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L'Iran attaque un navire dans le détroit d'Ormuz, les Etats-Unis lancent de nouvelles frappes
L'Iran a annoncé dimanche la fermeture "jusqu'à nouvel ordre" du détroit d'Ormuz après avoir tiré sur un navire qui a été abandonné en flammes par son équipage, et les Etats-Unis ont lancé une série de frappes en représailles, mettant à nouveau à mal le cessez-le-feu théoriquement en vigueur.
"Plusieurs navires ont tenté d'emprunter une route non autorisée et ont ignoré nos avertissements et nos rappels", ont écrit les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, dans un communiqué sur Telegram.
"Un navire qui avait mis en danger la sécurité maritime en désactivant ses systèmes a été touché par des tirs d'avertissement et arrêté", ont-ils poursuivi.
Selon l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO, l'attaque a eu lieu à 9 milles nautiques (environ 17 km) à l'est de la péninsule de Moussandam, appartenant au sultanat d'Oman, et a causé un incendie à bord. "L'équipage a abandonné le navire et embarqué sur un canot de sauvetage", a-t-elle indiqué.
En retour, le Commandement central de l'armée américaine (Centom) a annoncé des frappes contre l'Iran, la troisième série depuis mardi.
Des médias iraniens ont fait état d'explosions dans le sud du pays, à Bandar Abbas, Sirik, Jask, sur l'île de Qeshm, ainsi que dans la province du Khouzistan, frontalière de l'Irak, sans signaler de victime dans l'immédiat.
"L'Iran a fait un mauvais choix. Maintenant ils paient", a écrit sur X le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth.
Selon le Centcom, le navire touché par l'Iran est le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote. "Un membre d'équipage civil est porté disparu et le navire n'est pas en mesure de poursuivre sa route en raison d'un incendie à bord et de dégâts importants subis par la salle des machines", a-t-il détaillé.
L'Iran a aussitôt annoncé qu'il fermait une nouvelle fois le détroit stratégique d'Ormuz, par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures.
- Détroit fermé -
"Le détroit d'Ormuz sera fermé jusqu'à nouvel ordre et jusqu'à la fin des interventions américaines dans cette région; aucun navire ne sera autorisé à le traverser", ont écrit les Gardiens, tout en menaçant de s'en prendre "avec sévérité" aux bases américaines dans le Golfe en cas de "nouvelle agression".
Jusqu'à présent, Téhéran autorise un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, et exclut tout retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage était gratuit dans le détroit d'Ormuz, ce que les Etats-Unis contestent.
Les Etats-Unis avaient déjà bombardé l'Iran dans la nuit de mardi à mercredi, puis au cours de la nuit suivante, après avoir imputé à Téhéran la responsabilité d'attaques contre des navires commerciaux. En représailles, l'Iran avait frappé des cibles au Koweït, à Bahreïn et au Qatar.
Washington et Téhéran ont signé le 17 juin un protocole d'accord, assorti d'un cessez-le-feu, se donnant 60 jours pour trouver une fin définitive à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran.
Depuis, le président américain Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que ce cessez-le-feu était "terminé" en raison des attaques iraniennes contre des navires, tout en autorisant la poursuite des pourparlers avec l'Iran.
Le représentant iranien à l'ONU, Amir Saeid Iravani, a averti pour sa part que son pays ne se sentirait plus tenu par le protocole d'accord s'ils "continuent de manquer à leurs obligations".
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a prévenu samedi que la "vengeance" était "inévitable" après les funérailles de son père et prédécesseur Ali Khamenei, tué au début des attaques israélo-américaines.
"Je dis à notre guide martyr que nous jurons de venger son sang pur et celui de tous les martyrs de ces deux guerres", écrit Mojtaba Khamenei, désigné guide suprême en mars, mais qui n'est pas apparu en public depuis. "Cette vengeance est la volonté de notre nation et elle doit s'accomplir, inévitablement."
"Ces criminels, dont les noms figurent sur une liste, emporteront dans leur tombe le souhait d'une mort paisible dans leur lit", a-t-il ajouté.
Vendredi, Donald Trump avait accusé l'Iran de vouloir le faire assassiner, et promis une nouvelle fois "de décimer et de détruire complètement toutes les régions d'Iran" s'il tentait de le faire.
C.Hamad--SF-PST