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Washington espère un accord d'ici mercredi sur Ormuz, le pétrole chute
Les Etats-Unis ont dit espérer mardi la conclusion rapide d'un accord pour rouvrir le détroit d'Ormuz, au coeur de la reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l'Iran ces dernières semaines, faisant chuter les prix du pétrole.
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a souligné mardi des "progrès" dans les négociations avec l'Iran et Oman, dont les côtes bordent le détroit. "Aucun accord définitif n'a encore été conclu. Nous espérons que cela se fera très prochainement", a-t-il ajouté.
De son côté, le ministre des Finances Scott Bessent a évoqué sur la chaîne CNBC un accord "aujourd'hui ou demain (mercredi)" pour "rouvrir le détroit".
Le Qatar, pays médiateur aux côtés du Pakistan et d'Oman, a lui fait état d'efforts "en cours" pour trouver une "solution à court terme qui permettrait de relancer le dialogue", selon le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.
- "Apaiser les tensions" -
Mardi, Donald Trump et l'émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, se sont entretenus par téléphone au sujet des efforts "pour apaiser les tensions" entre Washington et Téhéran et "rapprocher les deux parties", a indiqué le palais qatari dans un communiqué.
Conséquence de la reprise des efforts diplomatiques, le prix du baril de Brent, référence internationale du brut, a plongé pour osciller autour de 80 dollars, après avoir flambé à plus de 120 dollars au plus fort de la guerre.
Le protocole d'accord signé en juin avait donné le coup d'envoi à un processus de 60 jours pour mettre définitivement fin à la guerre au Moyen-Orient et régler un ensemble de points, dont le sujet central du nucléaire iranien.
Et, avancée majeure, il avait permis la reprise du trafic dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, verrouillé par l'Iran depuis fin février - les Etats-Unis ayant imposé en retour un blocus des ports iraniens.
Mais l'embellie avait été de courte durée: les hostilités ont recommencé début juillet, faisant voler en éclats le protocole. L'Iran a resserré la vis après la reprise des frappes américaines, et les navires s'aventurant désormais dans le détroit sans l'autorisation de Téhéran en font régulièrement les frais.
Dans la nuit de lundi à mardi, un cargo qui tentait de le franchir a été frappé par un projectile, déclenchant un incendie. Un membre d'équipage est porté disparu, selon la société de sécurité britannique Vanguard Tech.
L'Iran a toutefois démenti toute discussion avec Washington. "Nous ne négocions pas avec les Etats-Unis en ce moment. Nous négocions avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d'Ormuz", avait souligné lundi le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, provoquant l'ire du président américain.
Donald Trump, qui avait menacé il y a quelques jours de "frapper fort" la République islamique, avait finalement annoncé suspendre ses plans, dans une de ces volte-faces dont il est coutumier depuis le début du conflit fin février, alternant promesses de destructions massives et propos optimistes sur une sortie de crise.
- Navire coulé -
L'Iran ne veut pas d'un retour à la situation d'avant-guerre et n'autorise pour l'heure qu'un seul itinéraire le long de ses côtes. Il envisage des frais de service, rejetés par les Etats-Unis et d'autres, et à l'encontre du droit international de la mer.
"Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays", avait assuré ce week-end M. Baghaï.
Le sultanat d'Oman, qui avait déclenché la colère de Téhéran en juin en ouvrant une route alternative dans le détroit, n'a pas fait de déclaration pour l'instant.
En mer Rouge, autre front de la guerre depuis la reprise des hostilités mi juillet entre les rebelles houthis du Yémen, alliés de l'Iran, et l'Arabie saoudite, un navire indien a coulé mardi après avoir été attaqué, a dit un responsable local yéménite à l'AFP.
Les autorités indiennes ont indiqué que les 14 membres d'équipage avaient été secourus alors que le gouvernement yéménite, reconnu par la communauté internationale, a attribué l'attaque aux Houthis.
Ces rebelles ont annoncé le 20 juillet un blocus maritime des ports saoudiens, et mené des attaques contre des infrastructures pétrolières du royaume, alors que la mer Rouge est une autre voie stratégique pour Ryad, premier exportateur de brut au monde.
Les Houthis ont aussi attaqué plusieurs navires saoudiens. En représailles, la coalition militaire menée par Ryad a mené des frappes contre des installations militaires houthies.
burs-mdh/cgc/vl
H.Jarrar--SF-PST