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Les systèmes de défense aérienne en vedette au premier salon de l'armement de Ryad
Les systèmes de défense aérienne suscitent un intérêt particulier au premier salon de la défense en Arabie Saoudite, alors que les attaques de drones et de missiles se multiplient dans le Golfe, une région riche et stratégique.
Le salon qui se tient depuis dimanche au nord de la capitale Ryad, réunit quelques 600 entreprises venues d'une quarantaine de pays présenter leurs dernières technologies aux clients du Golfe.
Cibles d'attaques meurtrières des rebelles Houthis au Yémen, soutenus par leur grand rival régional l'Iran, l'Arabie Saoudite et son voisin les Emirats arabes unis figurent parmi les plus grands importateurs d'armes au monde.
Les visiteurs du salon sont "particulièrement intéressés par les systèmes de défense aérienne et les systèmes anti-drones", explique le directeur des opérations de la société polonaise Advanced Protection Systems, Tomas Kossowski.
"Nos principaux visiteurs viennent d'Arabie saoudite, et les discussions portent sur les moyens de protéger des infrastructures sensibles, militaires et civiles, et bien sûr les frontières", dit-il à l’AFP.
La compagnie polonaise a déjà vendu des systèmes de défense à la riche monarchie du Golfe en 2019 visant à protéger les infrastructures technologiques de la compagnie de télécommunications nationale. Des discussions ont aussi été engagées avec "d'autres entités gouvernementales saoudiennes", ajoute son représentant.
- Problème "majeur"-
Le royaume, qui dirige une coalition militaire au Yémen soutenant le gouvernement depuis 2015, est régulièrement la cible d'attaques menées par les rebelles Houthis, notamment dans les régions du sud frontalières du Yémen.
Selon la coalition, les Houthis ont tiré plus de 400 missiles balistiques et 850 drones chargés d'explosifs sur l'Arabie au cours des sept dernières années, tuant 59 civils.
La coalition, elle, a mené 401 raids aériens au Yémen au cours du seul mois de janvier, selon le Yémen Data Project, un observateur indépendant qui fait état d'environ 9.000 civils yéménites tués dans les frappes depuis 2015.
En janvier, les Emirats arabes unis, également membres de la coalition, ont été la cible d'une attaque ayant fait trois morts.
"Les attaques des Houthis sont plus fréquentes et plus dangereuses. Des solutions plus avancées sont donc nécessaires pour les affronter", souligne un attaché militaire occidental sous couvert d'anonymat.
Plus difficiles à contrer avec les systèmes de défense classiques, les drones sont devenus "un problème majeur" pour toute la région, ajoute-t-il.
Les groupes armés au Moyen-Orient ont pris goût à ces systèmes sans pilote bon marché et accessibles.
Au-delà du Golfe, l'armée israélienne a annoncé en février avoir tiré sur un drone envoyé par le Hezbollah libanais, tandis que le Premier ministre irakien a échappé l'année dernière à une tentative d'assassinat par un drone.
- Nouveaux accords -
Parmi les technologies proposées par les exposants à Ryad figure un système portatif pouvant être placé sur le dos des forces de sécurité ou encore des appareils capables de brouiller le signal radio utilisé par les drones, créant une zone d'exclusion aérienne au-dessus d'un chantier, d'une base militaire ou d'un convoi en mouvement.
Lundi, l'Arabie saoudite a annoncé en marge du salon un accord avec le géant américain du secteur de l'armement Lockheed Martin, pour la construction dans le royaume de systèmes de défense aérienne.
L'autorité qui supervise l'industrie militaire saoudienne, GAMI, a conclu au total 22 partenariats avec des entreprises de défense nationales et internationales, d'une valeur d'environ 1,9 milliard d'euros.
Ces accords couvrent un large éventail d'activités, allant de l'achat direct de systèmes militaires à la construction de lignes de production, en passant par le transfert de connaissances et la formation.
Ils contribueront à "générer de nouveaux investissements dans les industries de la défense", a souligné l'agence officielle de presse.
Premier importateur d'armes au monde entre 2016 et 2020, selon l'Institut de recherche international pour la paix de Stockholm (Siprin), l'Arabie saoudite s'est fixée comme objectif de produire 50% de ses besoins localement à l'horizon 2030.
I.Matar--SF-PST