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Près de Paris, un projet de parc d'attractions Dragon Ball à l'étude
De Gargantua à Dragon Ball ? Des discussions sont en cours entre les autorités françaises et une société d'investissement saoudienne pour implanter dans le Val-d'Oise un parc d'attractions Dragon Ball sur le site de l'ancien parc Mirapolis fermé il y a 35 ans.
Sur les lieux, où trônait à la fin des années 1980 une immense statue du héros de François Rabelais? Gargantua, ne restent que quelques vestiges d'un des premiers parcs à thème de France: un bloc de béton, à l'entrée, en mémoire de l'ancienne billetterie, et un peu plus loin, un chapiteau en dur orange délavé, quasiment englouti par la végétation environnante.
Ce terrain de plusieurs dizaines d'hectares situé à Courdimanche, une des communes de l'agglomération de Cergy-Pontoise, pourrait accueillir un nouveau parc d'attractions inspiré du célèbre manga japonais Dragon Ball, selon une source proche du dossier confirmant des informations du média d'information Politico.
Plusieurs réunions ont eu lieu depuis avril entre l'Elysée, la région Île-de-France, les communes concernées, les agences d'attractivité française et francilienne et le principal investisseur, Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain saoudien Public Investment Fund (PIF) dédiée au divertissement, au sport et à la culture.
Le projet est "très bien avancé", d'après cette source, même si aucune annonce officielle n'a encore été formulée.
Ces tractations en haut lieu inquiètent les familles de gens du voyage, installées sur le site depuis plus de neuf ans et dont une vingtaine d'enfants "sont scolarisés dans les communes voisines", explique à l'AFP Alfred Duvaux, 66 ans. "On est au courant de rien", renchérit son frère Gilles, 75 ans, "même le propriétaire du terrain n'était pas informé."
Si le programme de loisirs venait à se concrétiser, "on serait bien embêtés", déplorent-ils. Car une centaine de foyers vit désormais sur les lieux, disent-ils: caravanes blanches, cabanes en bois, mobilier de jardin et piscines gonflables pour les enfants y ont trouvé leurs quartiers. "Avant qu'on nous fasse partir, il faut qu'on nous trouve un emplacement", pointe le septuagénaire.
A ce stade, sollicité par l'AFP, l'Elysée n'a confirmé aucune information, tout comme la mairie de Courdimanche ou l'agglomération de Cergy-Pontoise. Les préfectures du Val-d'Oise et d'Île-de-France n'ont de leur côté pas répondu aux sollicitations de l'AFP.
Le montant de l'investissement n'est pas non plus connu, mais il pourrait dépasser le milliard d'euros selon Politico qui affirme que plusieurs ministres ont aussi participé aux réunions.
- "Réelle concertation" -
Le député LFI du Val-d'Oise Aurélien Taché a demandé au préfet de région "une réelle concertation" avec les élus, associations et habitants du territoire.
Maryeme Bouslam, conseillère municipale d'opposition à Courdimanche, déplore aussi "la méthode" du projet qui, selon elle, "vient de l'Elysée (...) sans la concertation préalable des habitants, des communes avoisinantes et de leurs représentants".
Elle serait plutôt favorable à une reconversion du site en pôle culturel, pôle universitaire ou pôle de recherche, "un projet réaliste, durable et soutenable pour la population".
Un observateur du groupe communiste au conseil régional, qui n'a pas souhaité être cité, met en garde sur le besoin d'une "amélioration sensible de la desserte du site", rappelant que "les difficultés économiques du parc (Mirapolis, NDLR) sont nées d'une faible fréquentation (...) et d'une mauvaise desserte".
"Un tel investissement peut constituer une opportunité en termes d'emplois" mais "des garanties urgentes sont à apporter en matière de concertation et de protection de l'environnement", a par ailleurs indiqué le groupe, dans un communiqué publié lundi.
Mirapolis, l'un des premiers parcs d'attractions de France imaginé sur le thème des légendes et contes français, avait ouvert ses portes en 1987. Dès sa première année, il n'avait accueilli que 800.000 visiteurs, contre plus de 2 millions attendus.
Ensuite concurrencé par l'inauguration du Parc Astérix, il a définitivement fermé ses portes en 1991, après seulement quatre ans d'existence.
D.AbuRida--SF-PST