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Biden laisse entendre que Netanyahu fait traîner à dessein la guerre à Gaza
Le président américain Joe Biden a taclé le Premier ministre israélien dans une interview au magazine Time publiée mardi, affirmant qu'il y avait "tout lieu" de conclure que Benjamin Netanyahu faisait traîner la guerre à Gaza pour sa propre survie politique.
Le démocrate, dont les relations avec M. Netanyahu sont notoirement compliquées, a ajouté avoir un "désaccord majeur" avec lui au sujet de l'après-guerre dans le territoire palestinien, et a jugé qu'Israël avait eu un comportement "inapproprié" pendant le conflit, déclenché par une attaque du Hamas le 7 octobre.
Des remarques d'autant plus notables qu'elles émanent du dirigeant du grand pays allié d'Israël.
Plus largement, le président octogénaire, candidat à un deuxième mandat, s'est dit mieux placé que son rival républicain Donald Trump pour faire en sorte que les Etats-Unis restent "la puissance mondiale" sur des sujets comme l'Ukraine, Taïwan ou Gaza.
L'entretien avec Time s'est tenu avant l'annonce par le président américain d'une proposition présentée comme israélienne pour un cessez-le-feu à Gaza, et froidement accueillie par M. Netanyahu.
A la question de savoir s'il croyait que le Premier ministre israélien faisait traîner la guerre dans son propre intérêt politique, le président américain a laissé entendre que oui.
"Il y a tout lieu pour les gens de tirer cette conclusion", a-t-il affirmé.
M. Biden a reconnu qu'il était particulièrement en désaccord avec l'Israélien au sujet de la nécessité de créer un Etat palestinien.
"Mon grand désaccord avec Netanyahu, c'est ce qui se passe après... la fin (du conflit à) Gaza? A quelle situation reviendra (le territoire palestinien)? Est-ce que les forces israéliennes y retournent?", a dit le démocrate.
"La réponse est, si c'est le cas, ça ne peut pas marcher".
- "Je peux faire mieux" -
Par ailleurs, M. Biden, qui a fait de l'appui à l'Ukraine face à la Russie l'une des constantes de sa politique étrangère, s'est dit mieux positionné que Donald Trump pour que cette défense se poursuive.
L'armée russe a été "décimée", a-t-il soutenu, ajoutant: "Ce à quoi ressemble la paix, c'est nous assurer que la Russie n'occupe jamais, jamais, jamais, jamais l'Ukraine".
Il a aussi critiqué son prédécesseur républicain, qui a menacé de défaire les alliances traditionnelles américaines et s'est rapproché de dirigeants autoritaires pendant son mandat.
"Tous les méchants soutiennent Trump", a dit M. Biden.
"Donnez-moi le nom d'un dirigeant, à part (le Premier ministre hongrois Viktor) Orban et (le président russe Vladimir) Poutine, qui pense que Trump devrait être le leader mondial aux Etats-Unis", a-t-il poursuivi.
Concernant la Chine, avec qui les relations restent tendues, le président américain a répété que les Etats-Unis se tiendraient aux côtés de Taïwan, tout en disant que Washington ne tentait pas de changer le statu quo.
"Nous ne recherchons pas l'indépendance pour Taïwan (mais) nous n'allons pas non plus ne pas défendre Taïwan si la Chine tente de modifier le statut de manière unilatérale", a-t-il affirmé.
Sur le plan intérieur, en dépit des sondages montrant que les électeurs sont préoccupés par l'âge de M. Biden - de quatre ans seulement plus âgé que M. Trump, 77 ans - le démocrate a assuré être le meilleur candidat.
"Je peux faire mieux que n'importe qui d'autre", a-t-il répondu lorsqu'on lui a demandé s'il était apte à gouverner pendant tout un second mandat, à l'issue duquel il aurait 86 ans.
O.Salim--SF-PST