-
Netanyahu, l'indéboulonnable Premier ministre qui se bat pour sa survie politique
-
Gadi Eisenkot, le général stoïque qui veut détrôner Netanyahu
-
Israël: les principaux enjeux des élections législatives
-
Avalanche de SMS et ambiance "toxique" : le ras-le-bol d'électeurs américains
-
Violences: la détresse des commerçants au bord de la rupture
-
Contraint par Trump, Carney transforme le Canada à marche forcée
-
Trump et les républicains poussés dans les cordes à l'approche des élections
-
Trump au cœur des élections de mi-mandat, à quitte ou double pour les républicains
-
Les grands médias norvégiens saisissent la justice pour empêcher Meta d'exploiter leurs contenus
-
Ligue des nations : Cristiano Ronaldo parmi les joueurs pré-convoqués par le Portugal
-
Pompes funèbres: la répression des fraudes pointe de nombreux abus
-
Dans une usine centenaire anglaise, Safran prépare l'aile de l'avion de demain
-
L'optimisation fiscale, possible piste pour financer les mesures sur les lycées, selon Amiel
-
Statut de la Corse : le Sénat rejette la réforme, le camp autonomiste claque la porte
-
NBA: Minnesota tombe pour la première fois, malgré 47 points d'Anthony Edwards
-
"Casseurs-payeurs": un projet de loi critiqué au Sénat, en plein coeur de la contestation
-
Chine: Mbappé, accusé d'offense aux sentiments nationaux, fait face à une levée de boucliers
-
Ukraine : une trêve à Olechky en vue d'une opération humanitaire
-
Chine : deux grandes compagnies chinoises rompent avec Mbappé l'accusant d'avoir "heurté les sentiments nationaux"
-
Brésil : le parti de Flavio Bolsonaro reconnaît la victoire surprise de Lula
-
Israël: premières législatives depuis le 7-Octobre, Netanyahu à l'épreuve des urnes
-
Ballon d'Or: Harry Kane sacré à domicile
-
Ballon d'Or: Harry Kane, footballeur total et anti-star
-
عمار بن حميد يوجّه بتطوير الخدمات للمواطنين والمقيمين وقطاع الأعمال
-
مسؤولون إماراتيون: الشراكة مع بنين تفتح فرصاً للتجارة والاستثمار
-
إطلاق صندوق استثماري متخصص في الغاز الطبيعي المسال
-
المعاشات الإماراتية: اكتمال التغطية التأمينية للقطاع الخاص
-
مساكن دبي تدعو المقيمين إلى المشاركة في تحدي المليار خطوة
-
الإمارات تعرض تجربتها في توظيف الذكاء الاصطناعي حكومياً
-
دراسة تقرّب العلماء من تفسير دور الشمال في العصور الجليدية
-
شراكة إماراتية لدعم سينما ومحتوى الأطفال والشباب
-
سباعيات دبي للرجبي تضيف منافسات الدرجة الثالثة من سلسلة HSBC SVNS
-
الأردن ينفذ ضربات على أهداف في سورية بعد توقيف منفذي هجوم الكنيسة
-
تحدي القراءة العربي يوسع أثره ويعزز المشاركة المعرفية
-
دراكنميلر: تحركات الأسواق تحمل إشارات ينبغي الإصغاء إليها
-
تمويل مشروع دندرة للطاقة الشمسية بقيمة 650 مليون دولار
-
وزير الصناعة المصري: القطاع الخاص يقود مسار التنمية الصناعية
-
عز العرب السويدي تقدم سيارات جايكو إلى السوق المصرية
-
تقدير احتياجات 420 مصنعاً متعثراً بنحو أربعة مليارات جنيه
-
مصر والدنمارك تبحثان توسيع التعاون في الطاقة المتجددة
-
حسام بدران يستعيد أثر فتحي الشقاقي في الذكرى الحادية والثلاثين لاغتياله
-
افتتاح فرع جديد للمرشدي مارتس في التجمع الخامس
-
500 مليون جنيه لتطوير 322 معملاً للرقابة على الصادرات في مصر
-
الأردن يعلن قصف مواقع مرتبطة بهجوم كنيسة الكرك في جنوب سورية
-
رادع تشيد بمواجهة مجموعات مسلحة غرب رفح
-
أوسيمين يحسم ديربي إسطنبول لمصلحة غلطة سراي
-
محكمة كويتية تقضي بإعدام ثلاثة مدانين بالتخابر مع إيران
-
زيلينسكي ينتقد تأخر الموافقة الأميركية على صواريخ الدفاع الجوي
-
ستيفان رولان يستلهم داليدا في مجموعة أزياء تستكشف الإنسانة خلف الأيقونة
-
صحيفة فلسطين تحقق مرتبة متقدمة في استطلاع لوسائل الإعلام
Maternités franciliennes: des mères sans-abri "bloquées" et des sages-femmes "en détresse"
Des dizaines de lits bloqués, pour "ne pas mettre des bébés à la rue": des maternités du nord-est francilien font face à un afflux de mères sans-abri coincées à l'hôpital après leur accouchement faute d'hébergement d'urgence, une situation "ingérable" pour les soignants.
L'alerte est partie des sages-femmes "en détresse" de l'hôpital Delafontaine à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
Cette maternité de niveau 3 (qui accueille les grossesses à risque), déjà en "flux tendu" du fait d'un sous-effectif croissant, "s'est transformée cet été, au fil des semaines, en centre d'hébergement d'urgence", dénonce l'équipe des sages-femmes, dans un courrier adressé début novembre au gouvernement.
Jusqu'à une vingtaine de femmes SDF et leurs nourrissons se trouvaient en septembre, sans raison médicale, dans les services de suite de couches et grossesses pathologiques --sur une soixantaine de lits--, hébergés parfois "jusqu'à 70 jours", écrivent-elles.
"Dans les chambres, on entend la musique du 115 en boucle. Elles restent des heures en attente, pour rien", soupire Véronique Gounot, sage-femme de 45 ans. Dans ce département pauvre, la situation "s'aggrave depuis quatre ou cinq ans", avec "des seuils très hauts" depuis l'été, assure-t-elle auprès de l'AFP. "C'est essentiellement des femmes migrantes, extrêmement isolées".
Les services étant saturés, "on accumule les accouchées en salle de naissance", et "certaines patientes suivies pendant leur grossesse doivent être transférées en urgence dans d'autres établissements au moment d'accoucher. Ça crée beaucoup de souffrance", témoigne la professionnelle. Quelques-unes "ont dû accoucher sans péridurale", faute de lit adapté.
- "Augmentation forte" -
Depuis 2019, l'Agence régionale de santé (ARS) mesure chaque mardi le nombre de femmes sans-abri concernées dans 27 des 45 maternités publiques de l'Ile-de-France. Le nombre total s'établit généralement "autour de 20 ou 30, mais, depuis quelques semaines, on observe une augmentation forte, récemment jusqu'à 50 femmes", indique l'ARS.
En comparant "des périodes similaires de l'automne", ce chiffre était de 15 femmes en 2021, 30 en 2022, et 50 en 2023, la problématique se concentrant sur le nord-est de Paris, la Seine-Saint-Denis et le Val-d'Oise, précise l'Agence.
Selon une "enquête flash" réalisée le 4 juillet et obtenue par l'AFP, la durée moyenne d'hospitalisation des jeunes mamans sans-abri était de 14 jours (contre 3 à 5 normalement), et dépassait 18 jours dans sept hôpitaux dont Robert Debré et Lariboisière à Paris, ou ceux de Saint-Denis, Montfermeil et Aulnay-sous-Bois.
Pour soulager ces établissements, l'ARS "demande à toutes les maternités" de s'impliquer, "développe des équipes médico-sociales" et dispose de "110 places" médicalisées.
Mais le noeud du problème est la crise de l'hébergement d'urgence.
Elle sévit partout. Toutefois "ici, beaucoup d'hôtels conventionnés avec l'Etat renoncent aujourd'hui à l'accueil 115, pour faire des travaux en vue des Jeux Olympiques", relève auprès de l'AFP le député communiste de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu, co-auteur d'un rapport sur le sujet.
- "Prises en étau" -
Parallèlement, un centre d'hébergement où ces jeunes mamans étaient prioritaires à Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) a "fermé en juin pour raisons budgétaires", déplore le député.
Selon le rapport parlementaire de M. Peu, l'Etat disposait fin 2022 de 118.000 places d'hébergement d'urgence, dont 50.000 en hôtels. Le nombre de chambres d'hôtel a augmenté de 25% depuis fin 2017, essentiellement pendant l'épidémie de Covid-19, mais a commencé à décroître en 2022 (-2.500 chambres).
Interrogée, la préfecture d'Ile-de-France réfute tout lien avec les Jeux Olympiques. Les hôtels, très "mobilisés pendant la crise sanitaire dans un contexte d'arrêt de leurs activités commerciales", ont vu revenir les touristes, ce qui "était attendu", explique-t-elle à l'AFP.
Les services "sont mobilisés pour anticiper cette contraction" avec des solutions plus "durables", poursuit-elle, assurant avoir déjà créé 750 places en centres d'hébergement en 2022-2023. Le volume total était "quasiment le même" en 2023 qu'en 2022, et "des moyens complémentaires" sont alloués pour l'hiver.
Malgré tout "la tension reste très forte", et les demandes non pourvues peuvent "dépasser 1.000 par jour à Paris", reconnaît-elle.
Parmi les "publics prioritaires", les femmes enceintes ou sortant de maternité disposent en Ile-de-France de 2.000 places dédiées (30 millions d'euros de budget), ajoute la préfecture, et "un travail spécifique est en cours pour trouver des places supplémentaires".
- "Misère" -
En attendant, les soignants sont "pris en étau", s'emporte Edith Rain, sage-femme de 53 ans de l'hôpital Delafontaine. "Il serait inconcevable de les mettre dehors avec le froid, le risque d'infections, de dénutrition", mais le travail est dégradé et "il faut gérer la souffrance, l'incompréhension des autres" patientes, dit-elle. "Même financièrement c'est absurde, vu le prix d'une nuitée d'hôpital".
A l'hôpital Lariboisière à Paris "on les garde un mois maximum" et quelques-unes "ressortent sans solution", s'émeut Stéphanie (prénom modifié), sage-femme qui souhaite rester anonyme. "Il y a quelques semaines", ces mères sans-abri occupaient "la moitié du service de suites de couches".
"Dans ce cas, on les regroupe par deux par chambre. C'est à moi d'annoncer au compagnon qu'il doit retourner dehors, gérer les messages qu'elles reçoivent du 115, à 18 heures, pour proposer une ou deux nuits d'hôtel, à 1H30 de transports", soupire-t-elle. "Mettre des femmes et bébés à la rue, c'est pas mon boulot".
L'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) rappelle avoir mis en place des "centres d'hébergement post-partum" en lien avec l'Etat.
"A Robert Debré, on ne les met jamais dehors. Mais les assistantes sociales sont dépassées", lâche Dalila Kermas, infirmière et déléguée Sud Santé.
"Le plus long séjour, c'était près de quatre mois. On a aussi eu une mineure victime de viol, une autre qu'on gardait avec tous ses enfants. C'est déchirant", se désole-t-elle. "L'hôpital est le reflet de la société. L'explosion de la misère, on la voit et on la subit".
R.AbuNasser--SF-PST