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Trump propose à l'Iran de négocier sur le nucléaire
Dans un développement spectaculaire, Donald Trump a déclaré avoir écrit à l'Iran pour proposer des négociations visant à prévenir le développement par Téhéran d'armes nucléaires, brandissant la menace d'une intervention militaire et prévenant que le "moment final" approche.
"Je leur ai écrit une lettre en disant que j'espère que vous allez négocier parce que si on doit attaquer militairement, ce sera une chose terrible pour eux", a affirmé le président américain dans un extrait d'interview sur la chaîne Fox Business, diffusé vendredi.
"Vous ne pouvez pas les laisser avoir l'arme nucléaire", a-t-il ajouté, en précisant avoir écrit jeudi au guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.
La mission iranienne à l'ONU a cependant dit ne pas avoir eu connaissance d'une lettre de Donald Trump mais celle-ci a pu être transmise par d'autres canaux.
S'exprimant quelques heures plus tard dans le Bureau ovale, le milliardaire républicain a prévenu que "quelque chose va se produire très bientôt, très bientôt".
"J'espère que nous pourrons conclure un accord de paix. Vous savez, je ne parle pas de force ou de faiblesse. Je dis simplement que je préfère un accord de paix à l'autre (alternative). Mais l'autre (alternative) résoudra le problème", a-t-il dit aux journalistes, sans préciser.
"Mais on approche du moment final. On est au moment final. (On peut pas) les laisser avoir une arme nucléaire", a-t-il renchéri.
Depuis son retour au pouvoir en janvier, le locataire de la Maison Blanche se dit favorable à des négociations avec l'Iran pour encadrer son programme nucléaire.
Mais il a également renforcé les sanctions contre Téhéran visant spécifiquement les ventes de pétrole iranien. Il a aussi remis en place la politique dite des "pressions maximales" mise en oeuvre lors de son premier mandat (2017-2021), afin d'affaiblir le pays économiquement et l'isoler sur la scène internationale.
Le geste d'ouverture de Trump pourrait être mal reçu en Israël, qui a mené l'année dernière des frappes à l'intérieur de l'Iran.
Dans une interview à l'AFP, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, qui ne répondait pas directement à la lettre de Trump, a affirmé que l'Iran ne reprendrait pas les négociations avec Washington sur son programme nucléaire tant que le président Trump resterait sur une position dure.
"Nous n'entamerons aucune négociation directe avec les Etats-Unis tant qu'ils continueront leur politique de pression maximale et leurs menaces", a affirmé Abbas Araghchi en marge d'une réunion de l'Organisation de la coopération islamique à Jeddah.
Il a aussi assuré que le programme nucléaire iranien "ne peut pas être détruit" par une attaque militaire, et averti qu'une attaque israélienne contre l'Iran déclencherait un "embrasement généralisé" au Moyen-Orient.
- Accélération -
En 2018, lors du premier mandat de Trump, les Etats-Unis s'étaient retirés de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu trois ans plus tôt, et qui encadrait les ambitions nucléaires de Téhéran en échange d'un allègement des sanctions à son encontre.
En représailles, Téhéran était revenu sur ses engagements et a fait progresser son programme nucléaire.
Selon un rapport confidentiel de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) consulté par l'AFP, l'Iran a augmenté de manière "très préoccupante" ses réserves d'uranium enrichi à 60%, seuil proche des 90% nécessaires pour fabriquer une arme nucléaire.
L'Iran affirme que son programme nucléaire n'existe qu'à des fins civiles, notamment pour l'énergie, et dément vouloir se doter de l'arme nucléaire.
Dans l'entretien sur Fox Business, Donald Trump assure qu'il existe deux façons de mettre un terme au développement par l'Iran de l'arme nucléaire, "militairement ou par un accord".
"Je préfererais conclure un accord car je ne veux pas faire de mal à l'Iran", a-t-il dit.
Le président américain a aussi affirmé le 5 février être en faveur d'un "accord de paix" avec l'Iran, ennemi juré des Etats-Unis depuis la Révolution islamique de 1979.
La main tendue à l'Iran survient à un moment où Téhéran apparaît très affaibli, ayant subi plusieurs revers dans la région depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
Israël a dévasté les défenses aériennes iraniennes et éliminé les dirigeants de deux de ses alliés, le Hamas et le Hezbollah libanais. Et son principal allié régional, Bachar al-Assad, a été évincé du pouvoir en Syrie en décembre par des combattants islamistes sunnites.
K.AbuDahab--SF-PST