-
Bulgarie : une présidentielle entre craintes sécuritaires et divisions sur la guerre en Ukraine
-
En Serbie, des législatives en forme de "référendum anti-Vucic"
-
Kim loue "l'amitié invincible" sino-nord-coréenne lors d'une visite surprise en Chine
-
Pour son premier meeting de campagne, Le Pen veut "insuffler de l'optimisme" dans un pays en crise
-
Brésil : ultimes démonstrations de force dans la rue pour Lula et Bolsonaro
-
Espagne : Alvarez délivre l'Atlético Madrid et poursuit son opération rachat
-
Ligue 1 : Lens et Thauvin renversent le Paris FC
-
A Tel-Aviv, rassemblement massif contre Netanyahu avant les élections
-
Top 14: Toulouse se détache, première victoire pour Vannes
-
Cisjordanie: 2.000 Palestiniens chassés de chez eux à Hébron après une attaque meurtrière
-
Crise sociale : une mobilisation toujours forte dans un contexte tendu
-
Kim Jong-un de retour en Corée du Nord après une visite surprise à la frontière chinoise
-
Heurts en Albanie lors d'une nouvelle manifestation contre la corruption
-
Brésil : Lula et Bolsonaro mobilisent des milliers de partisans à la veille du second tour
-
Top 14: Toulouse se fait peur, première victoire pour Vannes
-
Orléans: Bardella réélu au congrès du RN après une manifestation "antifasciste" sans heurts
-
Crise sociale : des centaines de milliers de manifestants, tensions lors de la dispersion des cortèges
-
Angleterre : Manchester City dérape, Arsenal saisit sa chance
-
Mondiaux de gym: Elena Colas au pied du podium aux barres, tellement "déçue"
-
"Assez !" : les journalistes turcs dénoncent la pression du pouvoir
-
Brésil : Lula et Bolsonaro dans la rue à la veille d'un second tour très serré
-
Une hausse du Smic avant le 1er janvier en discussion, selon Roland Lescure
-
Orléans: Bardella réélu au congrès du RN, après une matinée de contre-manifestation dans le calme
-
En Albanie, des milliers de manifestants contre la corruption et une pluie de lacrymogènes
-
Attaque dans les Yvelines: le suspect et quatre de ses proches entendus par les enquêteurs, son profil en question
-
Crise sociale : des manifestations sous très haute sécurité et sans incident majeur
-
Allemagne: incendie criminel présumé du "Nid d'Aigle" d'Hitler, un suspect arrêté
-
Angleterre: le début de saison parfait de Manchester City s'arrête face à Aston Villa
-
Ski: Moltzan éclipse Shiffrin et remporte le géant d'ouverture de Sölden
-
Cisjordanie: l'armée israélienne déplace des Palestiniens à Hébron après une attaque meurtrière
-
Orléans: au moins 11.000 personnes ont manifesté dans le calme contre le congrès du RN
-
Le dirigeant Kim Jong Un de retour en Corée du Nord après une brève visite à la frontière chinoise
-
Attaque dans les Yvelines: le suspect et quatre de ses proches entendus par les enquêteurs
-
Espagne: à Madrid, des milliers de manifestants pour défendre les retraites avant les élections
-
Au moins 11.000 personnes manifestent à Orléans contre le congrès du RN
-
Crise sociale : mobilisation sous très haute sécurité, la justice autorise plusieurs manifestations
-
Fusillade dans les Yvelines: la garde à vue du suspect prolongée après une première audition
-
Allemagne : absent plusieurs semaines, Kompany dans tous les esprits munichois à Fribourg
-
L'Indonésie réduit ses exportations de gaz vers Singapour
-
Des milliers de manifestants défilent à Orléans contre le congrès du RN
-
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un est arrivé à Dandong en Chine, selon Séoul
-
Diagonale des Fous: Hugo Deck, la victoire de l'insouciance
-
MotoGP: Jorge Martin forfait en Australie offre un boulevard à Marc Marquez
-
Ce qu'il faut savoir sur le cinquième plénum du Parti communiste chinois
-
Allemagne: le "Nid d'Aigle" d'Adolf Hitler en feu, un suspect arrêté
-
Feux en Indonésie : des étudiants réclament dans le smog une action du gouvernement
-
Le Conseil de l'Europe appelle à respecter le droit de manifester
-
Nouvelle journée de mobilisation sous très haute sécurité après les débordements du 17 octobre
-
Jean-Michel Jarre, "optimiste par subversion" face à l'IA
-
Israël: les partis arabes se voient en faiseurs de rois pour faire tomber Netanyahu
Ukraine : ces valeureux soldats devenus épouvantails d'une impopulaire mobilisation militaire
Pavlo Pimakhov est un vétéran ukrainien décoré blessé par deux fois en combattant les Russes. Mais aujourd'hui, quand il patrouille dans les rues de Kiev, les passants s'écartent, lui jetant des regards noirs.
Car cet homme de 35 ans au généreux sourire est officier de recrutement. Son travail, procéder à des contrôles d'identité et remettre à ceux qui ne sont pas en règle des convocations en vue d'un éventuel enrôlement dans l'armée.
Malgré lui, Pavlo est l’allégorie du débat houleux qui agite l'Ukraine sur la meilleure manière de regarnir les rangs des troupes épuisées par plus de deux années de guerre, au moment même où la Russie a l'initiative et les meilleures armes.
Perdant village après village dans l’est depuis janvier, les forces ukrainiennes manquent d’hommes, face à une armée russe aux effectifs plus étoffés et mieux équipée. Pour combler l'écart, faute de volontaires en nombre suffisant, les autorités ukrainiennes ont élargi la mobilisation aux jeunes de 25 à 27 ans, une décision impopulaire.
D'où la tâche peu enviable de Pavlo d'envoyer les civils aux centres de recrutement militaires qui passent ensuite en revue les dossiers, les mettent à jour avant de décider qui sera enrôlé.
Le jeune soldat admet ne pas aimer sa mission et aurait préféré retourner sur le champ de bataille. "Au front, il y a de la camaraderie, une sorte de fraternité".
"Là-bas, j'étais un héros. Ici, je suis un monstre", dit-il à l'AFP.
En effet, dans les rues arborées comme dans les parcs, quand Pavlo et son collègue Iouriï Pikhota patrouillent encadrés par leur escorte policière, les hommes en âge de combattre s'éparpillent.
- "Attraper les gens" -
Car les avancées russes, le manque de munitions, les pertes ont nourri la défiance de la population à l'égard des recruteurs.
Irina, une vendeuse de 34 ans dans un centre commercial voisin, observe les deux militaires s'approcher d'un civil en short, assis sur un banc en train de siroter un café avec une femme. Pavlo et Iouriï lui remettent une convocation au centre de conscription.
"Ils viennent le matin et restent jusqu'au soir. Ils attrapent les gens dans la rue. C'est terrible", soupire Irina en secouant la tête.
C'est ensuite au tour d'un trentenaire en claquettes, de se faire happer par Pavlo et son binôme. Pour sa défense, l'homme explique que ses documents militaires sont perdus dans la zone occupée du sud de l'Ukraine.
Le ton monte. Des passants filment la scène, d'autres s'en mêlent et réclament à la police que le jeune homme soit relâché. Il finit par être autorisé à repartir. "Putain ! Ils ont complètement perdu la boule !", lâche-t-il, quittant les lieux à la hâte.
Depuis quelques semaines, les réseaux sociaux sont inondés de vidéos de ce type, montrant des officiers de recrutement se faisant insulter. Des images reprises par la propagande russe.
- "Ca me brise le coeur" -
Calepin en main, Pavlo se remémore les affrontements dans le Donbass (est) l’année dernière. Coincé par des tirs de soldats embusqués, il avait sauté d'une fenêtre du deuxième étage pour s'échapper, se cassant la jambe.
"Tout ça me brise le coeur. Nous faisions la queue pour rejoindre l'armée (au début de l'invasion, ndlr) et nous voyons là les gens s'enfuir. Je n'arrive pas à comprendre", raconte-t-il, dépité.
Son collègue Iouriï s'est engagé au début de la guerre, rejoignant l'Ukraine alors qu'il vivait en Israël. Une blessure l'empêche lui aussi de retourner au front dans l'immédiat.
Les deux hommes, qui scrutent sans cesse les vidéos de combats de leurs camarades sur leurs téléphones, espèrent qu'ils seront bientôt suffisamment rétablis pour repartir se battre.
"C'est parfois difficile de se contrôler émotionnellement et psychologiquement", explique Iouriï, ne faisant pas allusion aux combats mais aux insultes dont il est aujourd'hui la cible.
Le ressentiment suscité par la mobilisation a été aggravé par des scandales de pots-de-vin pour échapper à l'armée. D'autres s'enfuient, risquant leur vie ou la perdant en traversant illégalement montagnes et rivières pour rejoindre la Roumanie ou la Moldavie voisines.
Pavlo Pimakhov continue quant à lui ses patrouilles, convaincu que son pays n'a pas le choix et que les hommes sur le front depuis deux ans ont besoin de rotations.
"Je sais que c'est ce qu'il faut faire. Mes frères d'armes ont besoin d'être relayés. Ils doivent pouvoir se reposer. Ils ont besoin de voir leurs familles".
L.Hussein--SF-PST