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Israël et le Hamas multiplient les signaux en faveur d'une nouvelle trêve
Le chef du Hamas doit se rendre en Égypte mercredi pour discuter d'un cessez-le-feu à Gaza, après qu'Israël a indiqué être prêt à accepter une nouvelle pause en échange d'otages.
Après plus de deux mois de guerre, les deux camps semblent multiplier les signaux en faveur d'une seconde trêve, après celle d'une semaine qui avait permis la libération de 105 otages du Hamas contre 240 Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes.
Le chef du mouvement islamiste palestinien, Ismaïl Haniyeh, doit ainsi aller en Egypte avec une délégation du Hamas pour y rencontrer le chef du renseignement égyptien, Abbas Kamel.
Les discussions doivent porter "sur l'arrêt de l'agression et de la guerre pour préparer un accord de libération de prisonniers (palestiniens), la fin du siège imposé à la bande de Gaza", a expliqué à l'AFP une source au sein du Hamas.
De son côté, le président israélien Isaac Herzog a déclaré mardi qu'"Israël est prêt à une nouvelle pause humanitaire et à une aide humanitaire supplémentaire pour permettre la libération des otages".
Quelque 250 personnes ont été prises en otage lors de cette attaque, dont 129 sont toujours à Gaza, selon les autorités israéliennes.
Dans le territoire palestinien, 19.667 personnes, en majorité des femmes, des enfants et des adolescents, ont été tuées par les bombardements israéliens, selon le dernier bilan du ministère de la Santé du Hamas.
- Tractations en coulisses -
Une première trêve, mise en place du 24 novembre au 1er décembre, avait permis la libération de 105 otages à Gaza, dont 80 en échange de 240 Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes.
Lors d'une rencontre avec les familles des otages mardi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a expliqué avoir récemment envoyé "deux fois le chef du Mossad en Europe pour promouvoir un processus de libération".
"Notre devoir est de les ramener tous", a-t-il insisté.
D'autres tractations semblent avoir lieu en coulisses.
Selon le site Axios, Israël a proposé par l'intermédiaire du Qatar - qui avait déjà servi de médiateur pour parvenir à la première trêve - une nouvelle pause d'au moins une semaine dans les combats à Gaza pour organiser la libération de plusieurs dizaines d'otages.
Jusqu'à présent, le Hamas a posé l'arrêt des combats comme préalable à toute nouvelle négociation à ce sujet.
Mardi, le Jihad islamique, allié du Hamas, a accentué la pression en publiant une vidéo de deux otages en vie, plaidant pour un compromis qui leur permette de rentrer en Israël.
D'âpres négociations doivent également se poursuivre mercredi aux Nations unies: depuis lundi, le Conseil de sécurité est incapable d'adopter une résolution permettant d'accéler l'acheminement de l'aide humanitaire à Gaza.
Le vote a été reporté par deux fois et les membres cherchent la bonne formule pour éviter un veto des Etats-Unis, principal allié d'Israël. Le texte, qui réclamait initialement une "cessation urgente et durable des hostilités" à Gaza, évoque désormais une "suspension" des combats.
- Crise humanitaire -
Sur le terrain, des frappes ont visé le centre de Gaza mardi, ainsi que les villes de Rafah et Khan Younès, dans le sud, selon des correspondants de l'AFP.
L'armée israélienne a expliqué intensifier ses opérations à Khan Younès. Elle a aussi annoncé avoir découvert des explosifs dans un centre médical de Choujaiya, dans la banlieue de la ville de Gaza, détruit des tunnels du Hamas et tué des cadres du mouvement, lors de récentes opérations.
Soumis par Israël à un siège total depuis le 9 octobre, le territoire palestinien est confronté à une profonde crise humanitaire: la plupart de ses hôpitaux sont hors service et 85% de sa population, soit 1,9 million de personnes, a fui les destructions au nord de l'enclave pour se réfugier au sud.
Selon un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU publié mercredi, la moitié de la population souffre de faim extrême ou sévère, et 90% est régulièrement privée de nourriture pendant une journée entière.
Même si des camions d'aide et de marchandises sont encore entrés dans le territoire mardi par les points de passage de Rafah, via l'Egypte, et de Kerem Shalom, dans le sud d'Israël, ces ravitaillements sont très loin de répondre aux besoins les plus élémentaires de la population.
Seules 10% des denrées alimentaires actuellement nécessaires sont entrés dans la bande de Gaza au cours des 70 derniers jours, selon le rapport.
"Sans l'eau potable, la nourriture et les installations sanitaires que seul un cessez-le-feu humanitaire peut apporter, les décès d'enfants dus à la maladie pourraient dépasser ceux qui ont été tués dans les bombardements", a averti mardi un porte-parole de l'UNICEF.
- "Ni eau, ni nourriture" -
"Nous ne savons pas où aller. Aujourd'hui, il n'y a ni eau, ni nourriture, il n'y a rien", a confié à l'AFP Nizar Chahine, un adolescent de 15 ans déplacé par les combats à Rafah, ville du sud où s'entassent des centaines de milliers de personnes.
A Deir el-Balah, dans le centre du territoire, Youssef Journi se désespère devant les rayons vides des épiceries.
"Si la guerre continue, vous ne trouverez rien dans les magasins, les gens ne trouveront même pas un grain de farine à consommer", soupire-t-il.
Outre la situation à Gaza, la communauté internationale redoute également une extension du conflit au Proche-Orient.
Mardi, l'armée israélienne a indiqué avoir ciblé des positions du Hezbollah, l'allié islamiste du Hamas au Liban, après avoir intercepté des tirs en provenance du pays voisin. Deux réservistes ont été légèrement blessés après des tirs contre une position israélienne près de la frontière, a-t-elle rapporté dans un communiqué.
Au Yémen, les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, ont eux juré de continuer leurs attaques sur les navires commerciaux en mer Rouge, qu'ils estiment "liés à Israël", malgré le lancement d'une nouvelle force multinationale de protection maritime.
E.Qaddoumi--SF-PST