-
Les côtes du sud-est de l'Inde balayées par les vents et les pluies du cyclone Arnab
-
Réseaux sociaux et santé mentale : Snapchat face à un jury pour la première fois avec Instagram
-
Élections en Israël: pas de majorité, et maintenant?
-
Israël : Eisenkot et Netanyahu tous deux prêts à former un gouvernement, pas de majorité
-
Flavio Bolsonaro a fui le Brésil pour les États-Unis, selon des médias américains
-
Budget britannique : un peu d'air promis aux ménages, sous l'œil des marchés
-
Anthony Edwards, Kawhi Leonard, Jaren Jackson Jr... Pluie de blessés en NBA
-
SK hynix : nouveau bond des bénéfices au troisième trimestre porté par l'IA
-
Israël : Eisenkot prêt à former un gouvernement, les deux camps désormais donnés à égalité
-
Le projet de loi "casseurs-payeurs" adopté et élargi au Sénat, en plein coeur de la contestation
-
Elections en Israël: Eisenkot se dit prêt à former un gouvernement
-
Taux directeurs : la Fed tentée par l'abstention avant les élections de mi-mandat aux États-Unis
-
الأردن يعلن القبض على ثلاثة متهمين بهجوم كنيسة الكرك
-
Au début de sa visite dans les Caraïbes, Charles III reconnaît les "souffrances du passé"
-
استقالة رئيس ونائب رئيس وعضوين من مجلس إدارة يونيكاي للأغذية
-
دبي تستقبل أبطال الدول قبيل نهائيات تحدي القراءة العربي 2026
-
Elections en Israël: l'opposition devant Netanyahu, mais sans majorité
-
Tennis : Stan Wawrinka, un peu de lumière dans l'ombre des géants
-
افتتاح وقف المحميد في دبي لدعم الأسر محدودة الدخل والحالات الإنسانية
-
Charles III, pressé sur l'esclavage, entame une visite dans les Caraïbes
-
صقر غباش يدعو بريكس إلى تعميق أثرها في التوازن والتنمية الدوليين
-
برج خليفة يضيء احتفاءً بمرور 15 عاماً على مبادرة فاطمة بنت محمد بن زايد
-
Wall Street clôture en hausse avant la Fed
-
وفد إماراتي يزور التشيك لبحث الأمن الغذائي والابتكار الزراعي
-
المجلس الوطني الاتحادي يشارك في اجتماع برلماني دولي لمجموعة بريكس
-
Wall Street clôture en hausse, prises de bénéfices avant la Fed
-
جائزة الأمير ألبرت الثاني تكرم ابتكار مبادرات محمد بن راشد في العمل الخيري
-
ماسا الرفاعي تمثل أصغر المشاركات في نهائيات تحدي القراءة العربي
-
Ukraine : trêve inédite sur le front sud
-
غرف دبي تناقش صياغة العقود ووسائل تسوية النزاعات التجارية
-
شرطة رأس الخيمة تكرم فائزين بجوائز خليجية للموارد البشرية والشباب
-
مبادرات محمد بن راشد العالمية تحصد جائزة موناكو للابتكار الخيري
-
Raffinerie saoudienne et ministère de la Défense: les Houthis multiplient les attaques
-
مصر والبنك الدولي يبدآن إعداد استراتيجية جديدة لترويج الاستثمار
-
الأسهم الأوروبية تتراجع تحت ضغط اضطرابات فرنسا ونتائج الشركات
-
مباحثات مصرية مع منظمة التجارة العالمية لتوسيع وصول الصادرات
-
"Plus de poigne": pour les colons de Cisjordanie, Netanyahu ne suffit plus
-
مصر تعمل على أدوات تمويل لتقليص مخاطر الاستثمار الصناعي
-
En Équateur, une base discrète mais active de la lutte antidrogue américaine
-
قفزة بنسبة 58% في أسعار الكهرباء الفورية بألمانيا
-
توتال إنرجيز تبيع حصة نفطية في نيجيريا مقابل 800 مليون دولار
-
أسهم التكنولوجيا تدفع الأسواق الصينية إلى أدنى إغلاق في 14 شهراً
-
La France dénonce de nouvelles opérations d'ingérence en Afrique au profit de la Russie
-
Plus de 2.500 commerces touchés par les violences dont un millier fortement dégradés, selon CCI France
-
منع وفد دولي من دخول الضفة للمشاركة في مؤتمر بجامعة بيرزيت
-
Six jihadistes français condamnés à la prison à perpétuité en Irak
-
مقتل حسام الزاملي برصاصة أصابت خيمة عائلته في مواصي خان يونس
-
Dangote, l'homme le plus riche d'Afrique ou le capitalisme industriel tambour battant
-
Les Houthis disent avoir frappé la plus grande raffinerie saoudienne
-
الأردن يعلن مقتل عناصر من داعش ويعرب عن الأسف لسقوط مدنيين في سوريا
A Gaza, des dizaines de milliers de morts et un deuil impossible
Tous les jours, Oum Omar, veuve depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, prend son téléphone et fait semblant d'appeler son mari pour faire plaisir à sa fille de quatre ans, qui ne comprend pas que son père est mort.
Elle "prend mon téléphone et veut qu'on l'appelle pour lui raconter sa journée, j'ai fini par faire semblant pour ne pas la perturber", raconte Oum Omar, qui vit sous une tente après avoir fui son appartement avec ses trois enfants.
Leur père, Ibrahim al-Shanbari, a été tué aux premiers jours de la guerre dans une frappe aérienne israélienne dans le nord de la bande de Gaza. Tout s'est passé "trop vite" pour Oum Omar qui dit avoir tout perdu "en une fraction de seconde".
Originaire de Beit Hanoun, elle est maintenant déplacée avec ses enfants, âgés de 4 à 11 ans, à al-Mawasi, dans le sud du petit territoire palestinien.
"Je ne sais pas comment les mois se sont écoulés", dit-elle en expliquant que rien n'a ressemblé aux étapes d'un deuil tel que les Gazaouis le vivent "d'habitude", ni au moment de l'enterrement ni après.
Selon le Hamas, près de 40.000 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le début de la guerre déclenchée par l'attaque sanglante le 7 octobre du mouvement islamiste palestinien sur le sol israélien, au cours de laquelle 1.197 personnes ont été tuées, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles israéliennes.
Après des mois de bombardements incessants, de tirs d'artillerie et de combats au sol, les Palestiniens de Gaza vivent dans un champ de ruines.
Oum Omar pleure son mari "si gentil" et se remémore leurs "rêves", mais tente de se consoler en s'estimant heureuse par rapport à "ceux qui ont perdu une famille entière, ceux qui n'ont pas pu dire au revoir ou ceux qui retrouvent leurs enfants en morceaux".
Sur la base du bilan fourni par le Hamas, plus de 1,5% des 2,4 millions d'habitants du territoire côtier ont été tués, la plupart dans des conditions extrêmement violentes.
Certains blessés se sont vidés de leur sang avant d'atteindre les hôpitaux, d'autres ont péri écrasés sous leur maison et leurs corps ont été extirpés, parfois en lambeaux, des décombres de quartiers bombardés.
- "La mort a remplacé la vie" -
Dans le monde sens dessus dessous de Moustafa al-Khatib, "la mort a remplacé la vie". Cet homme de 56 ans a perdu plusieurs proches et se désole de ne pas avoir pu leur offrir une sépulture digne.
Les cimetières sont inaccessibles car il y a des combats partout, explique-t-il à l'AFP, et les gens "ont du mal à trouver de quoi creuser, (...) il n'y a pas non plus de pierres, de ciment, pour faire une chape en béton pour la tombe".
Il a "le coeur serré" après avoir enterré son oncle à la hâte, dans la cour d'un hôpital. Sa soeur a été ensevelie dans un cimetière abandonné, qui a ensuite été bombardé, selon lui.
Dans une école devenue un abri pour déplacés du camp de réfugiés de Maghazi (centre), c'est une femme qui pose la main sur le sol: sa fille a été enterrée là, après être morte dans ses bras, lourdement blessée par une explosion.
Presque tous les Gazaouis ont été déplacés au gré des avancées militaires israéliennes. Certains étaient déjà loin de chez eux quand ils ont perdu un proche. Il leur a fallu les enterrer sur des parcelles privées, dans la rue, ou même sur un terrain de football, sans savoir s'ils pourraient revenir se recueillir sur ces tombes et s'ils les retrouveraient.
Ces dix derniers mois, des correspondants de l'AFP ont vu des fosses communes, des gens enterrés dans des couvertures maculées de sang ou des bâches en plastique barrées d'un numéro à défaut de patronyme, car les dépouilles étaient méconnaissables, ou que personne n'était venu les réclamer.
Chaque jour, les mises en terre se font à la hâte au milieu des combats, des ordres d'évacuation, et des périples semés d'embûches pour trouver de quoi boire, manger, se soigner.
M. Khatib regrette de s'y être "habitué", mais reconnaît que les moments de recueillement ne durent qu'un instant avant de reprendre le fil de la survie quotidienne.
Le temps long de l'introspection n'a pas sa place dans l'urgence de la guerre.
- "A quand mon tour?" -
Depuis plus de six mois, Ali Khalil sait que son fils Mohammed, 32 ans, a été tué dans le bombardement de son logement du camp d'al-Chati, en bordure de Gaza-ville. Ce sont des voisins qui l'ont prévenu dans le sud du territoire, où il avait fui avec ses petits-enfants.
"Ce qui me fait le plus mal, c'est de ne pas avoir pu enterrer mon fils, de ne pas l'avoir serré dans mes bras et de ne pas lui avoir dit adieu. Je me demande si son corps est resté intact ou s'il s'est décomposé, je n'en ai aucune idée", confie cet homme de 54 ans rongé par le chagrin.
Comme beaucoup d'habitants de Gaza interviewés par l'AFP, il peine à trouver les mots pour formuler cette peine "immense". Certains restent muets.
Gaza, une étroite langue de terre densément peuplée, était déjà un territoire sinistré avant la guerre, après quatre conflits et plusieurs flambées de violence, et un blocus quasi total depuis près de 15 ans, imposé par Israël.
Aujourd'hui, les Gazaouis se disent torturés par la perte de proches et quand ils n'expliquent pas vouloir mourir pour rejoindre les leurs, ils posent crûment la question qui les hante: "à quand mon tour?".
P.AbuBaker--SF-PST