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Législatives: "Dangereux", "trumpisme", les invectives fusent entre macronistes et mélenchonistes
"Extrémisme", "trumpisme", "programme dangereux": la campagne des législatives continue de s'envenimer entre macronistes et mélenchonistes à l'approche du second tour dimanche, Marine Le Pen (RN) y voyant la "fébrilité" d'Emmanuel Macron.
De son côté, le chef de l'Etat tente de mettre en avant sa stature internationale avec son déplacement en Roumanie et en Moldavie mercredi pour parler de l'Ukraine. Ira-t-il à Kiev jeudi ? Il n'a pas confirmé directement mais juge nécessaires de "nouvelles discussions avec l'Ukraine".
L'opposition y a aussitôt trouvé un angle d'attaque, en reprochant au président son absence en plein entre deux-tours, un "mépris" fustigé par Jean-Luc Mélenchon, qui a enchaîné les passes d'armes à distance avec Emmanuel Macron.
- "Hurlements" -
Surtout, gauche, droite et extrême droite ont dénoncé la déclaration d'Emmanuel Macron mardi sur le tarmac d'Orly juste avant son départ, appelant les électeurs à lui donner une majorité "solide" et à un "sursaut républicain" pour éviter le "désordre"
Au JT de France 2 mercredi soir, la Première ministre Elisabeth Borne a fait le lien entre la "gravité" de la "situation" internationale et l'importance d'avoir "une majorité forte à l'Assemblée nationale pour continuer à tenir notre place en Europe et dans le monde".
Elle a fustigé "l'alliance de circonstance" de la Nupes, derrière "le projet le plus extrême, celui de Jean-Luc Mélenchon", qu'elle juge "dangereux pour notre économie".
"C'est un projet de sortie de l'Europe et de connivence avec la Russie", a-t-elle affirmé.
Les deux camps s'accusent mutuellement d'imiter Donald Trump, l'ancien président américain, connu pour ses déclarations fracassantes et fleuries.
En difficulté à Paris face à la candidate insoumise Caroline Mécary, le ministre chargé de l'Europe Clément Beaune a reproché à Jean-Luc Mélenchon son "trumpisme à la française", des "hurlements" ou des "fakes news" sur la TVA.
M. Mélenchon, qui avait accusé Emmanuel Macron de "sketch à la Trump" après le discours présidentiel sur un tarmac, a appelé mercredi ses adversaires à "baisser d'un ton" et s'est "alarmé" de propos "pas rassurants" du président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand.
Une cohabitation avec la Nupes serait "impossible au plan politique", avait argué le pilier de la majorité présidentielle.
"Une cohabitation aura lieu si nous sommes majoritaires, et le président de la République devra s'y soumettre ou bien se démettre, comme on le disait dans la IIIème République", a répliqué l'insoumis, jugeant qu'il ne fallait "pas que monsieur Macron prenne trop les habitudes de monsieur Trump".
Au coeur de la dramatisation de cette campagne, les questions économiques et sociales ne cessent de prendre du poids, alors que l'inflation place plus que jamais le pouvoir d'achat comme priorité N.1 des Français, selon les enquêtes d'opinion.
Le débat s'annonce donc agité jeudi soir sur BFMTV entre le ministre du Budget Gabriel Attal, la députée sortante LFI Clémentine Autain et le président du RN Jordan Bardella.
Les sondages continuent à placer en tête les candidats macronistes, dans un bras de fer avec l'alliance de gauche Nupes (LFI, EELV, PS, PCF), qui pourrait les priver de majorité absolue (289 sièges).
Selon Ifop-Fiducial pour LCI et Sud Radio, la coalition présidentielle Ensemble! obtiendrait entre 265 et 300 sièges contre 180 à 210 pour la gauche unie, devant la droite LR et UDI (40 à 65 sièges) et le RN (20 à 40).
A gauche, le patron du PS Olivier Faure va en Bretagne jeudi soutenir les candidats de la Nupes.
- Le Pen en Moselle -
A l'extrême droite, Marine Le Pen sera en Moselle avec les candidats RN. Mercredi, la finaliste de la présidentielle s'est dite choquée par l'intervention du président Macron à Orly, "une preuve de fébrilité" d'un chef de l'État demandant "aux Français de lui donner les pleins pouvoirs".
Elle espère atteindre la barre des 15 élus pour décrocher un groupe à l'Assemblée nationale pour la deuxième fois de l'histoire de son camp. Le précédent remonte au scrutin proportionnel de 1986 et les 35 députés décrochés par le FN de Jean-Marie Le Pen et ses alliés.
La droite (LR et UDI) ne s'avoue pas vaincue et table sur une soixantaine de députés pour jouer les arbitres dans la future Assemblée qui sera forcément plus turbulente au vu des nouveaux équilibres politiques qui se dessinent.
Toutes forces politiques confondues, 1.148 candidats se présentent au second tour, 43% de femmes et 57% d'hommes, selon un décompte de l'AFP. Il y aura sept triangulaires, 562 duels et trois circonscriptions avec un seul candidat.
Cinq députés ont été élus dès le premier tour: quatre insoumis et un Horizons, dans la majorité présidentielle.
T.Khatib--SF-PST