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Appels à une trêve en Ukraine avant la fête de Noël orthodoxe
Des appels à un cessez-le-feu en Ukraine se faisaient entendre en Russie comme à l'étranger jeudi, moins d'une semaine après une frappe ukrainienne particulièrement meurtrière qui a provoqué la mort d'au moins 89 soldats russes dans l'est.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a ainsi exhorté son homologue Vladimir Poutine à mettre en place un "cessez-le-feu unilatéral" en Ukraine.
"Les appels à la paix et aux négociations entre Moscou et Kiev devraient être soutenus par un cessez-le-feu unilatéral", a déclaré le chef de l'Etat turc à M. Poutine au cours d'un entretien téléphonique, selon un communiqué transmis par la présidence turque.
M. Poutine a répondu que la Russie était prête à un "dialogue sérieux" avec l'Ukraine à condition que celle-ci se plie aux exigences russes et accepte les "nouvelles réalités territoriales" nées de l'invasion de ce pays en février.
Moscou a revendiqué en septembre l'annexion de quatre régions occupées au moins partiellement par son armée en Ukraine, malgré une série de revers militaires sur le terrain, et sur le schéma de celle de la péninsule ukrainienne de Crimée en mars 2014.
Le président Volodymyr Zelensky refuse pour sa part de négocier avec Vladimir Poutine, insistant sur l'objectif du retour de tous les territoires occupés dans le giron de Kiev par la voie militaire.
A l'occasion de ses discussions avec M. Erdogan, M. Poutine a en outre une nouvelle fois dénoncé le "rôle destructeur des pays occidentaux" dans le conflit du fait de leurs livraisons d'armes, cruciales pour l'effort de guerre ukrainien.
Membre de l'Otan, la Turquie ne s'est pas associée aux sanctions contre la Russie et tente de maintenir une position de médiateur entre Kiev et Moscou. Elle a ainsi joué un rôle-clé en particulier dans l'accord permettant l'exportation des céréales ukrainiennes.
- Appels de l'Eglise -
En Russie, c'est le patriarche de l'Eglise orthodoxe russe Kirill, proche de Vladimir Poutine, qui a appelé à une trêve à l'occasion de la fête de Noël orthodoxe, célébrée samedi.
"Moi, Kirill, patriarche de Moscou et de toutes les Russies, je m'adresse à toutes les parties impliquées dans le conflit fratricide pour les appeler à instaurer un cessez-le-feu et sceller une trêve de Noël", a-t-il déclaré dans un message posté sur le site internet de l'Eglise.
Il a appelé déposer les armes de 12H00 (10H00 GMT) le 6 janvier à 00H00 le 7 janvier (22H00 GMT le 6 janvier).
Cette trêve doit selon lui permettre aux orthodoxes de pouvoir "assister aux offices de la veille et du jour de Noël" en Ukraine.
Ce message risque toutefois de n'avoir que peu d'impact en Ukraine, où l'influence du patriarcat de Moscou a fané ces dernières années, ce pays s'étant notamment doté en 2018-2019 d'une Eglise indépendante de la tutelle religieuse de la Russie.
Et l'Eglise qui était restée fidèle à Moscou a rompu ses liens avec la Russie en mai, même si plusieurs de ses dignitaires restent accusés de prises de position prorusses.
Un conseiller de la présidence ukrainienne, Mikhaïlo Podoliak, a ainsi qualifié sur Twitter l'appel à la trêve du patriarche Kirill de "piège cynique" et d'"élément de propagande".
- Prisonniers russes libérés -
Ces appels à une trêve interviennent après une frappe ukrainienne dans la nuit du Nouvel An qui a fait au moins 89 morts à Makiïvka, dans l'est de l'Ukraine. Un bombardement particulièrement meurtrier que l'armée russe a dû reconnaître, fait extrêmement rare, et qui a suscité des critiques en Russie à l'encontre du commandement militaire russe.
Selon la presse russe, le bâtiment réduit en poussière par une frappe de HIMARS, une arme fournie par les Etats-Unis, abritait des centaines de mobilisés, donc des soldats non professionnels.
Sur le front en Ukraine, les combats se poursuivaient jeudi notamment à Bakhmout, une ville que les troupes russes épaulées par les mercenaires du groupe Wagner tentent de prendre depuis l'été, au prix de grandes destructions et de lourdes pertes apparentes dans les deux camps.
Selon le bilan quotidien de la présidence ukrainienne, cinq personnes ont été tuées et huit blessées ces dernières 24 heures. Parmi les morts figure un sapeur tué au cours d'une opération de déminage près de Kharkiv (nord-est).
Le patron du groupe Wagner, le sulfureux homme d'affaires Evguéni Prigojine, a quant à lui annoncé jeudi les premières amnisties de prisonniers russes ayant accepté de combattre en Ukraine et notamment à Bakhmout.
Mardi, M. Prigojine avait assuré que les forces russes s'y battaient parfois "plusieurs semaines pour chaque maison", transformées en "forteresses".
O.Salim--SF-PST