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Les combats font rage à Gaza, malgré les pressions sur Israël
Les alliés d'Israël ont encore accru leurs pressions pour obtenir un cessez-le-feu dans la bande de Gaza assiégée et dévastée par la guerre, où les bombardements et les combats terrestres entre l'armée israélienne et le Hamas ont fait rage pendant la nuit de mardi à mercredi.
L'armée israélienne a connu mardi sa journée la plus meurtrière depuis le début de ses opérations terrestres le 27 octobre dans le territoire palestinien, avec dix soldats tués. Au total, 115 soldats sont morts dans les combats au sol à Gaza, a annoncé l'armée mercredi.
Prenant le relais d'un Conseil de sécurité paralysé par le veto américain, l'Assemblée générale de l'ONU a réclamé mardi soir, dans une résolution non contraignante, "un cessez-le-feu humanitaire immédiat" à Gaza, où la guerre a plongé des centaines de milliers de Palestiniens dans une situation humanitaire désespérée.
Selon le ministère de la Santé du Hamas, les raids ont fait plus de 50 morts dans la ville de Gaza, à Khan Younès et à Rafah, ainsi qu'à Nousseirat et Deir al-Balah, dans le centre du territoire.
Israël a déclaré la guerre au Hamas et promis de le détruire après une attaque d'une violence et d'une ampleur sans précédent menée le 7 octobre sur le sol israélien par ses commandos infiltrés depuis la bande de Gaza, qui a fait environ 1.200 morts, en majorité des civils, selon les autorités.
Selon le ministère de la Santé du Hamas, 18.412 personnes ont été tuées, en grande majorité des femmes et des enfants et jeunes de moins de 18 ans, par les bombardements israéliens sur la bande de Gaza.
De nombreuses personnes restent portées disparues sous les décombres, selon le Bureau de l'ONU pour la coordination humanitaire (Ocha).
En parallèle à sa campagne de frappes aériennes dévastatrices, l'armée mène une offensive terrestre contre le Hamas, concentrée dans un premier temps dans le nord de la bande de Gaza où elle a pris le contrôle de plusieurs secteurs, puis étendue à l'ensemble du territoire.
Une trêve de sept jours a permis fin novembre de libérer 105 personnes enlevées en Israël le 7 octobre, tandis que 135 otages, selon l'armée, restent détenus à Gaza.
- "Souffrance continue" -
Mardi, Israël et les Etats-Unis ont voté contre la résolution adoptée à l'ONU par 153 voix pour, 10 contre, et 23 abstentions, qui ne condamne pas le Hamas.
Le mouvement islamiste palestinien, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, est classé terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël notamment.
Fervent soutien d'Israël, le président américain Joe Biden a cependant critiqué de manière inédite le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour son opposition à une solution "à deux Etats" avec les Palestiniens, et l'a mis en garde contre une érosion du soutien international à sa guerre.
"Il n'y a aucun doute sur la nécessité de supprimer le Hamas", a dit Joe Biden. Mais, a-t-il averti, si Israël dispose à l'heure actuelle du soutien de "la majeure partie du monde", "ils sont en train de perdre ce soutien avec les bombardements aveugles qui ont lieu".
Dans une déclaration commune, les Premiers ministres canadien, australien et néo-zélandais se sont pour leur part déclarés mercredi "alarmés par la diminution de l'espace de sécurité pour les civils à Gaza". "Le prix à payer pour vaincre le Hamas ne peut être la souffrance continue de tous les civils palestiniens", ont-ils ajouté.
Dans la bande de Gaza, soumise à un blocus israélien depuis 2007 et à un siège total depuis le 9 octobre, 85% des 2,4 millions d'habitants ont été déplacés, dont beaucoup plusieurs fois depuis le début de la guerre, et des quartiers entiers détruits par les bombardements.
Les Palestiniens de Gaza vivent "l'enfer sur terre", a lancé mardi le directeur de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), Philippe Lazzarini.
- Surpopulation et maladies -
Après avoir fui leurs maisons dans le nord puis leurs abris dans la grande ville de Khan Younès, des dizaines de milliers de Palestiniens s'abritent désormais à Rafah, plus au sud, à la frontière égyptienne, devenue un gigantesque camp avec des centaines de tentes bricolées à l'aide de bouts de bois ou de draps.
Selon l'Ocha, la surpopulation et la malnutrition favorisent la propagation de maladies comme la diarrhée, la grippe et la variole, mettant une pression supplémentaire sur un système de santé déjà submergé.
A cela s'ajoute la pluie qui tombe sur Rafah, où les déplacés s'abritent tant bien que mal sous des bâches en plastique.
"Toutes les tentes sont inondées. Nous ne savons pas quoi faire", raconte Ihab Abu Jof, un Palestinien de 23 ans, qui a protégé le foyer de son fourneau artisanal avec une plaque de tôle et une bâche. "Je vous jure que les conditions ici sont extrêmement difficiles".
Malgré la présence de ces déplacés, l'armée israélienne continue à cibler Rafah, où des frappes sur deux maisons ont fait 24 morts mardi, selon le ministère de la Santé du Hamas.
- "Où est la sécurité à Rafah?" -
"Ils (les militaires israéliens) ont dit eux-mêmes que le sud est sûr, Rafah est sûre. Où est la sécurité à Rafah? Chaque jour il y a des frappes à Rafah", lançait Tawfiq Abou Brik, un survivant au milieu des ruines.
Le directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a fait état d'un raid israélien contre l'hôpital Kamal Adwan de Gaza, où se trouvent 65 patients et 45 soignants, après plusieurs jours de siège. "Je suis extrêmement inquiet", a-t-il écrit sur X (ex-Twitter).
Le Hamas a affirmé sur Telegram que le directeur de l'hôpital avait été fait prisonnier. L'armée israélienne n'a pas confirmé, mais elle accuse régulièrement le Hamas d'utiliser des hôpitaux, des écoles et des mosquées pour abriter des installations militaires, ce que le mouvement palestinien dément.
Selon l'Ocha, cent camions transportant de l'aide sont entrés depuis lundi soir via Rafah, de même que 120.000 litres de carburant, une assistance qui reste d'après elle très en deçà des besoins.
Israël contrôle l'entrée de l'aide internationale à Gaza via l'unique point de passage ouvert de Rafah, avec l'Egypte. En raison des combats, cette aide est très difficilement acheminée au-delà de Rafah.
La guerre a aussi rallumé le front avec le Hezbollah libanais à la frontière nord d'Israël et fait flamber les violences en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, où les forces israéliennes ont tué six Palestiniens mardi, selon l'Autorité palestinienne.
C.Hamad--SF-PST