-
Face aux attaques contre hôpitaux et secouristes, quels leviers pour les humanitaires ?
-
Fusillade d'Aubagne: le suspect de 14 ans reconnaît les faits mais conteste "avoir voulu tuer"
-
Procès Nord Stream : pour la défense, les gazoducs étaient une "arme" de la Russie
-
A Dublin, Européens et patrons de la tech appellent au sursaut pour rendre l'IA sûre
-
Journaliste arrêté par Moscou : Tokyo demande des explications à la Russie
-
La série "Girls" va faire son retour, toujours sur HBO
-
Les Houthis du Yémen revendiquent une attaque contre Aramco en Arabie saoudite
-
GSK envisage de supprimer 1.200 emplois en Belgique
-
Incendies en Indonésie : pollution "très élevée" à Singapour, écoles fermées au Timor oriental
-
Nouvelles frappes russes contre l'Ukraine, qui s'inquiète du soutien de Washington
-
Sao Tomé: l'île chocolat développe sa culture de vanille
-
Tennis : le showman Monfils tire sa révérence en toute discrétion
-
L'aviation manque de solutions "vertes" quand grimpe le prix du kérosène
-
Le mont Blanc mesuré à 4.807,47 mètres, 1,88 mètre de plus qu'en 2023, selon des géomètres-experts
-
De Paris à Bangkok, des Israéliens rentrent voter pour "l'avenir" du pays
-
Le pape entame sa convalescence dans l'incertitude après le retrait d'un nodule cancéreux
-
Trump annonce une "exploration pétrolière, gazière et minière massive" en préparation "dans notre Groenland"
-
Toujours des blocages au lendemain de la cinquième journée de mobilisation lycéenne
-
Incendies en Indonésie : bataille devant la justice pour un air plus pur
-
Journaliste arrêté par Moscou : Tokyo convoque l'ambassadeur russe
-
De nouvelles explosions entendues dans la capitale saoudienne
-
Soupçons de viols sur des adolescentes: Cauet interrogé par des juges d'instruction
-
Un officier ukrainien jugé en Allemagne pour le sabotage des gazoducs Nord Stream
-
"Ma vie s'est arrêtée" : au Danemark, l'attente sans fin des candidats à la nationalité
-
Tennis : le Français Gaël Monfils officiellement "retraité" depuis le 5 octobre (antidopage)
-
Soupçons d'entrave à la concurrence: Sanofi échappe à une amende de l'UE
-
Dette de la France : la hausse des taux d'emprunt, un "signal d'alarme" pour le ministre français de l'Économie
-
Matriochka, Storm-1516 : les méthodes rodées de la désinformation russe
-
Ouverture jeudi d'un nouveau pont entre Chine et Corée du Nord
-
Frappes en Ukraine, Zelensky accuse Poutine de "mépris" envers Trump
-
L'essayiste Natacha Polony se lance dans la course à l'Elysée
-
Publicités frauduleuses: les médias norvégiens menacent Meta de poursuites
-
Le Vietnam exhume les corps de plus de 700 soldats pour identifier ses disparus de guerre
-
La déforestation ralentit dans le monde, mais pas en Afrique centrale
-
Taïwan prêt à investir 4,4 milliards dans un projet de gazoduc en Alaska promu par Trump
-
L'ONU met l'UE en garde contre une aide internationale rabotée dans son prochain budget
-
A Moscou, Ivan Deforge, le dresseur français qui murmure à l'oreille des bisons
-
Trump annonce qu'une "exploration pétrolière, gazière et minière massive" se prépare "dans notre Groenland"
-
"Des affaires tests": pourquoi Shell est sommé de payer la facture de catastrophes climatiques
-
Toujours des blocages de lycées au lendemain de la cinquième journée de mobilisation
-
En Thaïlande, des villages inondés volontairement pour protéger la capitale
-
Journaliste arrêté par Moscou : Tokyo veut convoquer l'ambassadeur russe
-
La Chine vers un excédent commercial record en 2026
-
Ligue des champions : Manchester City-PSG, des étoiles et un gros nuage
-
Mondiaux de cyclisme sur piste : Coquard/Thomas, "un rêve en commun"
-
Budget: le gouverneur de la Banque de France appelle le monde politique à "prendre (ses) responsabilités"
-
Budget de la France: "il faudra du temps" pour restaurer la confiance, avertit le FMI
-
Journaliste arrêté en Russie : Tokyo demande un "traitement impartial"
-
Micro caché chez OpenAI : un ingénieur saoudien inculpé, Washington invoque la sécurité nationale
-
Expulsion de deux agents nigériens par la France: Niamey dénonce "un acte d'ingratitude grave"
Dans cet archipel riche en coraux, la Grèce interdit la pêche au chalut, un exemple en Europe
L'aube rougeoie sur le minuscule archipel grec de Fournoi, riche en coraux, tandis que le caïque en bois de Manolis Mytikas fend les eaux calmes du petit port avec à son bord les quelques poissons piégés dans ses filets.
Sa modeste prise attire rapidement les îliens en quête de poisson frais, rare depuis des années au large de ce chapelet d'îles dans le nord-est de la mer Egée qui compte moins de 1.500 habitants au total.
"Aujourd'hui, on était deux à sortir en mer, on a eu un peu de poisson par chance", explique à l'AFP ce pêcheur de 76 ans à la peau tannée par le soleil méditerranéen.
"Hier, on a gagné 30 euros. Avant-hier, pas un sou. On n'a même pas de quoi manger parfois!"
Pourtant, dans le petit port de Fournoi, l'espoir renaît.
Fin mai, le gouvernement grec a interdit la pêche au chalut de fond dans les eaux de Fournoi et de six îlots inhabités proches pour protéger des récifs coralliens d'une exceptionnelle richesse récemment identifiés.
Plus généralement, la Grèce va interdire le chalutage de fond dans les parcs marins nationaux d'ici 2026, et dans l'ensemble des aires marines protégées d'ici 2030, devenant ainsi le premier pays en Europe à prendre une mesure de cette envergure.
Car la réalité des aires marines protégées dans le monde, qui figure parmi les sujets clés de la 3e conférence de l'ONU sur l'océan (Unoc 3) qui s'ouvre à Nice la semaine prochaine, est que la pêche y est généralement autorisée, y compris souvent par des chalutiers.
- "Bulldozers" -
"Enfin!", s'exclame M. Mytikas qui ne décolère pas face aux ravages perpétrés par le chalutage qui consiste à racler les fonds marins avec un immense filet en entonnoir.
Ils "ont ravagé la mer. Ils labourent les fonds marins et détruisent tout", s'emporte-t-il tandis que son collègue Vaguelis Markakis, 58 ans, compare ces bateaux à "des bulldozers".
"Si on les empêche de venir ici, notre mer pourra revivre!", assure M. Mytikas.
"La mer sera à nouveau pleine de poissons!", s'enthousiasme également M. Markakis alors que les pêcheurs de Fournoi affirment que les chalutiers pêchent dans leurs eaux.
L'enjeu de cette interdiction est également environnemental.
Les recherches menées dans cet archipel par les ONGs Under the Pole, qui organise des expéditions de plongée en milieu extrême, et Archipelagos, en collaboration avec des institutions scientifiques européennes, ont mis en évidence l’existence de véritables forêts animales sous-marines.
A entre 60 et 150 mètres de profondeur, en basse lumière, les scientifiques ont recensé plus de 300 espèces benthiques, c'est-à-dire qui vivent au fond des eaux.
"Ce que nous avons découvert dépasse l'imagination", assure Anastasia Miliou, hydrobiologiste et directrice scientifique d’Archipelagos. "De vastes récifs coralliens vieux de plusieurs milliers d'années, encore intacts."
- Forêts sous-marines -
Ces espèces animales, "lorsqu'elles se développent à forte densité, forment de véritables forêts sous-marines", explique également Lorenzo Bramanti chercheur au Laboratoire d'écogéochimie des environnements benthiques du CNRS.
Or "ces habitats sont extrêmement sensibles. Un passage de chalut suffit à les raser", alerte Stelios Katsanevakis, professeur d'océanographie à l'Université de l'Egée.
Et les dégâts s'avèrent "potentiellement irréversibles", ajoute M. Bramanti. Car "une fois détruites, ces forêts peuvent mettre des décennies, voire des siècles à se reconstituer".
"Personne ne doute que la déforestation est une catastrophe écologique, il en va de même pour les forêts animales", insiste-t-il.
En interdisant la pêche au chalut de fond autour de Fournoi, il espère que la Grèce va servir d'"exemple aux autres pays méditerranéens".
"Nous devons agir rapidement car il s'agit des derniers écosystèmes encore épargnés par le changement climatique" car situés à des profondeurs supérieures à 70 mètres, insiste encore Lorenzo Bramanti.
Mais du côté des professionnels de la pêche industrielle, la colère gronde.
En Grèce, environ 220 chalutiers de fond sont en activité. Leurs représentants estiment que les restrictions à leur activité s'accumulent sans la moindre concertation.
Ces décisions "se fondent sur des rapports d'organisations bénévoles (...) qui manquent de rigueur scientifique", estime Kostas Daoultzis, vice-président de l'Union des armateurs de pêche au chalut de fond et président des armateurs de chalutiers mécanisés de Nea Michaniona, près de Thessalonique (nord).
"Les consommateurs en pâtiront: les prix du poisson vont exploser", juge-t-il.
Selon lui, les chalutiers évitent déjà les zones coralliennes, où leurs engins risquent d'être endommagés. Mais il ne s'est pas exprimé spécifiquement concernant la zone de Fournoi.
D.Khalil--SF-PST