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Biden limite les investissements dans l'IA en Chine, et vante une renaissance industrielle américaine
Joe Biden a signé mercredi un décret qui limite les investissements dans l'intelligence artificielle et d'autres technologies en Chine, a annoncé la Maison Blanche au moment où le président vantait sa politique industrielle lors d'une visite au Nouveau Mexique.
Le décret prévoit que les entreprises américaines ne pourront plus investir librement à l'étranger dans les technologies les plus avancées, comme l'intelligence artificielle (IA) ou l'ordinateur quantique, si cela concerne des "pays problématiques", notamment la Chine, a annoncé le département du Trésor.
Cette décision, au nom de la défense "de la sécurité nationale" américaine, répond à la crainte de l'administration Biden de voir la Chine profiter des investissements américains en terme de transfert de technologies mais aussi via de l'accompagnement dans la mise en place de lignes de production, des échanges de connaissances et d'accès aux marchés.
Au même moment, Joe Biden était au Nouveau-Mexique pour vanter sa politique industrielle, et assurer le service après-vente de ses deux grands plans d'investissements, dont le "CHIPS and Science Act", qui fête son premier anniversaire, et doit ramener sur le sol américain la fabrication des semi-conducteurs.
"Où est-il écrit que l'Amérique ne peut plus être première de nouveau dans l'industrie manufacturière? Parce que c'est exactement ce que nous allons faire", a promis le démocrate de 80 ans, qui brigue un second mandat à la Maison Blanche.
- "Quand je pense climat, je pense emplois" -
Son autre plan d'investissements, l'"Inflation Reduction Act", est un pharaonique projet de transition énergétique promulgué le 16 août 2022.
A chaque fois, la même logique: faire couler à flots les subventions, multiplier les incitations fiscales afin d'encourager la production et le développement, aux Etats-Unis, aussi bien des voitures électriques que des semi-conducteurs du futur.
Cette politique de souveraineté industrielle décomplexée bouscule les alliés traditionnels des Etats-Unis. Tant pis, car Joe Biden a d'autres priorités.
Sur le plan national, il lui faut regagner, au moins un peu, le vote ouvrier capté par son prédécesseur Donald Trump. Sur le plan diplomatique, la priorité est de tenir tête à la Chine, à tous les niveaux: militaire, économique, technologique.
Au Nouveau-Mexique, Joe Biden a inauguré la construction d'une ligne de fabrication de tours éoliennes du groupe Arcosa, qui prend le relais d'un fabricant de vaisselle jetable et d'une usine de structures plastiques qui ont fait faillite.
"Quand je pense climat, je pense emplois. Je ne pense pas à tous les dangers, (...) mais aux emplois (qui vont être créés, NDLR) pour remédier au problème", a déclaré le président.
Le président américain, après une étape mardi au Grand Canyon portant plutôt sur l'environnement, s'est consacré cette fois à l'emploi et l'économie, autres sujets incontournables dans la perspective de l'élection présidentielle de 2024.
"Le trimestre dernier, la construction d'usines a plus contribué au produit intérieur brut qu'à n'importe quel moment en 40 ans. Au lieu d'exporter des emplois américains, nous créons des emplois américains et nous exportons des produits américains", a encore souligné le démocrate.
- "Restaurer le rêve américain" -
"Bidenomics (politique économique de Joe Biden, NDLR) est juste une autre façon de dire +restaurer le rêve américain+", a encore dit Joe Biden. Un clin d'oeil à Donald Trump, qui promet, avec son slogan, de "rendre à l'Amérique sa grandeur".
L'exécutif américain assure que depuis la signature du "Inflation Reduction Act" - ainsi nommé parce qu'au moment de sa promulgation, l'Amérique courbait l'échine sous une flambée des prix - quelque 110 milliards de dollars d'investissements dans les énergies propres ont été annoncés aux Etats-Unis.
Il évalue à plus de 166 milliards de dollars les investissements dans la production de composants électroniques dans les technologies de pointe dus au "CHIPS and Science Act".
Le démocrate, handicapé auprès des électeurs par son âge, sait que son destin électoral se joue autant dans les usines que dans les tribunaux.
Volubile sur sa politique économique et sociale, le président américain reste obstinément muet sur les affaires judiciaires de celui qui a toutes les chances d'être à nouveau son rival en 2024, Donald Trump.
Les sondages, certes peu significatifs à plus d'un an du scrutin, donnent jusqu'ici les deux hommes au coude à coude, en dépit des inculpations qui s'accumulent pour le milliardaire républicain.
P.Tamimi--SF-PST