-
Porsche vend sa filiale de conseil MHP au groupe indien Tata
-
L'Iran "s'effondre complètement", affirme Trump, avant l'annonce de nouvelles sanctions économiques
-
Wall Street ouvre sans entrain, au début d'une semaine très chargée
-
Franchises médicales : le plafond porté à 140 euros contre 100 aujourd'hui, selon le projet de décret
-
Les océans mondiaux ont enregistré samedi un record de température moyenne journalière à 21,1°C
-
Le comique belge et entarteur Noël Godin est mort
-
Noosha Aubel : Jusqu’où Potsdam peut-elle encore supporter ces défaillances administratives ?
-
Le Livret A profite en juillet de la perspective de taux plus élevés
-
Annuler une partie de la dette : la proposition de Mélenchon sous le feu des critiques
-
Londres réaffirme son soutien à Kiev face à la Russie, avant une réunion des alliés
-
L'interdiction du portable au lycée "pourra être effective dès la rentrée"
-
Dernière rentrée pour Macron qui alerte sur les "tensions budgétaires"
-
L'Iran balaie la menace américaine d'un "D-day économique"
-
A Conakry, le désespoir et la colère après l'éboulement meurtrier d'une décharge
-
Tesla rappelle 3 millions de véhicules en Chine pour des poignées de porte
-
Léa Salamé se met en retrait du 20H00 de France 2 après la candidature de son compagnon Raphaël Glucksmann
-
Kenya: lombrics et mouches au secours des sols des agriculteurs kényans
-
Eté 2026: quand la "belle saison" se transforme en enfer climatique
-
Philippe Bouvard est mort, "Les Grosses Têtes" sont orphelines
-
Cinq choses à savoir sur Shein, géant décrié de la mode à prix cassés
-
"C'est magique, mais c'est trop": à Chamonix, entre amour et ras-le-bol de l'Ultra-Trail
-
Pommes de terre: vers une crise historique après la sécheresse
-
Léa Salamé se met en retrait du 20H de France 2 après la candidature de son compagnon Raphaël Glucksmann
-
De Ryad à Paris, l'Esports World Cup revendique un succès mondial
-
Canicules en Europe: cinq signes d'un été en surchauffe
-
La Bourse de Paris attentiste à l'entame d'une semaine chargée
-
Réunion des soutiens de l'Ukraine face à la Russie, sur fond d'escalade
-
Philippe Bouvard, roi des ondes et père des "Grosses Têtes"
-
Réunion des soutiens de l'Ukraine, sur fond d'intensification des frappes
-
Foot: Ceferin (UEFA) ne défiera pas Infantino pour prendre la présidence de la Fifa
-
Fast-fashion: Shein sur le point d'entrer en Bourse pour financer son expansion
-
Tennis: Coco Gauff s'offre le WTA 1000 de Cincinnati pour la deuxième fois
-
La Syrie dit vouloir désamorcer les tensions avec Israël après l'attaque d'une base
-
Tennis: Arthur Fils sacré à Cincinnati avant l'US Open
-
Tennis: Arthur Fils remporte le Masters 1000 de Cincinnati à une semaine de l'US Open
-
Ligue 1: Fabian Ruiz et Ferran Torres sauvent le PSG à Rennes (2-2)
-
Basket: en un éclair, les Bleus de Wembanyama prennent leur revanche face aux Serbes
-
Trump au premier rang d'un grand prix automobile dans les rues de Washington
-
Guinée: 30 morts dans l'éboulement d'une décharge à Conakry (gouvernement)
-
Athlétisme: la victoire au bout de l'effort pour Duplantis, Jefferson-Wooden patronne du 100 m
-
F1: aux Pays-Bas, Norris signe une victoire éclatante après l'accident de Verstappen
-
F1: le Britannique Lando Norris (McLaren) remporte l'ultime GP des Pays-Bas
-
L'administration Trump met en garde le Canada contre un conflit commercial avec les Etats-Unis
-
Au Kenya, les adeptes du cosplay font fi du manque de moyens et des préjugés
-
Mondiaux de badminton: la France sacre sa génération dorée
-
Des humanoïdes battent des records sportifs humains aux World Robot Games en Chine
-
Ukraine: Zelensky rejette des élections, un "tsunami qui fracturerait" le pays
-
Badminton: le Français Alex Lanier sacré champion du monde pour la première fois
-
Présidentielle: Mélenchon colore sa rentrée en vert en proposant la "conscription écologique"
-
Thaïlande: des dizaines d'attaques font trois blessés dans le sud
Bria, symbole d'une grave crise humanitaire oubliée en Centrafrique
Stigmates d’une guerre qui ne s’est jamais vraiment arrêtée, les bâtiments en lambeaux ou troués par les balles bordent la piste cahoteuse menant au plus vaste camp de déplacés de Centrafrique, le PK3. A "Bria la scintillante", ex-capitale du diamant, une grave crise humanitaire s'éternise. Comme dans tout le pays.
Si la dernière guerre civile, entamée en 2013, a baissé considérablement d’intensité, elle s'est muée, plus de dix ans après et hors des agglomérations, en d'incessantes escarmouches entre des groupes armés rebelles ou prédateurs d'un côté, et des soldats épaulés par les mercenaires russes de Wagner de l'autre.
Avec les civils en éternels martyres, toujours victimes, selon l'ONU, des crimes et exactions des deux camps dans ce pays d'Afrique centrale à la société et l'économie laminées par une succession infernale de coups d'Etat, dictatures et guerres civiles depuis son indépendance de la France en 1960.
Le PK3 en est le dramatique symbole.
Un océan de bâches recouvre des habitations précaires contournant de profondes tranchées creusées par les pluies.
La résignation a forcé ses habitants à une apparente normalité. Des échoppes d'où s’échappent le fumet des repas, ou d'autres hurlant de la musique, bordent des pistes boueuses fourmillant de marchands ambulants. Une ville dans la ville. Aux portes de Bria, autrefois bourgade prospère, à plus de 600 km au nord-est de la capitale Bangui.
- La faim -
La Centrafrique est le deuxième pays le moins développé au monde selon l'ONU, et survit sous perfusion de l'aide internationale.
Plus de 3,4 millions de personnes, soit 56% de la population, "ont besoin d'assistance et de protection", selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) de l'ONU. La moitié des Centrafricains "ne mangent pas à leur faim", "l'une des plus grandes proportions de personnes en situation d'insécurité alimentaire critique dans le monde", écrit l'agence en mai 2023.
Une personne sur cinq --1,2 million-- est déracinée: 743.000 réfugiés dans les pays voisins, plus de 490.000 déplacés internes, selon OCHA pour qui "les déplacements se poursuivent car le conflit n'est pas terminé".
"On dénombre environ 32.000 personnes au PK3", explique Adama Banaon, chef de base de l'ONG internationale Oxfam à Bria dans le cadre d'un projet multisectoriel financé par l'Union Européenne.
Si, depuis 2021, l'armée, et surtout Wagner ont repoussé les rebelles et les milices d'une grande partie des deux tiers du pays qu'ils contrôlaient, guérilla et exactions aux abords des villes et sur les axes routiers persistent.
- La guerre -
"C’est la guerre", lâche Pauline Abrou, la cinquantaine, devant sa "maison" de brique d'à peine 2 m2 au PK3. La guerre n'a jamais cessé pour elle, surtout depuis ce jour funeste "vers" fin 2016, quand "tout a basculé".
"Ça crépitait de partout, les maisons étaient pillées et les gens se faisaient tuer, je ne pouvais pas marcher à cause de mon handicap, mais je devais fuir car, sous le coup de la peur, tout le monde m’avait oubliée... Alors j’ai rampé jusqu’au PK3", se souvient-elle.
Pauline a perdu l'usage de ses jambes à 10 ans. En fuyant Bria, elle a dû abandonner le tricycle qui lui servait de fauteuil roulant. Elle se déplace aujourd'hui sur ses avant-bras, même pour se rendre aux latrines communes du camp, dans un état immonde.
Fin 2016, 80 % de la population de Bria a fui les combats meurtriers entre milices rivales, prédatrices des ressources de cette région diamantifère et aurifère.
Nombreux sont ceux qui ont vu leurs maisons pillées et détruites. Les déplacés se sont réfugiés tout près de la base des Casques bleus de l'ONU, à 3 km du centre-ville. Depuis, le PK3 est devenu le plus grand camp de déplacés de Centrafrique.
"Avant, j’étais indépendante, je vivais dans ma maison, mon tricycle me permettait de faire du commerce", se remémore Pauline en égrainant des pistaches sans relâche. "J’aimerais retrouver cette vie mais, sans argent ni logement, comment faire ?", lâche, la tête haute, cette femme qui reste coquette avec son vernis à ongles prune et de jolie boucles d'oreilles dorées. Sa vie est un calvaire mais, le regard malicieux, elle reste souriante. Au PK3, on veut garder sa dignité même quand on a tout perdu.
- Wagner-
Quant au travail, il se fait rare dans cette région agricole et minière. Avant que les soldats et Wagner ne reprennent Bria et ses environs immédiats en 2021, les mines de diamants et d'or étaient aux mains des milices. La plupart sont aujourd'hui exploitées par des sociétés russes liées à Wagner. Plus loin, la forêt et les cultures sont les repaires des rebelles.
L'ONU, les ONG internationales et des capitales européennes, dont Paris, accusent régulièrement le régime du président Faustin Archange Touadéra, menacé par la rébellion jusqu’aux portes de Bangui fin 2020, d'avoir troqué les richesses de son pays contre sa survie et la lutte contre les groupes armés en sollicitant Moscou, qui a dépêché massivement des paramilitaires.
Pour tromper la mort ou la faim, les déplacés du PK3 endurent des conditions de vie souvent terribles, malgré l'aide de l’ONU et des ONG comme Oxfam. "Les défis demeurent dans presque tous les secteurs", déplore Adama Banaon: l'accès à l'eau, l'assainissement, la nourriture, l'éducation... Sans compter les crimes et exactions: "viols, violences contre les femmes et les filles, drogue, alcool...".
Et avec les "nouvelles crises" comme l'Ukraine puis le Soudan, les bailleurs internationaux commencent à être moins sensibles au sort de la Centrafrique, se lamente M. Banaon.
Un "plan de réponse humanitaire" de l'ONU pour 2023, "qui vise à assister 2,4 millions de Centrafricains les plus vulnérables, n'est financé qu'à 24%", déplorait OCHA dans son rapport de mai.
C.AbuSway--SF-PST