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Indonésie: nouvelle arrivée massive de réfugiés rohingyas par la mer
Trois bateaux transportant plus de 500 réfugiés rohingyas sont arrivés dimanche sur les côtes indonésiennes, a indiqué une agence de l'ONU, ce qui porte à plus de 800 le nombre de réfugiés en moins d'une semaine dans la province d'Aceh (nord).
Une première embarcation, refoulée jeudi par des habitants de la région avec à son bord 256 personnes, dont 110 femmes et 60 enfants, est arrivée dans le district de Bireuen, dans la province d'Aceh.
"Ils ont été localisés dans différents endroits", a indiqué à l'AFP Faisal Rahmah, qui collabore avec l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), confirmant qu'il s'agit du même bateau repoussé jeudi en mer. "C'est confirmé car beaucoup de gens avaient été identifiés par des responsables de la sécurité".
L'embarcation de fortune avait été refoulée par des habitants en colère qui ont renvoyé les passagers à leur errance maritime. Leur bateau délabré et surchargé était arrivé jeudi au large de la province d'Aceh, mais des villageois avaient refusé de le laisser accoster.
Deux autres bateaux transportant respectivement 239 et 36 réfugiés ont accosté dimanche dans la région de Pidie et dans l'est d'Aceh, a précisé l'agence.
Des milliers de Rohingyas risquent leur vie chaque année lors de longs et coûteux voyages en mer, souvent à bord de bateaux délabrés, pour tenter d'atteindre la Malaisie ou l'Indonésie.
Au total, ce sont plus de 800 réfugiés qui sont arrivés en moins d'une semaine dans cette région d'Aceh, avec un premier décompte de 196 personnes mardi et un autre de 147 le lendemain, selon des responsables locaux.
Un journaliste de l'AFP a constaté la présence d'une embarcation transportant des réfugiés rohingyas sur une plage de Bireuen, alors que les personnes à bord avaient débarqué.
Les réfugiés, la plupart en bonne santé, ont été conduits vers un centre de rétention temporaire en attendant une décision des autorités sur leur sort.
Cette décision doit être prise par "d'autres institutions", a indiqué dimanche Ibrahim Ahmad, un responsable local.
- "vie paisible" -
A Pidie, Marfian, porte-parole de la communauté locale de pêcheurs qui, comme beaucoup d'Indonésiens, n'a qu'un seul nom, a confirmé à l'AFP qu'un bateau avec près de 250 réfugiés était arrivé dans la nuit.
L'un de ces réfugiés, Aziz Ullah, 20 ans, a déclaré qu'il vivait dans un camp à Cox's Bazar, au Bangladesh, avant que le groupe n'entame son voyage il y a 16 jours.
Il explique être parti car "le gouvernement de la Birmanie commettait des violences (contre nous) encore et encore".
"Je veux juste avoir une vie paisible, n'importe où. Si je peux avoir une vie paisible ici, je resterai ici", dit-il à l'AFP.
Mais Hasan Basri, un autre dirigeant de la communauté de pêcheurs de Pidie, a déclaré aux journalistes qu'il ne voulait pas que les Rohingyas restent, affirmant que les réfugiés avaient commis des crimes dans la région dans le passé.
Ceux qui sont arrivés dans la région de Pidie vers 20h00 GMT samedi ont marché jusqu'au village le plus proche de Kulee depuis la côte, à l'insu des habitants, a ajouté Basri.
"Ils sont déjà là et c'est notre obligation en tant qu'être humains de leur donner à manger et à boire", a-t-il déclaré, affirmant que "l'attitude et le caractère des réfugiés ne correspondent pas à ceux des habitants d'Aceh". "Leur comportement est très pénible".
Selon le HCR, plus de 2.000 Rohingyas, dont beaucoup sont réfugiés au Bangladesh, ont tenté en 2022 la difficile traversée vers l'Indonésie ou la Malaisie et 200 sont morts ou portés disparus.
Le Bangladesh abrite environ un million de membres de cette minorité musulmane apatride, dont quelque 750.000 ont fui la Birmanie voisine en 2017.
Une enquête menée en 2020 par l'AFP a révélé un trafic de migrants, générant plusieurs millions de dollars, en constante évolution, partant d'un immense camp de réfugiés au Bangladesh jusqu'en Indonésie et en Malaisie, et dans lequel des membres de la communauté rohingya jouent un rôle clé.
D.AbuRida--SF-PST