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Biden qualifie de "grave erreur" la suspension de New Start, Poutine renforce les liens avec Pékin
Joe Biden a qualifié mercredi de "grave erreur" la suspension par la Russie de sa participation au traité sur le désarmement nucléaire New Start, tandis que Vladimir Poutine proclamait que les Russes combattaient en Ukraine pour leurs "terres historiques".
Le président russe a dans le même temps tenté de renforcer les liens avec la Chine, dont le chef de la diplomatie Wang Yi effectuait une visite à Moscou. Et ce après que les Etats-Unis et l'Otan eurent exprimé leur inquiétude quant au fait que les Chinois se préparaient, ce qu'ils ont démenti, à fournir à la Russie des armes pour poursuivre son offensive en Ukraine.
Interrogé à Varsovie par un journaliste sur l'annonce de M. Poutine la veille concernant New Start, le président américain a de son côté brièvement répondu : "grave erreur".
Il s'exprimait avant de rencontrer les dirigeants de pays de l'Otan d'Europe centrale et de l'Est (B9, la Bulgarie, la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie), en présence du secrétaire général de l'Alliance atlantique Jens Stoltenberg.
Ce dernier a estimé à cette occasion qu'il fallait "maintenir et intensifier" le soutien à l'Ukraine et lui fournir "ce dont elle a besoin pour l'emporter".
En guise d'introduction à la réunion avec le B9, M. Biden a souligné que les Etats de ce groupe restaient la "ligne de front de notre défense collective".
- "Nos terres historiques" -
Le même jour, Vladimir Poutine a fait une apparition de quelques minutes au stade Loujniki à Moscou où se se déroulait un grand concert patriotique.
"Aujourd'hui, la hiérarchie (militaire) m'a dit que des combats étaient en cours au sein de nos terres historiques pour notre peuple", a-t-il lancé, sur scène, devant des dizaines de milliers de ses compatriotes, certains agitant un drapeau russe.
Il a aussi rendu hommage aux militaires russes déployés en Ukraine qui "se battent avec héroïsme, courage et valeur : nous sommes fiers d'eux".
Et affirmé que tous ceux qui soutenaient l'armée russe étaient "eux aussi des défenseurs de la patrie, d'une certaine façon". Il s'agit "des travailleurs médicaux, des employés du secteur de la défense, des transports (...) Vous tous, qui êtes venus aujourd'hui soutenir nos combattants".
Mardi, il avait prononcé un virulent discours, jurant de poursuivre "méthodiquement" l'assaut déclenché il y a presque un an dans ce pays et accusant les Occidentaux de vouloir "en finir avec nous une bonne fois pour toutes".
Joe Biden lui avait répondu peu après dans la capitale polonaise que l'Occident ne "complotait pas pour attaquer la Russie".
Cependant que quatre-vingt quinze pour cent des Ukrainiens croient en la victoire de leur pays, selon un sondage réalisé début février par l'institut ukrainien Rating Group, qui montre que leur détermination ne diminue pas après un an de guerre.
- Wang Yi à Moscou -
A Moscou, le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi a été reçu mercredi au Kremlin, après s'être entretenu avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
Vladimir Poutine a jugé que les relations russo-chinoises "stabilisaient la situation internationale", en plein suspense autour d'un plan de paix chinois pour l'Ukraine.
La Chine a promis de rendre publique sa proposition de "solution politique" cette semaine, à temps pour le premier anniversaire du déclenchement de l'offensive russe en Ukraine le 24 février 2022.
Pour sa part, Wang Yi a exprimé la volonté de Pékin de "renforcer le partenariat stratégique (...) et la coopération tous azimuts" avec la Russie.
Vladimir Poutine avait marqué mardi les esprits en annonçant la suspension du traité New Start, se disant en outre prêt à renouer avec les essais nucléaires.
Une annonce peu après atténuée par son ministère des Affaires étrangères, selon lequel "la Russie entend conserver une approche responsable et continuera, pendant la durée de vie du traité, à respecter strictement les limites quantitatives des armes stratégiques offensives".
Signé en 2010, ce traité est le dernier accord bilatéral du genre liant Russes et Américains et vise à limiter leurs arsenaux nucléaires. La Russie avait déjà déclaré début août suspendre les inspections prévues sur ses sites militaires.
De son côté, le patron du groupe paramilitaire russe Wagner a exhorté mercredi les Russes à faire pression sur l'armée pour fournir des munitions à ses hommes, un appel inédit qui illustre l'ampleur des tensions entre les mercenaires et l'état-major russe.
burx/sw/bds
Q.Jaber--SF-PST