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L'armée russe se rapproche de Kiev pour "décapiter" le pouvoir, selon Washington
L'armée russe, qui a une "supériorité aérienne totale" en Ukraine, se rapprochait de Kiev jeudi avec l'intention de "décapiter le gouvernement ukrainien et d'y installer à la place un gouvernement favorable à Moscou, selon des sources militaires occidentales.
Après avoir tiré plus de 160 missiles sur des objectifs militaires ukrainiens, les forces russes venues du Belarus ont rapidement progressé vers le sud et "se sont rapprochées de Kiev" au cours de la journée, a indiqué un haut responsable du Pentagone.
"Nous estimons que, fondamentalement, ils ont l'intention de décapiter le gouvernement et installer leur propre méthode de gouvernance, ce qui expliquerait cette avancée initiale vers Kiev", a-t-il ajouté.
Selon un haut responsable du renseignement occidental, "les défenses aériennes de l'Ukraine sont maintenant éliminées et ils n'ont plus de force aérienne pour se protéger".
La Russie a désormais une "supériorité aérienne totale" en Ukraine selon cette source.
"Les Russes vont chercher dans les prochaines heures à masser une force écrasante autour de la capitale et la défense revient désormais aux forces terrestres et à la résistance populaire", a expliqué ce responsable.
- "Plus beaucoup de temps" -
Les troupes russes seront massées autour de Kiev "en quelques jours, si ce n'est pas demain matin, au rythme où nous avançons", a-t-il souligné. "Il n'y a plus beaucoup de temps. Je pense que beaucoup va dépendre de la résistance des Ukrainiens".
La Russie a jusqu'ici avancé en territoire ukrainien le long de trois axes: au sud depuis la Crimée jusqu'à la ville de Kherson, sur le Dniepr, au nord depuis le Bélarus vers Kiev, le long de deux routes au nord-est et au nord-ouest de la capitale ukrainienne, et à l'est depuis la ville russe de Belgorod vers la grande ville industrielle de Kharkiv, selon les estimations du Pentagone.
Après avoir évoqué le chiffre de 75 sorties de bombardiers, et 100 tirs de missiles divers, y compris de missiles mer-sol tirés depuis la mer Noire, le haut responsable américain a précisé quelques heures plus tard que le nombre de missiles tirés depuis le début de l'offensive russe était passé à "plus de 160".
"La plupart d'entre eux sont des missiles balistiques de courte portée, mais il y a aussi des missiles de moyenne portée et des missiles de croisière", a-t-il précisé.
"Ils ont aussi largué davantage de parachutistes sur Kharkiv et nous estimons qu'il y a encore des combats intenses" dans cette zone de l'est de l'Ukraine.
Les attaques se sont concentrées sur des objectifs militaires, notamment des bases aériennes et le commandement de l'armée ukrainienne, mais l'objectif est selon le Pentagone de prendre le contrôle des villes clés, notamment la capitale Kiev.
Les forces russes ont notamment attaqué le contrôle de l'aéroport militaire d'Antonov à Gostomel, aux portes de la capitale ukrainienne, où les combats semblaient se poursuivre en fin de journée.
- Renforts américains -
Cet aéroport pourrait devenir un point de rassemblement pour l'armée russe si elle voulait encercler la capitale.
"Si Moscou parvient à le contrôler et parvient à conserver sa supériorité aérienne (ce qui est très possible), ils pourraient certainement utiliser l'aéroport comme un point d'entrée pour attaquer Kiev", a tweeté Michael Horowitz, un expert en sécurité du consultant Le Beck International.
Le haut responsable du Pentagone a souligné que cette offensive était sans précédent depuis plus de 70 ans.
"Nous n'avons jamais vu une manoeuvre de ce genre, d'Etat nation à Etat nation, depuis la Seconde Guerre mondiale, certainement rien de cette ampleur, portée et échelle", a-t-il affirmé.
Jusqu'ici, les Russes ne sont selon lui pas encore entrés dans l'ouest de l'Ukraine et il n'y a toujours "aucune indication" d'une attaque amphibie dans le sud depuis la mer Noire.
Les combats ont fait au moins 137 morts côté ukrainien, a indiqué jeudi le président de l'Ukraine Volodymyr Zelensky, mais le responsable américain n'a pas donné d'estimation des dommages subis par l'armée ukrainienne.
"Nous avons vu des signes selon lesquels ils résistent et contre-attaquent", a-t-il toutefois déclaré.
En outre, les communications du pays semblent fonctionner, a-t-il noté, soulignant qu'une cyberattaque pour les paralyser pourrait survenir lors de la prochaine phase de l'offensive.
Le Pentagone n'a pas confirmé la destruction de plusieurs avions militaires russes, ni la prise de contrôle par l'armée russe de la centrale nucléaire de Tchernobyl.
Mais Washington a annoncé l'envoi de 7.000 soldats américains supplémentaires en Allemagne pour "rassurer les alliés de l'Otan, dissuader une attaque russe et être prêt à soutenir les besoins dans la région".
Ces soldats américains s'ajoutent aux 5.000 militaires déjà envoyés par le président Joe Biden en Allemagne et sur le flanc Est de l'Otan.
Avec les renforts annoncés jeudi, les Etats-Unis auront plus de 90.000 soldats en Europe.
G.AbuHamad--SF-PST