-
Ebola en RDC: le chef de l'ONU réclame 1,1 milliard de dollars pour l'aide humanitaire
-
Presque un mois après l'arrivée massive de migrants, des appels au calme à Ceuta, sous pression
-
Wall Street ouvre en hausse, salue les performances de Nvidia
-
Bosnie : Mladic, un croisé serbe devenu le symbole des atrocités de la guerre
-
Mayotte: Lecornu lance un "choc" de reconstruction, sur fond de tensions politiques
-
Budget de l'UE: les six Etats "frugaux" appellent à réduire drastiquement la proposition de Bruxelles
-
Méduses à la centrale nucléaire de Gravelines: deux nouveaux réacteurs arrêtés
-
Après l'accord aux Etats-Unis, Bruxelles réclame de Meta qu'il protège aussi "nos enfants"
-
La taxe européenne sur les petits colis chinois entraîne une chute drastique des importations
-
Trafic très perturbé à Montparnasse après une "panne d'installation électrique"
-
Danemark : Une Koenigsegg Gemera unique vandalisée à Copenhague
-
Après l'accord aux Etats-Unis, Meta doit "aussi protéger nos enfants" (porte-parole de l'UE)
-
Taïwan : feu vert du parlement à un budget de 7,6 milliards de dollars pour des drones militaires
-
Au Népal, les villages traversés par les crues transformés en "cimetières"
-
Au Canada, le mouvement de boycott contre les Etats-Unis relancé
-
François Hollande et le surnom 'Flanby' : l'origine d'une référence au dessert
-
Comment l'effondrement d'un glacier aurait provoqué la crue dévastatrice au Népal et au Tibet
-
Aux Etats-Unis, le lac Mead, miroir américain du changement climatique
-
Nationalité de Natalie Portman : Double citoyenneté israélo-américaine
-
Le bilan de la crue dévastatrice au Népal et en Chine s'aggrave à 273 morts
-
Bradley Cooper pose avec les sapeurs-pompiers de Monaco lors du tournage
-
La Norvège retient son souffle après l'aggravation de l'état de santé du roi Harald
-
La Bourse de Paris en recul malgré Nvidia
-
Reconstruction de Mayotte: Lecornu veut un "choc" des mises en chantier
-
Incident OpenAI: environ 700 agents IA se sont coordonnés lors de la cyberattaque, selon un rapport
-
Funérailles de Mathilde Favier et Nicolas Altmayer : le format reste incertain
-
Méduses à la centrale nucléaire de Gravelines: un nouveau réacteur arrêté
-
Peau des fruits : bienfaits nutritionnels et risques des pesticides
-
Norvège: l'état de santé du roi Harald, 89 ans, est "extrêmement grave"
-
Waymo lance ses robotaxis à Munich en 2027
-
Allemagne : nouveau record de décès liés à la chaleur cet été, environ 15.800 morts
-
Au moins 180 morts et plus de 1.300 disparus après la crue dévastatrice au Népal et au Tibet
-
Une voiture fonce sur des piétons à Caen: deux morts et neuf blessés
-
Le bruit, une préoccupation grandissante pour la santé mentale des enfants
-
Au moins 165 morts et plus de 1.300 disparus après la crue dévastatrice au Népal et au Tibet
-
Indemnisation du chômage, arrêts de travail, pacte Dutreil: le message d'Édouard Philippe aux entrepreneurs
-
Guidés par la foi, des militants juifs affrontent des colons violents pour protéger des Palestiniens
-
Les disparus dans les crues dévastatrices au Népal et au Tibet
-
Comment de nouvelles chansons de Dolly Parton pourraient encore émerger à l'avenir
-
Ce que l'on sait de la crue au Népal-Tibet
-
Equipe de France de basket: "Wemby" de retour chez lui à Paris et Bercy
-
Inde: les ventes des célèbres tapis du Cachemire s'effilochent
-
Une voiture fonce sur des piétons à Caen faisant un mort et dix blessés
-
L'artiste avant-gardiste japonaise Yayoi Kusama est morte à 97 ans
-
Crue dévastatrice au Népal et au Tibet: au moins 165 morts, plus d'un millier de disparus
-
Le patron de la CIA s'est rendu à Moscou pour dissuader la Russie d'attaquer l'Otan
-
L'état des sols dans le monde se dégrade et les solutions restent ignorées, selon un rapport de l'Onu
-
Premier grand débat des candidats à la présidentielle, sur le terrain patronal
-
Incident OpenAI: environ 700 agents IA se sont coordonnés lors de la cyberattaque (rapport)
-
Crue dévastatrice au Népal et au Tibet: au moins 165 morts, des centaines de disparus
"A vendre": Maracaibo, capitale pétrolière symbole d'un Venezuela pollué et en crise
Une nappe noire de pétrole sur des eaux couleur "thé vert": ce pourrait être de l'art abstrait mais c'est la triste réalité du lac de Maracaibo, le plus grand d'Amérique du Sud, symbole de l'effondrement de l'ancienne capitale pétrolière du Venezuela et de l'oubli de la question environnementale à la présidentielle du 28 juillet.
Les berges du lac, où l'on venait se baigner ou manger du poisson, sont noires de brut.
Bottes en plastique maculées de pétrole, T-shirts trempés de sueur dans la moiteur étouffante de Maracaibo (nord), des pêcheurs, employés par les autorités, ramassent à la pelle cette boue gluante qui sera enterrée plus loin. Un travail de fourmi.
"On ne veut pas que le lac meure. On souffre. La pêche sur les berges a disparu en raison du pétrole", explique Yordi Vicuna, 34 ans, soulignant que les prises ont été divisées par dix et qu'il faut constamment laver et remplacer les filets abîmés par le pétrole.
Il attribue le délabrement des installations et la pollution aux sanctions économiques américaines et internationales contre le secteur pétrolier: "La tuyauterie est endommagée en raison du blocus" et "chaque Vénézuélien souffre avec ce pétrole qui s'échappe".
La plupart des experts et observateurs estiment toutefois que l'industrie pétrolière s'est effondrée en raison de la mauvaise gestion et de la corruption au sein du géant pétrolier public Petroleos de Venezuela (PDVSA).
La production nationale, dans un pays disposant des plus grandes réserves mondiales, est passée de 3,5 millions de barils par jour en 2008 à moins de 400.000 en 2020, pour avoisiner aujourd'hui un million b/j.
- "Le lac est perdu" -
Sur la côte est du lac, à Cabimas, quelques rares chevalets de pompage avec des torchères à gaz sont en activité, mais des dizaines de derricks sont à l'arrêt. Des dizaines de petits hôtels ou bars sont abandonnés, donnant à l'endroit une apparence fantôme.
Sur la rive ouest, non loin de la raffinerie de Bajo Grande, la plage de Puyuyo est elle aussi noire de pétrole.
"Des gens, des familles venaient de partout pour se baigner et manger du poisson. Mais aujourd'hui il y a 30 centimètres d'épaisseur de pétrole au fond de l'eau, plus personne ne se baigne", explique Guillermo Albeniz Cano, 64 ans dont 38 à travailler sur cette plage, qui assure survivre désormais grâce au troc.
Ce jour-là, une seule table est occupée: des pêcheurs de crabes jouent aux dominos. Ils préféreraient travailler: "Comme il y a beaucoup de pétrole dans le lac, on n'a pas pu sortir", dit Luis Angel Vega, 26 ans, quatre enfants. "Parfois, on passe une journée sans manger."
Alvaro Villasmil, 61 ans, a lui vainement tenté sa chance et il exhibe quelques crabes bleus en provenance du centre du lac, moins pollué. Pas assez pour vivre.
"C'est dur. La pêche va cesser. Le lac est perdu. Il y a beaucoup de pétrole et personne pour le ramasser. En une semaine ce que tu gagnes c'est 20 dollars et beaucoup de souffrance", affirme-t-il, dépité.
A terre, c'est aussi la désolation dans Maracaibo, florissante au XXe siècle avec un théâtre Art Déco (1928) qui a accueilli la dernière tournée de l'accordéoniste Carlos Gardel (1935), un tramway ou un pont de 8.000 mètres (1962).
Les panneaux "à vendre" accrochés aux façades des maisons ou immeubles sont bien plus présents que les affiches de campagne.
- L'environnement pas à l'agenda -
Dans la zone industrielle désolée, les herbes hautes ont envahi de nombreux sites où il ne reste plus que des murs en béton. Tout le reste - câbles, robinets, fenêtres - a été volé. Quelque 200 entreprises dont des sous-traitants des compagnies pétrolières travaillaient là. Il n'en reste qu'une trentaine.
On est passé de 30.000 à 5.000 ou 6.000 employés. Les coupures d'électricité fréquentes rendent le travail compliqué, souligne le président des entrepreneurs, Hector Siu, qui espère un retour à la prospérité.
Pour Yohan Flores, de l'ONG Azul Ambientalista, "le pétrole a cessé d'être cet +or noir+ qui fait vivre le pays pour devenir un grave problème. Les fuites perdurent. Le plus grand lac d'Amérique du Sud est en train de mourir. Les communautés qui en vivent sont touchées. Sans que les promesses du gouvernement de régler le problème (des fuites) ne soient accompagnées d'effet".
De nombreux défenseurs de l'environnement rappellent que partout ailleurs au Venezuela la protection de l'environnement n'est pas dans le programme électoral, avec notamment une forêt amazonienne ravagée par la déforestation et l'activité minière illégale.
"Avec la chute progressive de la production de pétrole, la ville de Maracaibo mais aussi le pays s'effondrent. C'est comme un immeuble dont tu retires les fondations", se désole l'ancien recteur de l'université de Zulia, Angel Lombardi.
S.Abdullah--SF-PST