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Présidentielle: Macron-Le Pen, le match retour
Le décor est planté: les deux finalistes à la présidentielle Emmanuel Macron et Marine Le Pen se font face mercredi soir lors d'un débat télévisé à gros enjeux à quatre jours du second tour.
Température ambiante: 19 degrés. Temps de parole: 2h30 à partir de 21h00. L'un, Emmanuel Macron, sera à gauche de l'écran, l'autre, Marine Le Pen, à droite soit le positionnement inverse d'il y a cinq ans.
Et pour les arbitrer dans un studio de la Seine-Saint-Denis: les journalistes vedettes de TF1 et France 2, Gilles Bouleau et Léa Salamé.
Après moult tractations et tirages au sort de ce rendez-vous incontournable de toute présidentielle, c'est finalement la candidate RN qui s'exprimera en premier et en dernier.
Egalement tiré au sort, le pouvoir d'achat sera le premier thème abordé. Il reste la principale préoccupation des Français, selon un sondage Ipsos/Sopra Steria auprès de plus de 12.000 personnes et publié mercredi.
Selon les experts, l'exercice ne bouleverse habituellement pas les dynamiques d'intentions de vote. Mais il pourrait servir à remobiliser certains électorats et "déplacer davantage de voix que ce qu'on a observé depuis le début de la Ve République", indique Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos France. D'autant qu'une éventuelle forte abstention pourrait brouiller le jeu dimanche.
Quelque 69% des sondés se disent certains d'aller voter, selon le sondage Ipsos, soit une baisse de six points par rapport à l'enquête des 30 avril et 1er mai 2017.
Même si la candidate d'extrême droite est "en progrès" par rapport à 2017, où elle était apparue mal préparée et fatiguée, cela "ne signifie pas qu'elle puisse déplacer cinq points d'intentions de vote, ce dont elle aurait besoin pour se mettre au niveau de son adversaire", relève cependant Emmanuel Rivière de l'institut Kantar Public.
A quatre jours du second tour, les sondages donnent invariablement l'avantage au président sortant, avec 54 à 56,5% des intentions de vote contre 43,5 à 46% pour Marine Le Pen. Soit un écart de 8 à 12 points.
Un écart plus serré qu'en 2017 donc, quand M. Macron l'avait emporté avec une avance de 32 points (66% contre 34%).
Emmanuel Macron "va insister sur les incohérences de Marine Le Pen, qui a quand même dit tout et son contraire sur tout en cinq ans, et singulièrement sur les sujets géopolitiques, stratégiques", a assuré le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, en citant l'Ukraine et le président russe Vladimir Poutine.
La guerre en Ukraine, qui a longtemps éclipsé la campagne, s'est de nouveau invitée dans les débats mercredi.
L'opposant russe emprisonné Alexeï Navalny a appelé à voter pour Emmanuel Macron, accusant le parti de sa rivale Marine Le Pen de compromission avec Vladimir Poutine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a invité la candidate RN à admettre qu'elle s'était "trompée" sur la Russie, en souhaitant ne pas "perdre" ses relations avec le président Macron.
Les deux candidats divergent sur l'Ukraine, les relations avec la Russie, comme quasiment tout le reste: des retraites à l'écologie en passant par le port du voile, les libertés publiques et les institutions, le pouvoir d'achat et l'Union européenne.
Le "point faible" du président sortant "et peut-être aussi son point fort, c'est de ne jamais douter de lui-même", a affirmé le président du RN Jordan Bardella sur France 2.
Alors que le "véritable point fort" de Marine Le Pen, selon lui, "est de parler du quotidien des gens". La défense du pouvoir d'achat a été placée au coeur de la campagne de la candidate d'extrême droite.
"Il n'y a pas de stress mais un peu d'appréhension parce qu'on sait que beaucoup de Français vont se décider sur ce débat", a-t-il ajouté.
- "Jouer comme Lendl" -
Contrairement à 2017, M. Macron se présente cette fois avec un bilan de président sortant à défendre et sera attaqué par sa concurrente sur son "mépris" et son "arrogance" supposés à l'égard des Français.
Un angle d'attaque anticipé par le camp Macron: il faut "qu'il se débarrasse de cette image d'élite car les gens ont besoin d'empathie. Il faut surtout apaiser le rejet qu'il dégage", souligne un responsable de la majorité.
Un autre explique lui que "la difficulté c'est qu'il faut la jouer comme Ivan Lendl: fond de court et renvoyer la balle. Et pas comme (John) McEnroe en montant au filet et en mettant un point où l'on dira qu'il est arrogant".
Mais le président sortant tentera aussi de pousser sa rivale dans ses retranchements concernant son programme, et de détricoter l'image lissée de celle qui reste à ses yeux "l'héritière" du "clan" Le Pen.
Marion Maréchal et Guillaume Peltier, vice-présidents du parti Reconquête! d'Eric Zemmour, se sont d'ailleurs rappelés au bon souvenir de Marine Le Pen, l'appelant à "ne pas oublier les valeurs de la droite" face à celles de gauche privilégiées pour attirer les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (LFI).
T.Khatib--SF-PST