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L'armée israélienne resserre l'étau sur le sud de Gaza
L'armée israélienne a resserré l'étau sur le sud de la bande de Gaza, où des dizaines de chars sont entrés lundi dans le cadre de son offensive contre le Hamas palestinien, rendant la situation plus périlleuse encore pour une population prise au piège des bombardements.
Engagée depuis le 27 octobre dans une campagne terrestre dans le nord du territoire palestinien assiégé, l'armée israélienne a étendu ses opérations au sol à l'ensemble de la bande de Gaza, presque deux mois après le début de la guerre déclenchée le 7 octobre par une attaque sanglante du mouvement islamiste sur le sol israélien.
Depuis la reprise des combats le 1er décembre à l'expiration d'une trêve de sept jours, l'armée pilonne le sud du petit territoire palestinien de 2,4 millions d'habitants, faisant de très nombreux morts et blessés parmi les habitants et les centaines de milliers de civils venus s'y réfugier, dans un périmètre de plus en plus réduit.
"Les gens nous demandent conseil pour savoir où se mettre en sécurité. Nous ne savons que leur dire", a-t-il écrit sur X.
- "Attaque imminente" -
Lundi, l'armée israélienne a dit agir "avec force" à Khan Younès, grande ville du sud de la bande de Gaza déjà visée massivement par des frappes depuis la reprise des combats vendredi, et où chaque jour désormais l'armée avertit dans des tracts largués sur certains quartiers qu'"une terrible attaque est imminente", ordonnant aux habitants d'en partir.
Des dizaines de chars, de transports de troupes et de bulldozers israéliens sont entrés dans le sud du territoire palestinien à proximité de Khan Younès, où s'entasse une partie des civils sommés par Israël de fuir le nord de la bande de Gaza durant la première phase du conflit, ont indiqué des témoins à l'AFP.
Amine Abou Hola, 59 ans, a raconté que ces véhicules étaient entrés "sur une profondeur de deux kilomètres", dans le village d'al-Qarara, au nord-est de Khan Younès.
"Les chars sont désormais sur la route Salaheddine", principal axe de la bande de Gaza qui relie le nord au sud, et coupent la route "en tirant des balles et des obus de char contre toutes les voitures et les personnes qui essayent de se déplacer", a ajouté Moaz Mohammed, 34 ans.
"Les combats et l'avancée au sol de l'armée israélienne dans la zone de Khan Younès ne permettent pas aux civils de se déplacer" sur la route Salaheddine, dans le nord et l'est de la ville, a confirmé l'armée.
De la fumée noire s'élevait pendant ce temps dans le ciel au-dessus de Rafah, ville du sud frontalière de l'Egypte et voisine de Khan Younès, selon des images tournées par l'AFP.
- Près de 16.000 morts -
Le ministère de la Santé du Hamas a affirmé lundi que 15.899 personnes, à 70% des femmes et enfants et adolescents, ont été tuées depuis le début des bombardements israéliens sur la bande de Gaza le 7 octobre.
En Israël, l'attaque menée par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza a fait 1.200 morts, en majorité des civils, selon les autorités. En représailles, Israël a déclaré la guerre au Hamas et promis de détruire le mouvement islamiste, au pouvoir depuis 2007 dans la bande de Gaza.
Les hostilités à Gaza suscitent de plus en plus de violences dans le territoire palestinien de Cisjordanie occupée, mais aussi des échanges de feu qui s'intensifient à la frontière entre Israël et le Liban tandis que de nouveaux incidents ont eu lieu dimanche en mer Rouge et en Irak.
L'armée israélienne a annoncé lundi que trois soldats avaient été tués dimanche dans le nord de Gaza, portant le total à 75 soldats morts depuis le début de l'offensive terrestre.
En outre, d'après l'armée, 137 otages sont toujours aux mains du Hamas ou de groupes affiliés, 105 ayant été relâchés pendant la trêve, dont 80 en échange de 240 prisonniers palestiniens détenus par Israël.
L'armée a dit dimanche avoir mené "environ 10.000 frappes aériennes" sur Gaza depuis le début de la guerre, affirmant que 11.500 roquettes avaient été tirées en parallèle depuis la bande de Gaza vers Israël.
Les frappes israéliennes ont détruit ou endommagé plus de la moitié des habitations, selon l'ONU.
Dans un quartier dévasté de Rafah, des survivants fouillaient lundi les décombres.
"Nous étions à la maison, nous avons entendu un énorme bruit et des choses ont commencé à nous tomber dessus, c'était comme un tremblement de terre. Nous n'avions jamais vu cela auparavant, la terre a tremblé et le son était si fort", a témoigné un rescapé, Abou Jahar al-Hajj.
"Ma fille de quatre ans est sous les décombres, je ne sais pas si elle est morte ou vivante. Arrêtez la guerre, assez avec la guerre", s'est écriée une femme, Walaa Abu Libda.
- Des déplacés qui s'entassent -
Les combats faisaient également rage lundi dans la ville de Gaza (nord), visée par de nombreuses frappes aériennes.
Selon des témoins, des chars israéliens ont ouvert le feu et sont entrés pour la première fois dans le marché de la vieille ville, où ils ont détruit des dizaines d'échoppes.
La nuit précédente, une frappe sur une entrée de l'hôpital Kamal Adwan, dans le nord de Gaza, a fait plusieurs morts, selon l'agence de presse palestinienne Wafa. L'armée n'a pas confirmé.
Israël accuse le Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël, d'avoir installé des infrastructures dans ou sous des hôpitaux de la bande de Gaza et d'utiliser les civils comme des boucliers humains, ce que le mouvement palestinien dément.
Les besoins sont immenses dans le territoire soumis à un siège total par Israël depuis le 9 octobre, où 1,8 million de personnes, sur 2,4 millions d'habitants, ont été déplacées par la guerre d'après l'ONU.
Les déplacés survivent aujourd'hui entassés dans des abris de fortune, des écoles, des tentes, dormant dehors ou dans leur voiture.
Alors que la plupart des hôpitaux du nord sont hors service, ceux du sud sont plongés dans le chaos, débordés par l'arrivée massive de blessés, sans électricité, leurs réserves de carburant pour faire tourner les générateurs presque à sec.
A l'exception des sept jours de trêve qui ont permis l'entrée depuis l'Egypte de centaines de camions d'aide humanitaire, le poste-frontière de Rafah ne s'ouvre que très partiellement pour laisser passer quelques camions ou permettre l'évacuation d'étrangers, en nombre très limité.
N.Awad--SF-PST