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Liz Truss sur le départ, une campagne éclair pour Downing Street commence
Au lendemain de l'annonce de la démission de la Première ministre britannique Liz Truss, la campagne pour lui succéder commence vendredi, pour que le Royaume-Uni ait un nouveau chef de gouvernement au plus tard dans une semaine.
Aucun candidat ne s'est encore officiellement lancé dans la course, mais parmi les potentiels prétendants figurent l'ex-ministre des Finances Rishi Sunak, l'actuelle ministre chargée des relations avec le Parlement Penny Mordaunt... et même l'ex-Premier ministre Boris Johnson, qui tenterait un grand retour un peu plus de trois mois après avoir été poussé à la démission à la suite d'une succession de scandales.
Arrivée 44 jours auparavant à son poste, Liz Truss, très impopulaire, a fini par abandonner. Elle a été emportée par une profonde crise de confiance après des revirements pour calmer la tempête sur les marchés déclenchée par les annonces budgétaires de son gouvernement.
"Etant donné la situation, je ne peux accomplir le mandat pour lequel j'ai été élue par le Parti conservateur", a déclaré jeudi cette femme de 47 ans devant le 10 Downing Street, annonçant sa démission dans une brève allocution.
La veille encore pourtant, elle se présentait au Parlement comme une "battante", "pas quelqu'un qui démissionne", mais l'ampleur du sentiment de défiance a eu raison de sa détermination, faisant d'elle le plus éphémère chef de gouvernement qu'ait connu le Royaume-Uni.
D'heure en heure jeudi, la liste des députés qui demandaient son départ s'est allongée, ne laissant d'autre choix à Liz Truss que de partir.
- Processus accéléré -
Son successeur prendra la tête d'un pays plongé dans une grave crise du coût de la vie, avec une inflation qui dépasse les 10%, au plus haut depuis 40 ans. Le contexte social est tendu au Royaume-Uni, où les grèves se sont multipliées ces derniers mois, dans les transports notamment.
Afin qu'un nouveau Premier ministre soit désigné d'ici au vendredi 28 octobre, un processus accéléré a été mis en place par le Parti conservateur, qui est au pouvoir depuis douze ans.
Les prétendants devront avoir les parrainages d'au moins 100 députés tories d'ici à lundi 14H00 (13H00 GMT). Un seuil qui limite ainsi à trois au maximum le nombre des candidats, le parti comptant 357 députés à la Chambre des Communes.
Ensuite, les députés devront soit se mettre d'accord sur deux noms que les 170.000 adhérents du parti devront départager par un vote en ligne d'ici au 28 octobre, soit sur le nom d'une seule personne qui entrerait alors immédiatement à Downing Street. En attendant, Liz Truss reste au pouvoir.
Pour le politologue Tim Bale, professeur à l'université Queen Mary de Londres, le seuil des 100 parrainages écarte "probablement" Boris Johnson. "Je ne pense pas que les députés veuillent revenir en arrière", a-t-il déclaré à l'AFP. En juillet, "les deux tiers des électeurs voulaient qu'ils démissionne", rappelle-t-il.
"Cela relève de l'imaginaire de penser que les électeurs veuillent son retour", a-t-il poursuivi, avant de conclure : "mais certains députés conservateurs vivent dans un monde imaginaire".
Selon un sondage YouGov publié jeudi soir, huit Britanniques sur dix estiment que Liz Truss a eu raison de partir.
C'est la présentation le 23 septembre d'un mini-budget contenant des aides pour régler les factures énergétiques mais aussi des baisses d'impôts massives et non financées qui a provoqué la fin de la Première ministre. Ce plan avait fait chuter la livre à son plus bas historique et affolé les marchés, manquant de dégénérer en crise financière sans l'intervention dans l'urgence de la Banque d'Angleterre.
Liz Truss a eu beau remercier son ministre des Finances Kwasi Kwarteng avant d'abandonner son projet, elle n'a pas réussi à redresser la barre, au point de battre des records d'impopularité.
Au moment où l'opposition travailliste terrasse les conservateurs dans toutes les études d'opinion, son chef Keir Starmer a appelé à des élections législatives "maintenant". La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon (indépendantiste) a quant à elle jugé qu'il s'agissait d'un "impératif démocratique".
F.AbuShamala--SF-PST