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Oxfam accuse le FMI de pousser toujours plus d'austérité dans les pays qu'il aide
Oxfam accuse le FMI de pousser toujours plus d'austérité dans les pays qu'il aide / Photo: Andy Buchanan - AFP/Archives

Oxfam accuse le FMI de pousser toujours plus d'austérité dans les pays qu'il aide

Les objectifs de réduction des dépenses imposés par le Fonds monétaire international (FMI) aux Etats sous programme d'aide ont quadruplé depuis 2018, faisant craindre un retour aux ajustements budgétaires des années 80, qui avaient aggravé la pauvreté, a alerté jeudi Oxfam.

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Ces exigences du FMI ont été accompagnées "d'un affaiblissement de la protection accordée aux dépenses sociales dans ses programmes de prêt", a dénoncé Oxfam, confédération internationale de lutte contre la pauvreté et les inégalités.

"Ces réductions viennent saper des dépenses essentielles dans les services publics, de la santé à l'éducation en passant par le logement, qui protègent les communautés à faibles revenus" dans les pays sous programme d'aide, a accusé Oxfam dans un communiqué.

Selon l'analyse réalisée par Oxfam, les objectifs de réduction de dépenses demandés par le FMI sont passés en moyenne de 0,21% du PIB en 2018 à 0,85% en 2025.

L'organisation craint surtout que le Fonds aille plus loin en imposant, dès la première phase de ses programmes, "un ajustement budgétaire concentré" qui exigerait un effort immédiat des pays en difficulté.

Oxfam y voit "un retour à l'approche malheureuse de la +thérapie de choc+" des années 80, qui avait imposé des baisses de dépenses plus brutales tout en limitant, selon le rapport, la capacité des citoyens à évaluer les effets des politiques économiques menées.

"Le FMI risque de retomber dans les âges sombres de l'ajustement structurel", a déclaré Nabil Abdo, conseiller politique principal d'Oxfam International. "Appliquer l'austérité en amont, c'est comme demander aux pays d'avaler une bouteille entière de poison dont nous savons déjà qu'il est nocif à petites doses".

Le risque est également, selon M. Abdo, de voir les pays concernés devoir "faire face au prochain choc avec moins de médecins, moins d'enseignants et un filet de sécurité plus faible. On ne peut pas renforcer la résilience économique en démantelant les structures mêmes qui rendent les sociétés résilientes".

En amont de la réunion lundi du Conseil d'administration du FMI, Oxfam a appelé les administrateurs à repousser l'idée d'un retour à l'ajustement structurel afin de s'assurer que "les programmes (du Fonds) ne renforcent pas les inégalités".

"Le FMI doit donner la priorité à des alternatives plutôt qu'à une politique d'austérité, en renforçant notamment une taxation progressive, tant des individus les plus aisés que des profits des entreprises, afin de créer un revenu soutenable (pour les Etats) sans pousser des millions de personnes dans la pauvreté", a insisté Oxfam dans son communiqué.

T.Khatib--SF-PST