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En Italie, le premier sanctuaire marin pour dauphins d'Europe bientôt opérationnel
Un refuge en pleine mer pour dauphins ayant vécu en captivité, très attendu à l'heure où se multiplient les fermetures de zoos marins en Europe, devrait accueillir en 2026 ses premiers pensionnaires dans le sud de l'Italie.
"Pour nous, il est essentiel de créer un modèle de nouvelle gestion des dauphins dans un environnement naturel mais toujours contrôlé", explique à l'AFP Carmelo Fanizza, le responsable du "San Paolo Dolphin Refuge".
Situé au large de la ville de Tarente, dans la région des Pouilles, le refuge, premier sanctuaire marin de ce type en Méditerranée, doit encore obtenir une ultime autorisation interministérielle afin de pouvoir accueillir ses premiers dauphins.
Mais le site est prêt: les installations en pleine mer seront achevées d'ici la fin de l'année et les premiers pensionnaires pourraient arriver "en mai ou juin 2026 au plus tard", selon Carmelo Fanizza.
Les fermetures de zoos marins se sont multipliées ces dernières années en Europe et ailleurs, conséquence d'une désaffection croissante du public, tandis qu'une nouvelle législation, notamment en France et au Canada, interdit désormais la captivité des cétacés.
Le devenir de ces animaux, qui peuvent vivre plusieurs dizaines d'années et n'ont pour la plupart connu que la captivité, rendant impossible leur retour à l'état sauvage, est devenue une question brûlante entre militants de la cause animale et gouvernements.
En gestation depuis 2018, le projet du "San Paolo Dolphin Refuge" a été officiellement lancé en décembre 2023 après l'obtention auprès de l'Etat italien d'une concession maritime pour son implantation sur une zone de sept hectares dans le golfe de Tarente, à proximité de l'île de San Paolo.
L'endroit a été choisi au terme d'études poussées ayant permis d'identifier un site "abrité et protégé de la mer, des vents et des courants marins dominants", détaille M. Fanizza, qui assure que ses "conditions environnementales" sont optimales.
Ville côtière industrielle, Tarente a été éclaboussée ces dernières années par un scandale de pollution lié à la présence sur le territoire de l'une des plus grandes aciéries d'Europe, l'ex-Ilva, qui fonctionne aujourd'hui au ralenti dans l'attente d'un repreneur.
"Des améliorations ont été apportées aux installations, de sorte qu'actuellement, la qualité de l'air respirable, de la colonne d'eau et des sédiments dans la zone ne présente aucun risque pour la santé des animaux", assure Carmelo Fanizza.
La construction du refuge de San Paolo a été financée en grande partie par les fonds propres de la Jonian Dolphin Conservation, organisme de recherche portant l'initiative, avec le soutien complémentaire de mécènes privés - notamment la "Fondation avec le Sud" - , et de fonds publics européens.
Son coût de fonctionnement a été estimé entre 350.000 et 500.000 euros par an.
- Milieu naturel -
Etant donné "les mètres carrés de surface maritime disponibles, nous pourrions accueillir légalement en Italie un maximum de 17 animaux" mais "le nombre ne sera absolument pas celui-là", prévient Carmelo Fanizza, qui insiste sur l'importance du bien-être des dauphins.
"Notre objectif à ce stade n'est pas de prendre un grand nombre d'animaux, mais d'identifier un groupe qui, étant donné (...) ses conditions médicales, son comportement, son groupe social, pourrait être idéal pour initier un tel projet", poursuit-il.
Située à environ 4 km de la côte, la structure se compose de plusieurs bassins naturels formés de pontons flottants en surface et de filets de clôture sous-marins: un bassin principal de 1.600 m2, un bassin plus petit pour les éventuels transferts des animaux, et enfin un bassin vétérinaire pour les cas de quarantaine.
Un laboratoire flottant, des logements pour le personnel assurant une surveillance 24h/24 et une zone pour la préparation de la nourriture complètent la partie en mer.
Le site est également doté d'un système de vidéosurveillance, à la fois sous-marin et en surface, ainsi que d'une série de capteurs en mer, qui transmettent en continu des données à la salle de contrôle du refuge, située sur la terre ferme, à Tarente.
"Il n'y a pas plus riche que le milieu naturel", abonde Muriel Arnal, présidente de l'association française de défense des animaux One Voice, qui milite depuis des années pour la création de sanctuaires marins destinés aux cétacés, et soutient notamment un autre projet - pour orques et bélugas - en Nouvelle-Ecosse (est du Canada).
Selon elle, l'Europe compte actuellement une soixantaine de dauphins en captivité, sans présager des décès ou naissances à venir.
"Une fois qu'on a un modèle qui fonctionne bien, on peut le dupliquer", complète-t-elle, espérant que le refuge de San Paolo pourra accueillir des dauphins français.
L.AbuTayeh--SF-PST