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Nouvelle attaque palestinienne à Jérusalem après une fusillade près d'une synagogue
Un père et son fils ont été blessés par balles samedi par un adolescent de 13 ans dans une nouvelle attaque palestinienne à Jérusalem-Est, au lendemain d'une fusillade ayant fait sept morts près d'une synagogue.
Ces violences surviennent sur fond de brusque escalade du conflit israélo-palestinien depuis jeudi, après la mort de neuf Palestiniens parmi lesquels des combattants et une sexagénaire, lors d'un raid de l'armée israélienne à Jénine, dans le nord de la Cisjordanie occupée.
Les forces israéliennes ont été placées en état d'alerte maximale, alors que les appels à la retenue se sont multipliés en provenance de l'étranger et le secrétaire d'Etat Antony Blinken est attendu à Jérusalem et Ramallah lundi et mardi pour évoquer des mesures en vue d'une désescalade.
Les deux attaques n'ont pas été revendiquées. Celle de vendredi perpétrée près d'une synagogue à Jérusalem-Est, à l'heure de la prière de début du shabbat et au soir de la journée mondiale à la mémoire des victimes de la Shoah, a suscité une vague d'indignation en Europe et aux Etats-Unis, ainsi que la condamnation de gouvernements arabes entretenant des liens avec Israël, comme l'Egypte, la Jordanie ou les Emirats arabes unis.
Samedi matin, un Palestinien de 13 ans a blessé par balles un père et son fils à proximité du site archéologique de la Cité de David, dans le quartier palestinien de Silwan à Jérusalem-Est, la partie orientale occupée et annexée par Israël, a indiqué la police israélienne.
Les deux blessés sont un homme de 23 ans et un autre de 47 ans touchés "par balles dans le haut du corps", selon le Magen David Adom, équivalent israélien de la Croix-Rouge.
- "Entièrement responsable" -
Quelques heures avant cette nouvelle attaque, la police a annoncé l'arrestation de 42 suspects en lien avec l'attentat de vendredi soir à Neve Yaakov, un quartier de colonisation juive, qui a fait sept morts dont l'identité n'a pas été précisée par la police.
L'assaillant, un Palestinien de 21 ans vivant à Jérusalem-Est, a été abattu après une course-poursuite en voiture et une fusillade avec des policiers, a indiqué la police sans fournir son identité.
Mais selon des médias israéliens et palestiniens, il s'agit de Khayri Alqam, dont le nom et la photo font l'objet de nombreuses louanges sur des comptes en arabe sur les réseaux sociaux.
Après l'attentat vendredi soir, l'un des plus sanglants à Jérusalem depuis des années, des dizaines d'Israéliens ont accueilli le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux cris de "Mort aux Arabes!"
En revanche, la nouvelle de l'attaque a été suivie par des scènes de liesse à Ramallah en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, et à Gaza, enclave palestinienne sous blocus israélien depuis plus de 15 ans.
Qualifiant cette attaque de crime "particulièrement abject", le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a dit être "profondément inquiet de l'escalade de la violence" et jugé qu'il était "temps de faire preuve de la plus grande retenue".
L'Autorité palestinienne s'est abstenue de la condamner et jugé qu'Israël était "entièrement responsable de la dangereuse escalade".
- Nouvelle Intifada ? -
La fusillade de Neve Yaakov est survenue au lendemain d'un raid de l'armée israélienne ayant coûté jeudi la vie à neuf Palestiniens à Jénine en Cisjordanie, présenté par Israël comme une action préventive contre une cellule du groupe armé palestinien Jihad islamique.
En représailles, des roquettes ont été tirées ensuite vers Israël à partir de la bande de Gaza, territoire contrôlé par le mouvement islamiste Hamas.
Israël a répliqué par des frappes aériennes contre "une usine souterraine de fabrication de roquettes" du Hamas à Gaza, selon l'armée. Aucune victime n'a été recensée.
Le député israélien d'opposition Mickey Levy, membre du parti centriste de l'ex-Premier ministre Yaïr Lapid, a dit craindre que "ce qui est arrivé il y a 20 ans (soit en train de commencer) à se produire maintenant" dans une référence à la Seconde Intifada, le soulèvement palestinien de 2000 à 2005.
"Nous devons nous poser et réfléchir à la façon dont nous pouvons agir pour mettre un terme à la situation", a-t-il dit à l'AFP alors que la coalition de M. Netanyahu regroupant des partis d'extrême droite et ultraorthodoxes juifs prône la manière forte contre les Palestiniens et la poursuite de l'occupation en Cisjordanie.
N.Awad--SF-PST