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Les dirigeants saoudien, turc et pakistanais réunis à Jeddah pour sceller un accord de défense
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane réunit vendredi à Jeddah, sur la mer Rouge, les dirigeants turc et pakistanais pour sceller un accord de défense, selon des sources de l'armée et du gouvernement du royaume.
Cet accord interviendrait alors que l'Iran a attaqué à maintes reprises les pays du Golfe alliés des Etats-Unis, dont l'Arabie saoudite, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.
Le royaume a en outre subi jeudi soir des attaques menées par les Houthis, alliés de Téhéran, faisant sept blessés, le bilan le plus lourd dans une attaque de ces rebelles yéménites contre l'Arabie saoudite depuis des années.
Le sommet de Jeddah réunit le président turc, Recep Tayyip Erdogan, arrivé vendredi, et le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dans le royaume depuis jeudi.
Les trois pays musulmans sunnites sont médiateurs dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, déclenché fin février par des bombardements israélo-américains contre Téhéran.
La réunion se déroule au moment où des progrès semblent se dessiner concernant le stratégique détroit d'Ormuz, désormais au coeur du conflit après avoir été bloqué par l'Iran.
Des sources proches de l'armée et du gouvernement saoudiens ont indiqué à l'AFP que les trois pays prévoyaient de signer un accord de défense mutuelle.
"La question était en discussion depuis longtemps, mais les récents développements dans la région en ont accéléré le rythme", a indiqué à l'AFP la source proche de l'armée, sous couvert d'anonymat.
L'Arabie saoudite et le Pakistan sont déjà liés par un accord de défense mutuelle conclu en septembre dernier, fruit d'une longue tradition de coopération militaire. Son annonce avait suscité de nombreuses interrogations, Islamabad possédant l'arme nucléaire.
En janvier, une source proche de l'armée saoudienne avait indiqué à l'AFP que la Turquie, par ailleurs membre de l'Otan, ne rejoindrait pas l'alliance, malgré les discussions en ce sens alors évoquées par un responsable turc.
- "Bientôt" ? -
M. Sharif est accompagné par l'influent chef de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, qui a joué un rôle majeur dans la médiation entre Washington et Téhéran.
Le Pakistan a notamment été soutenu dans ses efforts par la Turquie et l'Arabie saoudite.
Malgré un protocole d'accord signé en juin, aucun progrès significatif n'a cependant été constaté en vue d'un règlement du conflit, qui a ébranlé l'économie mondiale et durement touché les pays du Golfe.
Les hostilités ont recommencé début juillet, même si Donald Trump a suspendu la semaine dernière des attaques américaines prévues contre la République islamique.
Depuis, l'Iran a assuré s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.
Mais toute réouverture dépendra de Washington, qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont prévenu les autorités iraniennes.
"Cela pourrait arriver bientôt", a assuré jeudi Donald Trump, ajoutant que les discussions à ce sujet se passaient "très bien". "Je suis impliqué dans la négociation", a-t-il dit, bien que Téhéran ait démenti négocier directement avec Washington.
- "Poursuite du dialogue" -
Crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures, le détroit d'Ormuz est de nouveau verrouillé par la République islamique depuis la reprise début juillet des affrontements.
Au-delà du transit maritime, la diplomatie pakistanaise a dit jeudi espérer que l'accord sur Ormuz "ouvrirait la voie à la poursuite du dialogue, et en particulier à la reprise des discussions techniques entre l'Iran et les Etats-Unis".
Le conflit au Moyen-Orient s'est récemment étendu à un autre front avec la reprise des hostilités, après plus de quatre ans de trêve, entre les rebelles yéménites et l'Arabie saoudite.
L'attaque de la nuit menée par les Houthis dans le sud du royaume a blessé 11 civils, dont un enfant, selon la coalition militaire dirigée par Ryad.
Premier exportateur de brut au monde, l'Arabie saoudite avait aussi subi des attaques contre ses infrastructures pétrolières et ses navires.
Les Houthis ont récemment imposé un blocus aux navires saoudiens et menacent ainsi le transit maritime par la mer Rouge, devenue une voie de substitution après le blocage d'Ormuz.
Y.AlMasri--SF-PST