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Les Britanniques plus déçus que jamais par leur système de santé
Listes d'attentes interminables à l'hôpital, difficultés à obtenir un rendez-vous avec son généraliste: les Britanniques n'ont jamais été aussi mécontents de leur service public de santé, institution sacrée au Royaume-Uni mais en pleine crise, selon un sondage publié mercredi.
Moins d'un quart d'entre eux (24%) se sont dit satisfaits par le fonctionnement du National Health Service (NHS) en 2023, soit 5% de moins que l'année précédente, et le niveau le plus bas depuis le premier sondage en 1983, a rapporté l'institut British Social Attitudes.
Le NHS, qui a fêté l'an dernier ses 75 ans, permet aux Britanniques de consulter leurs généralistes et d'accéder à la plupart des soins de manière gratuite. Ce système est chéri des Britanniques et sa dégradation promet de se trouver au coeur des débats pour les législatives attendues cette année.
"Une décennie de financement réduit et de pénurie chronique de main d'oeuvre, suivie d'une pandémie mondiale, a laissé le NHS dans un état de crise continu", résume un rapport qui accompagne cette étude.
Le niveau de satisfaction des Britanniques a dégringolé en l'espace de 15 ans. En 2010, quand a débuté une période d'austérité budgétaire au Royaume-Uni à l'arrivée des conservateurs au pouvoir, ils étaient 70% à être contents du fonctionnement du NHS. Leur mécontentement s'est accentué après l'épidémie de Covid-19, avec une chute du niveau de satisfaction de 29% en trois ans.
En cause, les délais d'attente interminables pour des rendez-vous chez les médecins généralistes et dans les hôpitaux, ainsi qu'un manque de personnel chronique.
Pour Dan Wellings, chercheur au sein du groupe de réflexion King's Fund, "le tableau est sombre, mais ces résultats ne sont pas surprenants après un an de grèves, de scandales et d'attente pour obtenir des soins", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Malgré les crises, la majorité des Britanniques continuent de soutenir les principes fondateurs du NHS, à savoir sa gratuité (91%), son financement par l'impôt (82%), et son accessibilité pour tous (à 82%).
"Le public ne souhaite pas changer le NHS: il veut juste que le modèle actuel fonctionne correctement", est-il souligné dans le rapport.
Près de la moitié des 3.000 personnes interrogées estiment également que le gouvernement ne dépense pas assez d'argent pour le système de santé.
"A l'approche des élections législatives), les dirigeants ne devraient pas ignorer cette baisse de satisfaction envers cette célèbre institution publique", a ajouté M. Wellings.
En réponse, le ministère de la Santé a fait valoir que "les listes d'attentes du NHS se sont réduites pour le quatrième mois consécutif", en dépit des grèves et de la pression hivernale sur le système.
H.Darwish--SF-PST