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Les Houthis pro-iraniens revendiquent des attaques en mer Rouge, nouvelles frappes américaines en Iran
Les rebelles houthis du Yémen, pro-iraniens, ont revendiqué des attaques en mer Rouge contre "deux pétroliers saoudiens", semblant ouvrir un nouveau front dans le conflit au Moyen-Orient où les Etats-Unis poursuivent jeudi leurs frappes contre l'Iran.
L'armée américaine a de nouveau bombardé la République islamique, pour le douzième jour d'affilée, des frappes dont l'objectif reste, selon elle, de "réduire davantage la capacité de l'Iran à menacer les marins civils et les navires commerciaux" transitant dans le détroit d'Ormuz.
De l'autre côté de la péninsule arabique, en mer Rouge, les rebelles yéménites soutenus par Téhéran - qui avaient annoncé lundi un blocus des ports saoudiens - ont revendiqué "une opération militaire" contre "deux pétroliers saoudiens qui ont violé le blocus", identifiant les navires comme l'Encelia et le Layla.
Une source officielle saoudienne a confirmé que l'Encelia, "appartenant à une société saoudienne", avait été "pris pour cible alors qu'il naviguait en mer Rouge, ce qui a provoqué un incendie à la proue", a écrit l'agence officielle saoudienne SPA, ajoutant que les membres d'équipages sont saufs.
L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO avait fait état peu avant d'un pétrolier touché par un "projectile non identifié" en mer Rouge, qui n'a pas fait de victime mais a provoqué un incendie à bord, à quelque 130 kilomètres au large du port saoudien d'Al Shuqaiq.
Les Houthis avaient, depuis lundi, adressé des avertissements radio à des navires, menaçant de prendre pour cible ceux qui tenteraient de se frayer un passage.
Ces attaques étendent le théâtre de la guerre au Moyen-Orient, 15 jours après que les hostilités ont repris entre les Etats-Unis et l'Iran, faisant voler en éclats le cessez-le-feu arraché en avril.
- Demi-tour -
Elles risquent de raviver les inquiétudes du marché sur l'approvisionnement en hydrocarbures, puisque l'Arabie saoudite est le premier exportateur de pétrole brut au monde, et que le stratégique détroit d'Ormuz est verrouillé par l'Iran.
Selon des données analysées par l'AFP, au moins neuf bateaux avaient fait demi-tour en mer Rouge ou dans les environs du détroit de Bab el-Mandeb, à l'extrême sud du Yémen, depuis la menace houthie.
Entre Etats-Unis et Iran, aucun signe d'apaisement n'est apparu.
Le contrôle de Téhéran sur Ormuz - voie par laquelle transitait avant la guerre un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures - reste au cœur des tensions. La République islamique n'autorise qu'un itinéraire, le long de ses côtes, menaçant de s'en prendre à tout navire contrevenant, et veut instaurer des frais de passage.
Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, ont affirmé jeudi avoir stoppé trois pétroliers qui tentaient de franchir le détroit d'Ormuz. Ce dernier restera "totalement fermé tant que les Etats-Unis poursuivront leurs actes malfaisants dans la région", ont-ils souligné.
- Deux tués -
En Iran, après l'annonce américaine de nouveaux bombardements contre le pays, un média d'Etat a rapporté des frappes de missiles, à deux reprises, à Bouchehr, ville où se trouve la seule centrale nucléaire en fonctionnement iranienne.
Deux personnes ont en outre été tuées et onze blessées par une frappe américaine à Shalamcheh, à la frontière avec l'Irak, selon un responsable de la province du Khouzestan cité par la télévision d'Etat. D'autres bombardements ont été signalés à Ahvaz, près du Golfe, ainsi que des explosions à Sirik, près du détroit d'Ormuz, selon des médias iraniens.
Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué dans la nuit de mercredi à jeudi avoir achevé cette nouvelle salve de frappes. Il a précisé que les forces américaines - qui imposent un blocus maritime de l'Iran - avaient "dérouté neuf navires commerciaux et en a immobilisé un afin d'empêcher les navires d’entrer dans ou de quitter les ports iraniens".
En représailles aux frappes américaines, Téhéran attaque chaque jour des pays alliés de Washington dans la région.
Face à cette somme de menaces, le baril de Brent, référence internationale, restait jeudi au-dessus des 95 dollars pour la première fois depuis près de six semaines, à l'ouverture des bourses asiatiques, loin de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord mi-juin entre Washington et Téhéran.
En Iran, le marasme économique s'accentue dans un pays affaibli par des décennies de sanctions internationales.
"Nous avons du mal à subvenir à nos besoins les plus élémentaires et, maintenant, nous devons en plus faire face aux ravages de la guerre", se désespère Aïda, une brodeuse de 34 ans d'Iranshahr (sud-est), jointe par l'AFP depuis Paris, déplorant l'inflation, la pauvreté et "les missiles sur nos villes chaque nuit".
burx-am/lpa
I.Saadi--SF-PST