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A Dnipro, la cohue des réfugiés ukrainiens en attente d'un train
L'attente, la cohue, les adieux: des milliers de personnes se massaient samedi à la gare de Dnipro, dans le centre de l'Ukraine, pour tenter de prendre un train vers l'ouest et fuir les bombardements russes.
C'était la première fois que des foules de cette ampleur étaient vues en train de quitter Dnipro, où les chaînes officielles affirment que la situation reste sous contrôle.
Les habitants confiaient qu'ils ne voulaient pas attendre que Dnipro devienne "le prochain Kharkiv", la deuxième ville de l'Ukraine dans le nord-est, près de la frontière russe, théâtre de bombardements parmi les plus intenses depuis le début de la guerre.
Outre les habitants de Dnipro, les passagers en transit de Kharkiv et de Zaporojie espéraient monter à bord des trains mais, avec peu d'informations et une énorme demande, certains avouaient attendre depuis déjà des jours.
Les hommes en âge d'être mobilisés, entre 18 et 60 ans, ne peuvent pas quitter l'Ukraine mais beaucoup étaient venus dire adieu à leurs épouses, mères et enfants au moment du départ.
Les familles ont vécu leurs derniers moments ensemble, ne sachant pas quand elles seront à nouveau réunies, partageant des thermos de thé chaud tandis que la neige tombait à gros flocons par une température négative.
"Nous envoyons nos femmes et nos enfants à Lviv, peut-être plus loin, et nous restons ici. Nous essayons de rester positifs mais c'est une situation horrible", décrit Andrey Kyrytchenko, 40 ans, un maçon de Kharkiv.
Le personnel de la gare a déclaré n'avoir aucune information sur l'arrivée des trains ni sur leur destination, même si la plupart des passagers comptait se rendre à Lviv.
Personne ne sait ce qui se passe ni où vont les trains, a avoué un bénévole de santé: "Cela pourrait être Lviv, cela pourrait être Uzhhorod à la frontière slovaque. Nous savons seulement qu'ils iront vers l'ouest".
"Peu m'importe où ma famille se retrouve tant qu'elle est loin de Kharkiv", calcule Nikola Kyrychenkoi, 44 ans, un chauffeur qui compte retourner à Kharkiv une fois ses proches dans le train.
Ses vieux parents, dans l'impossibilité de bouger, y sont restés. "Partout à Kharkiv, il y avait des roquettes non explosées. Nous avons passé presque une semaine dans le sous-sol et je pensais que cela finirait par s'arrêter, mais les attaques continuaient", témoigne-t-il.
Face à la masse de passagers cherchant à quitter la ville, la municipalité a annoncé qu'elle allait installer une barrière spéciale pour protéger la foule, dans un communiqué sur la messagerie Telegram.
Le maire Boris Filatov a appelé les hommes venus dire au revoir à leurs familles à rester loin des quais.
A l'autre bout de l'Ukraine, en visite à un point de passage à la frontière polonaise par lequel des centaines de milliers d'Ukrainiens ont déjà fui, le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a promis plus d'aide pour les réfugiés.
Plus d'un million de personnes ont déjà fui l'Ukraine et le nombre de personnes déplacées dans le pays est aussi estimé à un million.
Y.Zaher--SF-PST