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Nouvel échange d'otages contre prisonniers à quelques heures de la fin de la trêve
Un nouveau groupe d'otages israéliens et étrangers a été libéré mercredi et un groupe de prisonniers palestiniens devait l'être dans la soirée, à quelques heures de l'expiration prévue de la trêve entre Israël et le Hamas et alors que débute la troisième mission du secrétaire d'Etat Antony Blinken dans la région.
Dix otages israéliens, dont cinq binationaux (un Néerlandais, trois Allemands et un Américain), ainsi que deux Russes et quatre Thaïlandais ont été remis par le Hamas à la Croix Rouge internationale, a annoncé un porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar. Israël a ensuite confirmé leur arrivée, via l'Egypte.
En échange, trente Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes, dont 16 mineurs et 14 femmes, devaient être libérés mercredi soir, a-t-il ajouté.
"Le Qatar garde espoir que les progrès réalisés ces derniers jours se poursuivront, et qu'une nouvelle extension de l'accord de pause humanitaire pourra être accordée", a poursuivi ce porte-parole, Majed Al-Ansari.
Depuis son entrée en vigueur le 24 novembre, l'accord de trêve a déjà permis la libération de 70 otages israéliens et de 210 prisonniers palestiniens (en comptant ceux qui devaient être libérés mercredi soir). En outre, une trentaine d'étrangers, en majorité des Thaïlandais vivant en Israël, ont été libérés hors du cadre de cet accord.
Initialement prévue pour quatre jours et prolongée ensuite de deux jours, la trêve expire jeudi à 05H00 GMT et les pays médiateurs - Qatar, Etats-Unis, Egypte - redoublent d'efforts pour la faire durer encore.
- Blinken en Israël -
Arrivé dans la nuit de mercredi à jeudi à Tel Aviv, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken doit avoir des entretiens jeudi en Israël et en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967 et où siège l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, rival du Hamas.
"Nous souhaiterions voir la pause (dans les combats) prolongée", a affirmé M. Blinken à Bruxelles. Cette prolongation "signifie plus d'otages qui rentrent chez eux, plus d'aide".
Une source proche du Hamas a indiqué mercredi que le mouvement islamiste était "d'accord" pour la prolonger "de quatre jours" supplémentaires et de libérer de nouveaux otages israéliens.
Mais en soirée, une source au sein du Hamas a affirmé que le mouvement palestinien jugeait "insatisfaisantes" les propositions israéliennes pour une prolongation de la trêve.
Lors d'une conférence de presse dans la ville sud-africaine du Cap, un haut responsable du Hamas a pour sa part affirmé mercredi que son mouvement était prêt à libérer tous les soldats israéliens qu'il détient en échange de tous les Palestiniens emprisonnés en Israël.
"Nous sommes prêts à libérer tous les soldats en échange de tous nos prisonniers", a déclaré Bassem Naim, ancien ministre de la Santé à Gaza. Il a ajouté que le Hamas était engagé dans de "difficiles négociations" pour prolonger la trêve. "Nous tentons, avec les médiateurs, de négocier un cessez-le-feu permanent", a-t-il déclaré.
La guerre a commencé le 7 octobre quand des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza voisine ont lancé une attaque en Israël, d'une ampleur inédite. Environ 1.200 personnes, en grande majorité des civils ont été tuées et environ 240 enlevées selon les autorités.
En représailles, Israël a promis d'"anéantir" le Hamas, au pouvoir depuis 2007 à Gaza, pilonnant le territoire palestinien et lançant le 27 octobre une offensive terrestre, jusqu'à la trêve le 24 novembre. D'après le gouvernement du Hamas, 14.854 personnes, dont 6.150 âgées de moins de 18 ans, ont été tuées dans les frappes israéliennes.
L'accord de trêve a par ailleurs accéléré l'entrée d'aide humanitaire dans le territoire palestinien assiégé, dévasté par sept semaines de bombardements israéliens. Mais les organisations internationales estiment que ces aides ne suffisent pas et appellent à un cessez-le-feu durable face à ce que le chef de l'ONU a décrit comme une "catastrophe humanitaire monumentale" à Gaza.
Depuis le 24 novembre, le Hamas a relâché chaque jour une dizaine de femmes et d'enfants, contre la libération de trois fois plus de prisonniers palestiniens.
Le Hamas a dit détenir la majorité des quelque 240 otages. Les autres sont aux mains d'autres groupes armés palestiniens à Gaza.
Par ailleurs, l'armée israélienne a dit "vérifier" des informations sur la mort d'un bébé de 10 mois, le plus jeune des otages enlevés le 7 octobre, de sa mère et de son frère de 4 ans. La branche armée du Hamas a affirmé qu'ils avaient été "tués à Gaza dans un bombardement israélien".
- "Menace existentielle" -
Depuis le 7 octobre en Israël, les violences ont en outre flambé en Cisjordanie, séparée de la bande de Gaza par le territoire israélien. Mercredi, un enfant de huit ans et un adolescent de 15 ans ont été tués par l'armée israélienne, selon l'Autorité palestinienne.
Près de 240 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens depuis le 7 octobre, d'après l'Autorité palestinienne.
"Notre peuple fait face à une menace existentielle", a lancé à l'ONU le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki devant le Conseil de sécurité de l'ONU à New York.
A la même réunion, le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a averti qu'une reprise des combats entre Israël et le Hamas risquerait de provoquer "un désastre qui pourrait engloutir la région".
- "Ni eau, ni nourriture" -
Déjà soumis à un blocus israélien terrestre, maritime et aérien depuis 2007, la bande de Gaza a été placée le 9 octobre en état de siège total par Israël. Selon l'ONU, 1,7 million de ses 2,4 millions d'habitants ont été déplacés par la guerre et plus de la moitié des logements ont été endommagés ou détruits.
Des milliers de Palestiniens, déplacés ont profité de la trêve pour rentrer chez eux dans le nord de la bande de Gaza, la partie du territoire la plus dévastée, ignorant l'interdiction de l'armée israélienne qui y a pris le contrôle de plusieurs secteurs.
"Nous n'avons ni eau, ni nourriture, ni farine depuis dix jours. La situation est dure, très dure", raconte à l'AFP Achraf Selim, un habitant de Gaza.
Dans la ville, des gens portant des bidons font la queue près d'une citerne pour s'approvisionner en eau potable.
"Les gens arrivent ici à pied, de loin, d'environ 10, 20 ou 30 kilomètres, simplement pour obtenir de l'eau potable", raconte à l'AFP Mohammed Matar, propriétaire d'une installation de dessalement.
Dans la même ville, à l'hôpital al-Nasr, cinq bébés prématurés ont été découverts morts, a affirmé le porte-parole du ministère de la Santé du Hamas Ashraf al-Qidreh, en accusant les soldats israéliens de les avoir privés de soins en empêchant les médecins de les approcher.
Z.Ramadan--SF-PST