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Dette: Biden et l'opposition achèvent leur rencontre sans accord
Aucun accord n'a été trouvé mardi, après une réunion à la Maison Blanche entre Joe Biden et l'opposition républicaine, pour relever le plafond de la dette et éviter un défaut de paiement inédit des Etats-Unis, aux conséquences potentiellement catastrophiques.
Il reste "beaucoup de travail" avant que les deux parties ne parviennent à s'entendre, a déclaré à la presse, après la rencontre, Kevin McCarthy, responsable républicain de la Chambre des représentants, tenue par une courte majorité conservatrice.
C'est de lui que dépend, en grande partie, le destin financier à court terme des Etats-Unis.
Moins d'une heure plus tôt, au début de la réunion, Joe Biden, la vice-présidente Kamala Harris et les quatre chefs de file du parti démocrate et du parti républicain au Congrès avaient posé pour les photographes dans le Bureau ovale.
Signe que les discussions restent très difficiles, le président américain va écourter une tournée diplomatique majeure en Asie-Pacifique pour se consacrer à ces difficiles discussions sur la dette publique, ont indiqué mardi à l'AFP deux sources proches du dossier.
Il devrait, ainsi, partir comme prévu mercredi pour le sommet du G7 au Japon, mais rentrera directement ensuite, renonçant à se rendre en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Australie.
Dans un contexte de campagne présidentielle, et généralement de grandes tensions politiques, ni le président américain, candidat à un second mandat, ni le ténor conservateur, ne veulent être celui qui cillera le premier.
La Maison Blanche a multiplié les mises en garde sur un possible défaut de paiement, une situation dans laquelle l'Etat fédéral se verrait dans l'incapacité de débourser un seul centime, qu'il s'agisse de payer des salaires, verser des prestations sociales, rembourser ses créanciers.
- Lettre de 140 PDG -
Ce serait "catastrophique" et "dévastateur pour l'Amérique et, pour le dire franchement, le monde entier" a dit Joe Biden dans une vidéo diffusée sur Twitter avant la réunion.
Kevin McCarthy avait déclaré lundi soir, alors que les équipes des deux camps négocient depuis une semaine: "Il n'y a pas de mouvement."
"Nous devons faire quelque chose d'ici la fin de la semaine, et nous n'en sommes pas proches du tout", a-t-il ajouté.
Ce scénario inédit d'un défaut de paiement américain menace dès le 1er juin si aucun accord n'est trouvé au Congrès pour relever le plafond d'endettement public autorisé.
"Nous demandons instamment qu'un accord soit conclu rapidement afin que le pays puisse éviter ce scénario potentiellement dévastateur", exhortent plus de 140 PDG d'entreprises américaines, dont ceux des géants Pfizer, Morgan Stanley, ou encore Goldman Sachs, dans une lettre ouverte envoyée mardi à la Maison Blanche et aux responsables du Congrès.
Le calendrier parlementaire complique encore l'affaire. La Chambre des représentants et le Sénat, qui ensemble composent le Congrès, et qui doivent pareillement voter sur la dette, ne siègent au même moment, jusqu'au 1er juin, que pendant quatre jours.
Le Congrès américain doit régulièrement - c'est une spécificité du pays - relever le plafond maximal d'endettement public.
Or les républicains de Kevin McCarthy refusent de voter en ce sens tant que Joe Biden n'acceptera pas d'importantes coupes budgétaires.
- Plusieurs options -
Officiellement, la Maison Blanche refuse de négocier sur le relèvement du plafond d'endettement, longtemps une procédure de routine et qui ne doit pas, selon Joe Biden, être politisée puisque la dette a été accumulée par des gouvernements des deux bords.
Mais, en réalité, plusieurs options sont sur la table.
Les républicains et les démocrates pourraient ainsi s'entendre pour que plusieurs dizaines de milliards de dollars prévus pour répondre à la pandémie de Covid-19, mais jamais utilisés, soient annulés, de manière à réduire la dépense publique.
En discussion également, selon la presse américaine: les attributions de permis dans le domaine de l'énergie, et le durcissement des conditions d'attribution de certaines prestations sociales.
Cette dernière option suscite l'indignation de certains élus démocrates les plus à gauche, par exemple la sénatrice Elizabeth Warren, qui a dénoncé mardi au Capitole "une tentative pure et simple de priver des gens de prestations dont ils dépendent pour survivre."
M.Qasim--SF-PST