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Mégafeu en Gironde: nuit calme, mais vent et chaleur menacent
Le mégafeu qui ravage la Gironde est "toujours stabilisé" mercredi matin après une seconde nuit "calme", selon les autorités, mais la forte chaleur et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.
"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949.
Avec 42.000 hectares partis en fumée, "la surface brûlée" n'a pas évolué durant la nuit, selon un communiqué de la préfecture. En revanche, le bilan des blessés dans les rangs des soldats du feu s'est alourdi, avec 126 sapeurs-pompiers blessés, soit 16 de plus que la veille.
Mais après une baisse des températures ces derniers jours, la chaleur revient, la Gironde et le département voisin des Landes étant placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.
"Les conditions météorologiques sont défavorables pour ce mercredi avec des températures en hausse", a averti la préfecture. "Des températures attendues dans les terres jusqu'à 41°C et jusqu'à 38°C sur le littoral".
Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et d'alimenter de nouveau l'incendie.
Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 kmh, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.
Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.
- "Très vigilants" -
La journée de mercredi "sera une journée importante, qu'on va regarder avec une grande attention, au regard des températures extrêmes qu'on aura", a déclaré mardi le lieutenant-colonel Eric Pitault, du Service départemental d'incendie et de secours (SDIS 33).
"On ne va pas repartir sur un feu généralisé sur l'ensemble de la zone sinistrée", prévoyait-il, mais "il faut qu'on reste très vigilants".
Environ 4.000 personnes ont été évacuées par précaution mardi des hébergements touristiques de Lacanau, au nord de l'incendie, "dans le plus grand calme, puisqu'on avait un peu de temps", s'est satisfait le maire Laurent Peyrondet.
A l'inverse, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans la nuit de vendredi à samedi vont pouvoir rentrer chez eux "s'ils le souhaitent", a annoncé Mme Brocas.
- "Coupes tactiques" -
Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver l'incendie de "combustible" et à empêcher sa progression, selon la DFCI (Défense de la forêt contre les incendies) Aquitaine.
L'incendie de Gironde a brûlé 42.000 hectares à ce jour, soit la plus grande superficie depuis un feu de forêt meurtrier dans les Landes de Gascogne en 1949 qui avait ravagé environ 50.000 hectares.
Depuis le début du mégafeu, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes.
Le feu n'étant pas "fixé", c'est-à-dire endigué, le retour du plus grand nombre de personnes dans leurs hébergements n'est à ce stade pas envisageable.
62 campings ont été évacués dans la Gironde et dans les Landes, représentant 50.000 vacanciers, selon la Fédération nationale Hôtellerie de plein-air.
- "Inarrêtable" -
Dans les Landes, plusieurs quartiers de Biscarrosse demeuraient bouclés mardi par les autorités. Mais une "grande majorité" des 30.000 évacués dans le département ont été autorisés à regagner leur hébergement, selon le préfet.
La préfecture a fait état de 10 reprises de feu traitées par les pompiers.
"C'est inarrêtable. En fait on met 8.000 litres dans une zone et une heure après c'est reparti", a expliqué à l'AFP, Pierre-Marie, un bénévole aidant les pompiers.
Aucun TGV ne devait circuler au sud de Bordeaux mercredi, hormis ceux qui desservent Agen et Toulouse, et l'autoroute A63 reste fermée dans les deux sens entre Bordeaux et Bayonne. "Les restrictions de circulation restent inchangées", selon la préfecture de Gironde.
Après avoir incité "fortement" les touristes, dimanche, à "ne pas rejoindre la Gironde", au grand dam des professionnels du secteur, la préfète a précisé mardi qu'ils pouvaient venir "au nord de la Garonne", où "on est tout à fait en sécurité" parce que "le feu ne passera pas".
Il est toujours "interdit d'aller dans les zones brûlées ou sous le feu, ça va de soi", a-t-elle ajouté.
Le gouvernement tiendra jeudi à Bercy une réunion pour répondre aux "préoccupations" des entreprises, a annoncé le ministre délégué à l'Industrie, Sébastien Martin. Le ministère estime qu'environ 130.000 salariés ne peuvent pas travailler du fait des incendies.
Ces derniers jours, le sud-est de la France a également été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.
Dans ce dernier département, le feu qui a parcouru environ 4.500 hectares en huit jours dans le massif du Gros Bessillon est désormais "fixé", a annoncé la préfecture.
En Espagne, le Premier ministre Pedro Sanchez a affirmé apercevoir "la lumière au bout du tunnel" après de terribles incendies dans la région de Madrid, où de premiers ordres d'évacuation ont été levés.
J.AbuHassan--SF-PST