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Chine: début du redoutable examen d'entrée à l'université pour 13 millions d'ados
Des parents émus accompagnent leurs enfants, le visage concentré, jusqu'aux grilles d'un centre d'examen à Pékin : la Chine entre samedi dans la période du "Gaokao", cet examen de fin d'études secondaires très compétitif.
A l'échelle nationale, ce sont environ 13,35 millions d'élèves qui se présentent à l'examen cette année, selon le ministère de l'Education. Un chiffre considérable, bien qu'en légère baisse par rapport à l'année précédente.
Le Gaokao représente "l'aboutissement de douze années de labeur intense", témoigne Madame Chen, tout en agitant un éventail devant sa fille, élève en terminale, qui relit ses notes une dernière fois.
Elle "a surmonté des difficultés, et nous aussi, en tant que parents", ajoute-t-elle.
"Mais je ne suis pas nerveuse, plutôt excitée. Je suis certaine que ma fille obtiendra de bons résultats."
Considéré comme l'un des examens les plus exigeants au monde, le Gaokao, ou "examen pour les études supérieures" en mandarin, évalue les élèves sur l'ensemble des connaissances acquises durant leur scolarité, à travers des épreuves de chinois, de mathématiques ou encore d'anglais.
Les résultats de cet examen déterminent en grande partie l'accès des candidats à l'enseignement supérieur, ainsi que le prestige de l'université qu'ils pourront intégrer.
Devant cet établissement du centre de Pékin, les professeurs et le personnel scolaire sont venus apporter leur soutien au premier jour de l'examen, brandissant des pancartes d'encouragement.
Certains candidats, vêtus de leur uniforme, semblent paniqués, à l'image de cette jeune fille serrant la main de sa mère, les larmes aux yeux.
"En tant que parents, nous n'avons pas besoin d'être trop exigeants envers nos enfants, car ils sont déjà sous très forte pression", observe Madame Wang, alors que son fils vient d'entrer dans la salle d'examen.
Comme de nombreuses mamans, elle a revêtu le qipao, une robe traditionnelle ajustée.
"Cela montre le souhait d'une réussite éclatante à l'examen", souligne-t-elle avec le sourire.
Porté par le boom économique qui a entraîné une hausse du niveau de vie, l'enseignement supérieur s'est rapidement développé en Chine au cours des dernières décennies.
Mais le marché de l'emploi sur lequel se retrouvent les jeunes diplômés n'est plus aussi dynamique qu'auparavant.
En avril 2025, 15,8% des jeunes de 16 à 24 ans vivant en milieu urbain étaient sans emploi, selon les données du Bureau national des statistiques.
Conscients de cette pression, les élèves chinois préparent assidûment cet instant dès leur plus jeune âge, souvent à coup de cours supplémentaires incessants.
- Lutte contre la fraude -
Sur le réseau social chinois Weibo, le Gaokao était le principal sujet discuté samedi matin, avec de nombreuses vidéos fournissant de derniers conseils aux lycéens.
"Je n'arrive pas à dormir avant le Gaokao", figurait parmi les principales recherches sur la plateforme la veille au soir.
Plus tôt dans la semaine, des vidéos montraient des foules nombreuses, parfois composée d'orchestres, escortant les cars scolaires transportant les élèves jusqu'aux centres d'examen.
Comme chaque année, les autorités sont sur le qui-vive face aux tricheries et aux perturbations durant l'examen.
Le vice-premier ministre chinois, Ding Xuexiang, a appelé cette semaine à l'organisation d'un "Gaokao sûr", soulignant l'importance d'une lutte rigoureuse contre la fraude.
Les alentours des centres d'examen sont également étroitement sécurisés par la police, des voies fermées à la circulation et plusieurs villes interdisent aux automobilistes de klaxonner pour ne pas perturber la concentration des élèves.
Dans certaines écoles, la reconnaissance faciale est même employée pour éviter la fraude.
- Aucune limite d'âge -
Le taux d'admission à l'université des candidats au Gaokao a dépassé les 80% à 90% ces dernières années.
Mais de nombreux étudiants, déçus par leur résultat, choisissent de repasser l'examen l'année suivante.
Le Gaokao n'imposant aucune limite d'âge, certains candidats sont devenus célèbres pour avoir tenté l'examen des dizaines de fois, soit après l'avoir échoué, soit pour n'avoir pas obtenu l'université de leurs rêves.
Dans ce lycée du centre de Pékin, une dizaine des quelque 600 élèves de terminale seulement décrocheront une place dans l'une des meilleurs universités de la capitale, glisse un enseignant qui souhaite rester anonyme.
"Même si la pression est forte, je pense que ce système est équitable", confie à l'AFP Jiang, un lycéen de terminale qui se présente par son nom de famille.
Lui rêve d'intégrer une université de la capitale dans une filière d'aéronautique ou d'aérospatial, mais il reste calme peu avant l'examen de chinois, l'une des trois épreuves obligatoires.
"Je me suis préparé au mieux, donc c'est inutile de stresser maintenant", note-t-il.
"Désormais, advienne que pourra. De toute façon, je ne peux plus rien contrôler".
P.AbuBaker--SF-PST