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Retraites: Macron s'en prend aux oppositions, près de 11.000 amendements encore à examiner
A deux jours de la fin des débats sur la réforme des retraites à l'Assemblée et à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation, Emmanuel Macron s'en est pris mercredi vigoureusement aux oppositions alors que près de 11.000 amendements restaient à examiner.
"Les oppositions n'ont plus de boussole et sont totalement perdues", a affirmé en Conseil des ministres le chef de l'Etat, très discret en public sur le projet-phare de son second quinquennat, selon deux participants qui ont confirmé à l'AFP des propos rapportés par Le Figaro.
Et l'incertitude grandit sur les chances d'examen de l'article 7 sur le recul à 64 ans de l'âge de départ, mesure-phare du texte.
Mercredi soir, La France insoumise a retiré "plus d'un millier d'amendements" et les socialistes "90% des leurs", d'après une source parlementaire.
Mais il en reste encore près de 11.000 à examiner sur l'ensemble du projet alors que l'examen en première lecture doit s'achever vendredi à minuit avant que le texte ne parte au Sénat.
"L'objectif, c'est de passer au vote, nous espérons le plus vite possible, sur ce fameux article 7", a expliqué le député PS Philippe Brun, jugeant qu'il y avait "une majorité possible dans l'hémicycle pour voter contre".
Du côté des communistes, le député André Chassaigne a déploré "une alliance de fait sur l’article 7: les Républicains ne veulent pas d’un vote, ni les oppositions et même pas le gouvernement, qui gagne du temps dès qu’il peut".
En attendant, Marine Le Pen a déposé une motion de censure avec le groupe Rassemblement national "afin que les députés opposés" à la réforme "puissent exprimer leur rejet de ce texte".
La motion devra être débattue et soumise au vote dans un délai compris entre 48 heures après son dépôt - soit vendredi en fin d'après-midi - et trois jours de séance - soit le mercredi 1er mars, puisque l'Assemblée suspend ses travaux la semaine prochaine.
Les autres groupes ont aussitôt exclu de la voter. "On ne collabore pas, d'aucune manière, avec un parti d'extrême droite", a affirmé Sandrine Rousseau (EELV) sur LCP. Il est "hors de question pour nous d'être assimilés à une force coagulée à l'extrême droite", a affirmé sur RTL Clémentine Autain (LFI).
Le patron des députés LR Olivier Marleix a dénoncé un "théâtre" pour "cacher la vacuité" des propositions du RN, et le député Renaissance Benjamin Haddad "une diversion vraiment acrobatique" du parti qui "n’a pas su proposer la moindre idée, la moindre contribution constructive" au débat.
Les débats ont concerné une série d’amendements sur le rétablissement de l’ISF (impôt sur la fortune) ou la taxation des superprofits.
Des tensions sont apparues à gauche sur la stratégie de La France insoumise consistant à ralentir les débats avec ses milliers d'amendements.
Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger et son homologue de la CGT Philippe Martinez ont souhaité que les discussions et le vote puissent avoir lieu sur le report de l'âge.
Pour aplanir ces divergences, les dirigeants de la Nupes et de plusieurs syndicats devaient se retrouver à Paris, une rencontre finalement reportée sine die après des fuites dans la presse.
- Chaud et froid -
Concernant l'index senior, "le gouvernement souhaite que cet article puisse être restauré lors de l'examen du texte au Sénat", a assuré le porte-parole du gouvernement Olivier Véran.
Il estime "en toute logique" que les récentes annonces faites par la Première ministre Elisabeth Borne sur les carrières longues "devraient rassembler une large majorité de parlementaires".
Mais le patron des LR Eric Ciotti a soufflé le chaud et le froid. Il a rappelé l'appui de son parti à cette "nécessaire" réforme tout en justifiant le rejet la veille de l'article "alibi" sur l'index senior.
L'intersyndicale prévoit une nouvelle journée de mobilisation jeudi et menace de mettre le pays "à l'arrêt" le 7 mars si le gouvernement ne renonce pas à son projet.
Lancée en janvier, une pétition des huit syndicats unis contre la réforme a atteint mercredi le cap symbolique d'un million de signatures, selon la plateforme change.org.
Jeudi, les numéros un de l'intersyndicale défileront à Albi, symbole de cette France des petites villes très mobilisée contre le texte. A Paris, une manifestation partira de Bastille vers la place d'Italie.
Après 963.000 manifestants samedi selon les autorités (plus de 2,5 millions selon les syndicats), l'affluence devrait être moindre jeudi. Une source policière tablait sur 450 à 650.000 personnes, dont 40 à 70.000 à Paris.
Les perturbations s'annoncent limitées dans les transports, avec 4 TGV sur 5 et un trafic normal dans le métro parisien. Seul 1 TER sur 2 circulera et 30% des vols à Orly seront annulés.
E.Qaddoumi--SF-PST