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Des tempêtes d'une rare violence font 47 morts en Afghanistan
Au moins 47 personnes ont été tuées et 350 blessées par des tempêtes et pluies d'une rare violence qui ont dévasté lundi des quartiers entiers de la ville de Jalalabad et des villages environnants, ont annoncé mardi les autorités de l'est de l'Afghanistan.
Un précédent bilan faisait état de 35 morts et 230 blessés. Mais un responsable provincial avait prévenu que le nombre de victimes dans la province de Nangarhar allait augmenter, un nouveau drame dans ce pays très affecté par les changements climatiques.
Annonçant ce nouveau bilan sur X, Saifullah Khalid, le responsable de l'Autorité de gestion des crises de Nangarhar, a ajouté que les tempêtes et précipitations avaient détruit 400 habitations, endommagé une soixantaine de pylônes électriques et dévasté de nombreuses récoltes.
Quelque 150 personnes reçoivent toujours des soins à l'hôpital au lendemain des violentes intempéries, a-t-il précisé.
L'électricité n'était toujours pas totalement rétablie mardi dans la grande ville de Jalalabad, capitale de la province de Nangarhar, voisine du Pakistan.
Un porte-parole du ministère de la Santé a expliqué que des organisations humanitaires internationales se coordonnaient pour venir en aide aux blessés et empêcher la propagation d'épidémies dans la région sinistrée.
- 11 morts d'une même famille -
Dans le village de Charbagh Safa, dans le district de Surkh Rod, de nombreux habitants avaient été transportés à l'hôpital ou évacués après la destruction de leur habitation, a constaté un journaliste de l'AFP.
Quasiment toutes les maisons ont vu leur toiture emportée et leurs murs s'effondrer. Les rares habitations encore debout étaient lézardées de fissures et menaçaient de s'écrouler.
Le peu d'habitants encore sur place étaient encore choqués par la puissance des intempéries de la veille, ou très abattus.
"Avec la violente tempête, la pluie et la grêle d'hier, les murs se sont écroulés sur 14 personnes (...) et 11 d'une même famille ont été tuées", a déclaré à l'AFP Samiullah Raeeskhil, un habitant de Charbagh Safa.
"Quand on est arrivés, les morts et les blessés étaient tous sous les gravats", a-t-il ajouté, expliquant que cette maison était une habitation précaire, ses occupants étant "dans une situation économique très difficile". Les survivants "ont tout perdu", a-t-il dit.
Sajidullah a perdu plusieurs membres de sa famille, dont sa fille et un frère, dans cette même maison où les victimes se trouvaient dans deux pièces différentes. Au moment de la catastrophe, il était dans une boutique du village.
"J'ai couru sur place", raconte-t-il, "des gens du village et des environs étaient déjà là. On a essayé d'appeler des ambulances mais il n'y avait pas de réseau".
"La rivière (du village) débordait alors on était isolés. Les blessés sont morts faute d'avoir pu arriver à temps à l'hôpital", poursuit le villageois.
- Risques épidémiques -
Dans cette zone, les arbres ont été déracinés ou n'ont plus aucune feuille, les récoltes ont été détruites par les pluies ou par les tempêtes.
Des panneaux solaires ou d'autres équipements ont été retrouvés des kilomètres plus loin. Des habitants enterraient leurs animaux morts loin des maisons, afin d'éviter les risques de propagation de maladies.
Nazar Aab, un habitant du même village de Charbagh Safa, a déclaré: "Personne n'est venu distribuer de l'aide".
L'Afghanistan a enregistré ces derniers mois des crues catastrophiques, qui ont notamment fait à la mi-mai au moins 66 morts dans la province de Faryab (nord) et 55 dans celle Ghor (ouest).
La province de Baghlan (nord) avait connu le 10 mai des crues subites extrêmement dévastatrices ayant fait au moins 300 morts et de très nombreux disparus, ainsi que des dégâts matériels considérables.
L'Afghanistan avait connu un printemps anormalement pluvieux, après un hiver exceptionnellement sec.
Ce pays figure parmi les plus pauvres du monde, les habitations y sont souvent bâties avec des matériaux de piètre qualité ou en terre battue, et les secours y souffrent d'un cruel manque de moyens financiers.
Y.Zaher--SF-PST