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Trump annonce des frappes contre l'Iran, sans vouloir une reprise de la guerre
Les Etats-Unis vont frapper l'Iran cette nuit, a prévenu mercredi le président Donald Trump, tout en assurant que les nouveaux affrontements meurtriers prendraient fin "très rapidement" et laissant la porte ouverte à la poursuite des tractations diplomatiques avec Téhéran.
Le cessez-le-feu ne tient plus, a estimé le président américain, après des échanges de frappes qui fragilisent les efforts en vue d'une trêve durable, les deux médiateurs --qatari et pakistanais-- appelant, à l'instar de l'ONU, à la désescalade.
Comme fin juin, le stratégique détroit d'Ormuz est au cœur des tensions: l'Iran revendique d'y imposer, malgré l'opposition américaine, des droits de passage et menace les navires contournant le seul itinéraire qu'il a autorisé, le long de ses côtes.
Huit militaires iraniens ont été tués, à Bandar Abbas (sud) et Bouchehr (sud-ouest), a annoncé mercredi la télévision d'Etat, citant un communiqué militaire. Les médias ont signalé des explosions près du détroit et à Bouchehr, au large de l'île de Kharg, principal terminal pétrolier du pays.
En représailles, Téhéran a dit avoir frappé 85 installations sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn.
"Ils ont frappé quelques navires et donc on les a frappés beaucoup plus fort", mais "nous n'avons pas l'intention de continuer sur le long terme", a déclaré Donald Trump, à l'issue d'un sommet de l'Otan à Ankara.
"Je pense que ce qui se passe va prendre fin très rapidement", a ajouté le président américain, qui avait auparavant annoncé que l'armée allait "frapper fort" l'Iran "cette nuit".
S'il a dit ne plus vouloir "avoir affaire" avec les dirigeants iraniens, considérant que négocier était "juste une perte de temps", il a indiqué que ses émissaires pouvaient continuer leurs discussions.
Les propos du président, coutumier des volte-face, ont fait bondir mercredi les cours du pétrole de plus de 8%, à 80,10 dollars le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale.
- "Très inquiet" -
Le Qatar et le Pakistan ont appelé à respecter le protocole d'accord, signé le 17 juin grâce à leur médiation, et à œuvrer à la désescalade.
"Très inquiet", le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a lui aussi appelé à la reprise des négociations.
La rhétorique de M. Trump "ne signifie pas nécessairement que le protocole d'accord s'est effondré", analyse Ali Vaez, du centre de réflexion International Crisis Group (ICG), qui ne voit pas à ce stade "un risque élevé de retour à une guerre totale".
Les deux parties essaient de négocier "par l'usage de la force" les questions en suspens et les Iraniens n'entendent pas, selon l'analyste, renoncer au contrôle d'Ormuz, qu'ils considèrent "comme leur plus grande réussite dans cette guerre".
Après avoir trouvé ce terrain d'entente, Washington et Téhéran avaient repris leurs négociations en vue d'un règlement durable du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine.
Mais la rhétorique reste martiale: l'Iran a mis en garde les Etats-Unis contre une "violation" du protocole d'accord, prévenant qu'il "prendrait des mesures décisives pour protéger ses intérêts et sa sécurité".
"Tout soutien apporté à l'armée américaine" pour des attaques contre l'Iran "sera une cible légitime", a prévenu Téhéran, qui accuse régulièrement ses voisins du Golfe d'autoriser des frappes depuis leurs territoires.
- "Détresse" -
Les attaques dans la région d'Ormuz "ne font qu'exacerber la peur (...) et la détresse" des quelque 6.000 marins toujours bloqués dans le Golfe, a déploré l'Organisation maritime internationale (OMI).
Le Koweït a condamné "des attaques répétées et illicites de l'Iran". Sans désigner Téhéran, avec qui il mène des discussions sur la gestion d'Ormuz, Oman, situé de l'autre côté du détroit, a aussi condamné les frappes.
Mark Rutte, le secrétaire général de l'Otan, a lui jugé la riposte américaine "absolument nécessaire", signe de "fermeté".
Ce regain de violence intervient pendant les funérailles du guide suprême Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre et dont la dépouille a fait une halte en Irak, avant son inhumation prévue jeudi dans sa ville natale de Machhad, en Iran.
burx-cgo/tq
Q.Bulbul--SF-PST