-
Madrid pleure Maricarmen, icône des manifestations pour le logement en Espagne
-
Anthropic interdit la "cruauté gratuite" envers son IA Claude
-
Le porte-avions Abraham Lincoln de retour aux États-Unis après un déploiement mouvementé au Moyen-Orient
-
Au Sommet de l'élevage, le manque de fourrage au cœur des préoccupations
-
Trump décore Musk d'une médaille scientifique et le qualifie de "trésor national"
-
"Merci pour tout" : à Madrid, l'hommage à Maricarmen, devenue symbole de la crise du logement
-
Wall Street recule, s'inquiéte des prix du pétrole et perd le soutien de la tech
-
Procès Maradona : 4 à 12 ans de prison requis contre l'équipe médicale de sa fin de vie
-
La Française Sophie Adenot et l'équipage de Crew-12 de retour sur Terre
-
La stèle 2026 en mémoire de 56 reporters tués en mission dévoilée à Bayeux
-
Procès Maradona : peines de 4 à 12 ans de prison requises contre l'équipe médicale
-
La série animée "Miraculous" bientôt adaptée en prise de vues réelles
-
Pour la der de Messi, les périples low-cost et rocambolesques du Bénin et du Burkina
-
La justice américaine poursuit Maduro et son épouse pour torture
-
Grève TotalEnergies : les expéditions de carburants ont été bloquées dans plusieurs raffineries, selon la CGT
-
Yémen: à Taëz, assiégée par les Houthis, une population "à bout"
-
Procès Maradona : l'accusation dénonce l'"organisation chaotique" fatale de l'équipe médicale
-
Russie : un centre de données du géant de la tech Yandex touché par une frappe ukrainienne
-
Canal+ fait un pas dans le sport gratuit pour attirer de la pub et des abonnés
-
Affaire Epstein : les perquisitions liées à l'arrestation d'Andrew jugées illégales, l'enquête se poursuit
-
Surfeurs étrangers tués au Mexique : verdict attendu dans la journée
-
Christa Pike, qui a survécu à son exécution aux États-Unis, a recommencé à marcher, selon son avocat
-
La Bourse de Paris minée par la hausse des taux et du pétrole
-
Yémen: à Taëz, asphyxiée par les Houthis, une population "à bout"
-
Grèce: inauguration d'une mine d'or en dépit des protestations de longue date
-
L'OMC relève ses prévisions de croissance du commerce mondial de marchandises dopé par l'IA
-
Sophie Adenot de retour sur Terre
-
Les compagnies aériennes rassurent: l'Europe aura bien du kérosène
-
Le Nobel à Anne Carson, poète canadienne mêlant mythes anciens au contemporain
-
Virus du Nil occidental : nombre de cas record dans l'Hexagone et cinq décès dont l'imputabilité est à vérifier
-
Les Etats-Unis veulent une "Europe forte", affirme Marco Rubio
-
Recul des visites des sites d'info en septembre, l'impact d'AI Overview en question
-
L'OMC relève ses prévisions de croissance du commerce mondial de marchandises
-
L'ex-président philippin Duterte est apte à être jugé, déclare la CPI
-
Alex Bodi mizează, alături de CRIF, pe investiții transparente și pe prevenirea riguroasă a spălării banilor
-
Wall Street ouvre en baisse, plombée par le pétrole et les taux
-
Lycées : nouvel appel à la mobilisation le 13 octobre
-
Ukraine : une frappe russe contre deux bus fait au moins 30 morts dans l'est
-
Pologne: le PM fustige les réseaux sociaux après une nouvelle attaque au couteau dans une école
-
Les Allemands resteront de "bons Européens", assure le président Steinmeier
-
France: 66% des nappes phréatiques sous les normales, situation "très préoccupante", selon le service géologique national
-
Barricades, tranchées : dans le sud de la Syrie, l'armée israélienne renforce ses positions
-
Le Nobel à Anne Carson, autrice canadienne mêlant mythes anciens au contemporain
-
Législatives : les députés italiens approuvent l'instauration de la proportionnelle
-
Margaret Hamilton, mère du système informatique du programme Apollo, est morte
-
Le Nobel de littérature récompense l'oeuvre "audacieuse et inventive" de la Canadienne Anne Carson
-
Ethiopie: frappes de drones contre des forces érythréennes déployées dans le nord du Tigré
-
Pologne: une nouvelle attaque au couteau dans une école fait un mort et deux blessés
-
Etats-Unis: l'aile gauche démocrate aborde revigorée les élections
-
Agriculture: les nouvelles annonces, avec des prêts à taux zéro, divisent les syndicats
A Saint-Louis du Sénégal, comptoir d'esclaves méconnu, les traces de la traite s'évanouissent
Une béance s'est formée au balcon d'un ancien entrepôt d'esclaves après l'effondrement de la façade de ce bâtiment décrépi vieux de deux siècles sur l'île de Saint-Louis au Sénégal, lieu méconnu de la traite négrière transatlantique dont les traces s'effacent, au grand dam des historiens.
Le site, situé dans le nord du pays entre l'océan Atlantique et le fleuve Sénégal, est rarement mentionné dans l'histoire de la traite, dont il a pourtant été un centre où sont passés des milliers d'esclaves, selon des historiens interrogés par l'AFP.
Premier comptoir créé en 1659 par les Français en Afrique subsaharienne et ancienne capitale de l'ensemble colonial français en Afrique de l'Ouest, Saint-Louis a servi à entreposer des captifs. Comme Gorée, autre île au large de Dakar, mais qui est, elle, devenue un symbole de la traite avec sa célèbre "Maison des esclaves".
Un des rares témoignages du passé esclavagiste de Saint-Louis est une plaque sur l'ancien entrepôt d'esclaves, en face du fleuve.
"Au rez-de-chaussée, les vestiges de la seule esclaverie (entrepôt d'esclaves) conservée à Saint-Louis", indique une inscription sur la bâtisse de deux étages, aux murs épais percés de meurtrières traversées par des barres de fer rouillées.
- "Délabrement" -
"Ce bâtiment en état de délabrement est une esclaverie qui est restée (à Saint-Louis). Il a été construit entre 1822 et 1825 et appartenait à une compagnie commerciale bordelaise (de la ville de Bordeaux, en France), Maurel et Prom", explique Mamadou Diallo, enseignant en histoire.
"Au XVIIIe siècle, au moins 10.000 esclaves transitaient à Saint-Louis chaque année", souligne-t-il.
A Saint-Louis, le principal moment de cette traite était "la période des hautes eaux, de mai à novembre", à partir du royaume précolonial du Galam (entre le Sénégal et le Mali), "avec l'or et les captifs comme principaux produits" aux côtés de la gomme et de l'ambre gris, détaille l'historien Ibrahima Seck, directeur de recherche au musée de l'esclavage de la "Whitney Plantation", en Louisiane (Etats-Unis).
L'esclaverie de la compagnie Maurel et Prom abrite "cinq cellules", précise M. Diallo. Ce sont "les locaux où les esclaves attendent le moment de l'embarquement" pour l'Amérique, selon une légende d'une photo dans un musée public de Saint-Louis.
Des herbes ont poussé dans l'édifice, jonché de détritus et au plafond en bois d'époque, devenu propriété d'une famille sénégalaise.
"Il y avait beaucoup d'esclaveries à Saint-Louis, surtout dans le nord de l'île, mais on ne les retrouve plus. Beaucoup ont été achetées par des familles qui les ont ensuite transformées", dit M. Diallo.
L'actuelle résidence du gouverneur de la région, un fort construit au XVIIe siècle, a aussi abrité des entrepôts d'esclaves, selon des historiens.
Le long des rues à angle droit de l'île se dressent des demeures coloniales, des bâtiments en balcon aux murs fissurés, fenêtres en bois, en rectangle ou en ogive, avec des toitures parfois éventrées.
D'anciennes maisons de commerce jalonnent les quais du fleuve, des entrepôts d'esclaves que "les populations, de manière inconsciente, n'ont pas conservés", de sorte qu'"il ne reste presque plus rien" de ce passé, relève l'écrivain Louis Camara.
Les compagnies commerciales et leurs intermédiaires locaux - notamment les célèbres "signares", femmes noires ou métisses fortunées qui nouent alors des alliances ou mariages temporaires avec des négociants ou officiers européens - étaient les principaux pourvoyeurs d'esclaves.
Ainsi, en 1789, des métis et des noirs, liés à la France, ont envoyé aux Etats généraux à Paris - une assemblée extraordinaire réunissant le clergé, la noblesse et le reste de la population qui a marqué le point de départ de la Révolution française - des doléances pour la libéralisation du commerce, dont celui des esclaves, alors aux mains d'une seule compagnie.
Saint-Louis a été le théâtre d'une révolte d'esclaves en 1779. Après une "longue attente de 11 mois" pour être convoyés en Amérique, les captifs "tuent" un gardien français et beaucoup d'entre eux sont massacrés, relate M. Diallo.
Ibrahima Seck, citant l'Atlas of the Transatlantic Slave Trade, livre de référence sur le nombre d'esclaves déportés, estime à "145.000" les captifs "officiellement transportés depuis Saint-Louis" où, selon lui, "chaque vieille maison était potentiellement une captiverie".
- "Sujet tabou" -
A Saint-Louis, "il ne s'agissait pas de quelques esclaves offerts ici et là aux acheteurs par les propriétaires de diverses maisons particulières, mais de véritables maisons d'esclaves", souligne le chercheur belge Guy Thilmans dans un ouvrage collectif sur la traite, "Gorée et l'esclavage".
Selon lui, la ville a de nombreux "motifs d'être considérée comme un centre de la traite négrière, tant en raison de la présence certaine de captiveries privées que du chargement d'esclaves vers l'Amérique", mais "il ne lui a manqué qu'un Joseph Ndiaye" (1922-2009), célèbre conservateur de la "Maison des esclaves" de Gorée et défenseur de la mémoire des esclaves qui a largement contribué à la sauvegarde de l'île.
Après l'abolition de la traite en avril 1848, "les anciens captifs, y compris des fugitifs venus de l'intérieur des terres, furent recasés dans des villages de liberté" autour de l'île, selon M. Seck.
Des historiens chiffrent à 2.035 le nombre officiel d'esclaves à Saint-Louis en avril 1848. Mais leurs 671 propriétaires en recensent 4.524 pour leurs demandes d'indemnité.
Ce passé sur la traite négrière "est complètement méconnu de la majorité des populations de Saint-Louis qui ont préféré l'occulter", dit M. Camara.
Le Ghana, considéré comme la plaque tournante de l'esclavage transatlantique, a organisé mi-juin une première conférence mondiale visant à traduire en engagements concrets une récente résolution de l'ONU, qui a reconnu la traite transatlantique comme "le crime le plus grave contre l'humanité".
Mais à Saint-Louis, les héritiers des familles ayant participé à ce trafic et ceux qui en sont issus ne souhaitent pas en parler. C'est encore "un sujet tabou", constate M. Diallo.
M.Qasim--SF-PST