre de mesures".
L'air sûr de lui, coupe militaire et chemise blanche, ce père d'un petit garçon maîtrise parfaitement les codes des réseaux sociaux, partageant coulisses et intimité familiale avec ses 1,5 million d'abonnés sur TikTok.
En 2023, il a organisé un grand mariage champêtre, conviant des milliers de Roumains en habits traditionnels.
S'il a qualifié le président russe Vladimir Poutine de "criminel de guerre", ce détracteur des "absurdes politiques de l'UE" a promis de stopper l'aide militaire à l'Ukraine et veut demander une "compensation" financière pour le soutien apporté jusqu'ici.
Défenseur d'une Europe chrétienne des nations, il a évoqué la possibilité de nommer Premier ministre celui qui était arrivé contre toute attente en tête au scrutin de fin novembre, Calin Georgescu, après une campagne massive sur TikTok entachée de soupçons d'ingérence russe.
Dans ce pays profondément divisé, George Simion a avoué "ne savoir que faire", en cas de victoire, des électeurs "paumés et irrationnels" de l'autre camp dans un message perçu comme une tentative d'intimidation.
Pour Virgil Popescu, un ex-ministre de l'Energie "insulté et harcelé" par M. Simion, un tel homme ne saurait accéder à la présidence.
"Ne laissez pas la haine s'installer au palais de Cotroceni, votez avec votre cœur, avec votre esprit, avec dignité. Ne votez pas pour un président tyrannique", a-t-il exhorté cette semaine.
V.AbuAwwad--SF-PST