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Sierra Leone: le dépouillement de la présidentielle se poursuit
Le dépouillement des votes se poursuivait dimanche en Sierra Leone au lendemain de l'élection présidentielle, où le sortant Julius Maada Bio brigue un second mandat face à son principal rival Samura Kamara, et des scrutins législatifs et locaux.
Le comptage des bulletins au niveau régional continuait dans la capitale Freetown, à Bo (ouest), Makeni et Port Loko (nord), a indiqué la commission électorale.
Les résultats sont attendus dans les 48 heures qui suivent le scrutin.
Environ 3,4 millions de personnes étaient appelées à choisir entre 13 candidats, pour la présidentielle, un scrutin aux allures de revanche de 2018 entre M. Bio, ancien militaire à la retraite de 59 ans, et M. Kamura, technocrate de 72 ans et chef du Congrès de tout le peuple (APC).
M. Bio, candidat du Parti du peuple de la Sierra Leone (SLPP), l'avait alors emporté au second tour avec 51,8% des voix.
Cette année, M. Bio s'est fait le champion de l'éducation et des droits des femmes. Il a dit à l'AFP privilégier l'agriculture et réduire la dépendance de son pays aux importations alimentaires.
M. Kamara, ministre des Finances puis des Affaires étrangères avant l'avènement de M. Bio en 2018, a lui indiqué à l'AFP vouloir restaurer la confiance dans les institutions économiques nationales et attirer les investisseurs étrangers.
Pour être élu au premier tour, un candidat doit recueillir 55% des votes valables.
Un sondage réalisé le 14 juin par l'Institut pour la réforme de la gouvernance (IGR) donnait M. Bio vainqueur au premier tour avec 56% des voix contre 43% pour M. Kamara.
En plus de leur président, les Sierra-Léonais ont ausi voté samedi pour élire leur Parlement et les conseils locaux, des scrutins marqués par des retards dans l'ouverture de nombreux bureaux de vote à Freetown.
En province, plus de 90% des bureaux de vote avaient ouvert samedi environ une heure après le début du vote, prévu à 07H00 (locales et GMT) et jusque 17H00, selon des observateurs d'une coalition de la société civile.
Aucun chiffre pour la participation n'était avancé dimanche à la mi-journée. Lors des dernières élections, elle avait tourné entre 76 et 87%.
- Scrutins "calmes" -
Le réseau ouest-africain pour la construction de la paix, un autre groupe d'observateurs, a affirmé samedi que le vote a été "relativement pacifique", reprenant un constat similaire de la commission électorale.
Mais après la fermeture des bureaux de vote, des agents électoraux qui déplaçaient le matériel pour les votes ont été attaqués par des inconnus dans certaines zones du pays, a dit la commission électorale dans un communiqué, sans préciser de lieu.
Des responsables du principal parti d’opposition, APC, ont également affirmé que des violences ont eu lieu dans plusieurs centres de vote samedi soir à Freetown.
Ces informations ont été confirmées à l'AFP par deux membres de missions d'observateurs internationaux, sous couvert de l'anonymat.
La cherté de la vie est la préoccupation commune à une très grande majorité de Sierra-Léonais. Les prix de produits de base comme le riz sont montés en flèche. L'inflation était en mars de 41,5% sur un an, dans ce pays ouest-africain de huit millions d'habitants.
Les analystes soulignent cependant qu'une grande partie des Sierra-Léonais devraient se déterminer bien plus en fonction des appartenances régionales que du prix des denrées ou du respect des droits, et feront le calcul que l'argent et le travail iront aux régions dont les représentants seront associés au vainqueur de la présidentielle.
La Sierra Leone, l'un des pays les plus pauvres de la planète, a été ces dernières années durement touchée par le Covid-19 puis la guerre en Ukraine.
L'ancienne colonie britannique peinait déjà à se remettre d'une guerre civile sanglante (1991-2002) et de l'épidémie d'Ebola (2014-2016).
L'inflation et l'exaspération à l'encontre du gouvernement ont provoqué en août 2022 des émeutes qui ont causé la mort de 27 civils et six policiers.
Ces élections en Sierra Leone sont suivies de près en Afrique de l'Ouest, une région où sont survenus ces derniers mois des coups d'Etat au Mali, en Guinée et au Burkina Faso.
H.Nasr--SF-PST