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Les Houthis revendiquent une frappe en Arabie saoudite, nouveau front du conflit au Moyen-Orient
Les rebelles houthis du Yémen, alliés de Téhéran, ont revendiqué samedi une attaque de missile dans le sud-ouest de l'Arabie saoudite voisine en riposte à des frappes de Ryad, nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient.
L'Iran a de son côté connu une nuit paisible après deux semaines de bombardements américains sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril dans cette guerre qui a fait des milliers de morts et ébranlé l'économie mondiale.
Mais Donald Trump n'a pas exclu vendredi d'infliger à la République islamique "un niveau bien pire" de frappes, des médias américains évoquant des discussions sur une possible opération militaire à grande échelle.
Le conflit s'est désormais étendu aux rives de la mer Rouge. Après quatre ans de trêve entre les Houthis et l'Arabie saoudite, qui avait soutenu militairement à partir de 2015 le gouvernement yéménite contre les rebelles, les hostilités ont repris le 13 juillet entre les deux camps.
Cette situation accroît les incertitudes dans une région clé pour le transport mondial des hydrocarbures, le prix du pétrole ayant franchi à nouveau cette semaine la barre des 100 dollars, avant de refluer.
- "Escalade dangereuse" -
Après avoir attaqué la semaine dernière un aéroport saoudien, les Houthis ont cette fois revendiqué samedi un tir de missile contre la ville côtière de Jizan, près de la frontière avec le Yémen, via leur site d'informations Ansarollah.
Selon une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et vérifiée par l'AFP, des nuages noirs s'élèvent au-dessus de la raffinerie du géant saoudien pétrolier Saudi Aramco.
L'agence de défense civile saoudienne a levé plus tard l'alerte à Jizan ainsi qu'à Yanbu, une autre ville côtière plus au nord.
Les Houthis avaient auparavant fait état de frappes saoudiennes sur Hodeida, port qu'ils contrôlent sur la côte ouest du Yémen, promettant de riposter.
Faiza, une mère de deux enfants âgée de 36 ans et habitante de Hodeida, raconte avoir entendu trois explosions, comme "un coup de tonnerre". "Je ne voulais pas croire que les frappes avaient repris", dit-elle à l'AFP, alors que le conflit au Yémen a fait des centaines de milliers de morts.
D'après les médias houthis, qui ont fait état de deux blessés, des installations relevant de l'autorité des télécommunications ont été visées. Une base navale figure aussi parmi les cibles, d'après une source de sécurité yéménite contactée par l'AFP.
La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite a indiqué de son côté avoir "apporté une réponse décisive" contre des sites militaires houthis après l'attaque essuyée par des navires commerciaux cette semaine en mer Rouge. La "réponse militaire est désormais terminée", a assuré sur X son porte-parole, Turki al-Maliki.
Sur leur site officiel, les rebelles ont fustigé "une escalade dangereuse".
- "Plus sérieux" -
Les Houthis avaient annoncé lundi vouloir bloquer le trafic en mer Rouge et dans le golfe d'Aden des navires saoudiens, alors même que cette route est devenue vitale pour le royaume afin de contourner le verrouillage par Téhéran du détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique.
L'agence de presse saoudienne a depuis confirmé deux attaques contre des navires saoudiens.
Si certains bateaux ont fait demi-tour face aux menaces houthies, le trafic se maintient pour l'heure à travers le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden. Et les Houthis assurent que leur blocus maritime n'a pas vocation à le paralyser.
Face à ce nouveau front, Donald Trump a menacé cette semaine les Houthis et l'Iran d'une "punition militaire majeure".
Mais alors que la guerre s'enlise, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé en juin par Téhéran et Washington, le président américain laisse la voie diplomatique ouverte et a dit "parler" avec les dirigeants iraniens.
"Je pense qu'ils deviennent de plus en plus sérieux au fil des jours, peut-être pour une raison évidente", a-t-il ajouté, en allusion aux frappes américaines quasi-quotidiennes.
L'Iran a le choix entre conclure un accord avec Washington ou faire face à "un niveau bien pire" de bombardements, a-t-il averti.
Depuis la reprise le 7 juillet des hostilités, la République islamique riposte en frappant les alliés des Etats-Unis dans la région.
Vendredi, elle a revendiqué des attaques contre des installations militaires utilisées par les forces américaines à Bahreïn, en Jordanie et au Koweït.
"Pour chaque fier citoyen iranien de la République islamique tué, un soldat américain sera envoyé en enfer", a menacé le chef de l'armée Ali Abdollahi.
Trois militaires américains ont été tués en Jordanie et en Irak dans cette nouvelle phase de la guerre.
Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense 59 morts et plus de 600 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.
burx-vl/anb
L.AbuTayeh--SF-PST