-
Plan de relance agricole : Lecornu annonce "entre 500 et 700 millions d'euros"
-
Zelensky annonce la reprise des frappes sur les raffineries russes
-
"Super d'être de retour !" : Harry et Meghan font leur première sortie publique au Royaume-Uni
-
Amende pour le patron de la CR qui avait appelé à "faire la peau aux écolos"
-
L'Otan va mettre à son agenda les attaques de drones en mer Noire, sept nouveaux disparus
-
Ligue 1 : Guillaume Restes, l'ascension d'un "pitchoun" jusqu'aux Bleus
-
Turquie : trois morts, quatre disparus lors de pluies torrentielles à Istanbul
-
Les derniers pandas hébergés en France partiront en Chine, un nouveau couple attendu
-
Ligue des champions: quatre défaites en deux jours, amère première pour l'Italie
-
Nouveaux heurts entre policiers et manifestants en Albanie: Rama condamne le "chaos"
-
Plusieurs zones en Angleterre placées en état de "sécheresse sévère"
-
Allemagne: la douane découvre 92 reptiles dans la valise d'un voyageur
-
Fusillade d'Aubagne : un autre mineur en garde à vue
-
Derrière l'empreinte carbone de l'IA, un possible outil pour le climat
-
Sept disparus près des côtes roumaines, après deux nouvelles attaques de drones
-
Le clipping, puissant outil d'influence numérique aux mains des responsables politiques
-
Pakistan : 32 enfants et une enseignante tués dans l'effondrement du toit de leur école
-
Népal: après la dernière crue, l'angoisse des populations menacées
-
Suède : le parlement refuse de désigner la dirigeante social-démocrate comme Premier ministre
-
Sur le glacier de Saint-Sorlin, la fin se rapproche
-
Ligue des champions: et pourtant, Paris a encore une marge de progression
-
Zelensky défie Trump en reprenant les frappes sur les raffineries russes
-
Route du Rhum: le Maxi Edmond de Rothschild, "vision du futur" et pari osé avant la traversée
-
Aérien : Lufthansa souhaite acquérir à terme la totalité de TAP Air Portugal
-
L'Ukraine met des semences à l'abri dans l'"Arche de Noé" végétale de l'Arctique
-
Turquie: deux morts après des pluies torrentielles à Istanbul
-
En Cisjordanie occupée, la récolte des olives émaillée de violences de colons
-
Le CV de la nouvelle porte-parole de la Maison Blanche remis en question
-
Edouard Geffray à Bordeaux avant une nouvelle réunion avec les organisations lycéennes
-
Duralex : les 7 millions d'euros récoltés auprès de particuliers ne seront pas remboursés
-
A Bruxelles, le bras de fer budgétaire entre dirigeants européens est engagé
-
Présidentielle : le président des Entrepreneurs assure qu'il restera en France si LFI l'emporte
-
La Roumanie annonce sept disparus en mer Noire après l'incendie d'un navire
-
Puces pour l'IA: TSMC enregistre un nouveau bond des ventes et du bénéfice net trimestriels
-
Incendies en Indonésie: la région étouffe, les écoles ferment au Timor oriental
-
Postes militaires inaccessibles aux séropositifs : des associations saisissent le Conseil d'État
-
Des dentistes bienveillants font la chasse aux caries des enfants défavorisés de Mongolie
-
Masters 1000 de Shanghai: blessé, Gea jette l'éponge en quarts
-
Puces pour l'IA: nouveau bond des ventes et du bénéfice net du géant taïwanais TSMC
-
Pakistan: 27 enfants et un enseignant tués dans l'effondrement du toit de leur école
-
La Bourse de Paris entre déroute de la tech et recul des taux d'emprunt
-
Musk impute à Trump des entraves satellitaires aux opérations militaires de Kiev
-
Ménopause : quand la quête de solutions aux symptômes alimente un marché lucratif
-
Le "plus petit hôpital de France", un maillon vital pour des habitants isolés
-
France : l'inflation a atteint 3,1 % sur un an en septembre, selon l'Insee
-
Après sept ans d'arrêt, le foot pro féminin reprend en Indonésie
-
Ces villes où la politique anti-voitures fait marche arrière
-
Au Mondial de l'Automobile, l'"électro-choc" des lycéens en mécanique auto
-
Arrêts maladie: le gouvernement veut "moins protéger les arrêts courts" et "mieux les longs"
-
En RDC, Kolwezi, ville dévorée par la course aux minerais critiques
Dans le Donbass ukrainien, ceux qui "espèrent" l'arrivée des Russes
Par conviction identitaire, nostalgie de l'ère soviétique ou pour en finir au plus vite avec la guerre, une partie des habitants du Donbass ukrainien ne voient pas d'un mauvais oeil la progression des troupes russes dans leur région, quand ils ne la soutiennent pas ouvertement.
"Nous sommes ukrainiens administrativement, mais le Donbass, ce n'est pas l'Ukraine, les Ukrainiens, ce sont eux les étrangers, pas les Russes", souffle, à l'écart du marché de Lyssytchansk, Olena, qui a demandé à ce que son prénom soit modifié de peur que ses propos lui valent "la prison".
Cette région de l'est de l'Ukraine grande comme presque deux fois la Belgique, que la Russie affirme vouloir "libérer" du joug de "néonazis" russophobes au pouvoir selon elle à Kiev, est au coeur d'un conflit sanglant depuis 2014, lorsque des séparatistes prorusses, soutenus militairement par le Kremlin, ont pris le contrôle d'une partie de ce bassin minier majoritairement russophone.
Kiev a jusqu'ici gardé le contrôle d'une partie occidentale de la région. Et ses troupes tentent depuis deux semaines d'y contenir l'armée russe, qui pilonne la zone et grignote du terrain, s'emparant de plusieurs localités mais d'aucune ville d'importance.
- Terrain ennemi -
Dans la partie qu'ils contrôlent, les services ukrainiens ont déjà purgé les séparatistes purs et durs, annonçant régulièrement des "arrestations" de "saboteurs" présumés.
Mais parmi les soldats ukrainiens déployés dans cette partie du pays, certains ne cachent pas - même si le sujet est sensible dans cette région à l'histoire complexe, où de nombreux Russes ont été envoyés travailler après la Seconde guerre mondiale - avoir l'impression d'être déjà en terrain ennemi.
"C'est très, très fréquent et ça vient de personnes censées être au-dessus de tout soupçon, même des prêtres", ajoute la soldate, engagée dans cette région depuis 2014.
Dans ce contexte, les forces ukrainiennes ont fermé les yeux sur ces cars de civils qui arrivent aux barrages pour une évacuation vers la Russie plutôt que vers l'ouest de l'Ukraine, soulagés de les voir partir dans un contexte de tension maximale.
Et parmi les habitants qui sont restés depuis le début de l'invasion russe le 24 février, la tendance prorusse, alimentée par 8 ans d'affirmations russes sur un "génocide" des russophones en préparation dans le Donbass est de plus en plus marquée, redoutent les autorités ukrainiennes.
"Il y a des gens ici qu'au mieux ça ne dérange pas, au pire qui espèrent l'arrivée des Russes", a indiqué à l'AFP Vadim Lyakh, le maire de Sloviansk, ville-clé du front du Donbass, prise brièvement par les séparatistes pro-russes en 2014.
"Ce n'est pas le moment de se quereller avec eux, nos retraités, les nostalgiques de +l'idée russe+", précise-t-il.
Ici la majorité de la population est russophone. Même les soldats ukrainiens les plus patriotes parlent russe, gardant l'ukrainien pour les échanges officiels.
Le conflit n'est pas ethnique ou linguistique, mais cristallisé sur les valeurs et le sentiment d'appartenance et de sécurité, notamment économique.
Plusieurs générations du Donbass ont vécu comme un abandon la désindustrialisation d'après l'indépendance en 1991 et le démembrement des outils de production par Kiev.
La région est devenue un cimetière de bâtiments industriels, aux carreaux cassés et aux cheminées endormies. Les puits de mines, rebouchés, sont devenus des petits lacs où on pêche des poissons le week-end.
- "Nous on travaillait!" -
Olena, la prorusse convaincue, a ainsi travaillé 30 ans à la raffinerie de Lyssytchansk et s'anime en parlant de l'époque glorieuse où, jusqu'à l'éclatement de l'URSS en 1991, le Donbass "avait tout: le charbon, la houille, le sel, l'industrie chimique".
"Quand les Ukrainiens ont manifesté à Maïdan, nous on travaillait!" lance-t-elle, comme une pique au mouvement ukrainien pro-européen qui a fait basculer le pouvoir en 2014 à Kiev, qu'elle méprise.
L'ancienne ouvrière est persuadée que quand Moscou aura pris le contrôle de la région, l'économie régionale repartira.
"Ce sera comme avant la guerre, peut-être même qu'ils feront tourner à nouveau ma raffinerie", s'emballe-t-elle, tout en s'interrogeant sur sa future retraite. Qui la versera ? Moscou ? Kiev ?
Dans un bunker conçu pour les ouvriers d'Ost Chem, l'usine d'azote de Severodonetsk, ville jumelle de Lyssytchansk, on dirait que le temps s'est arrêté. Les drapeaux communistes, le portrait de Stakhanov, le légendaire ouvrier du Donbass à la productivité modèle, sont encore affichés aux murs de l'abri anti-atomique.
Plus de 160 résidents de la ville, aujourd'hui sur la ligne de front, y survivent depuis deux mois dans des conditions insalubres. Et la plupart d'entre eux accusent les Ukrainiens de bombarder leur ville. Pour eux, les Russes ne peuvent pas être les agresseurs.
- "Inconscience" -
Tamara Dorivientko, professeure d'anglais à la retraite, y attend la fin des bombardements sur un lit de camp, en lisant Jane Austen.
"Pourquoi aurais-je peur des Russes ? Nous avons vécu en URSS pendant 70 ans. Toute ma famille est en Russie, nos maris y travaillent six mois et reviennent ici, nous sommes pareils", dit-elle.
Mais la résidente de Severedonetsk balance encore : "J'aime l'Ukraine, c'est un très beau pays, riche et avec beaucoup de libertés, et j'aurais préféré y rester".
"Que voulez-vous, maintenant c'est comme ca, on choisit pour nous", conclue-t-elle avec résignation.
De son côté, le maire de Slaviansk sait qu'il ne pourra rien faire de ces irréductibles et condamne leur "inconscience".
"Ils veulent la fin de la guerre, mais ne voient pas de problème dans la façon dont la Russie mène les hostilités", dit Vadim Lyakh. "Il faut espérer que ce qui s'est passé à Marioupol, Kharkiv ou dans d'autres villes russophones les fasse changer d'avis".
S.Abdullah--SF-PST