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Nouvelle panne électrique générale à Cuba, sous blocus pétrolier des Etats-Unis
Cuba connaît une nouvelle panne électrique générale lundi, la troisième en moins de six mois et la huitième depuis fin 2024, au moment où la production d'électricité est mise à rude épreuve par le blocus pétrolier imposé par Washington.
"Il s'est produit une déconnexion totale du système électro-énergétique national", a fait savoir l'Union electrica (UNE) sur X, précisant rechercher les "causes" de cette nouvelle coupure qui touche l'ensemble de l'île de 9,6 millions d'habitants.
Le réseau électrique de Cuba subit régulièrement des coupures générales ou partielles en raison de la vétusté des infrastructures et de la pénurie de carburant.
"Il n'y a pas de wifi, pas d'électricité, on ne peut pas travailler", a réagi auprès de l'AFP un programmateur de 24 ans d'une entreprise privée qui met au point des logiciels dans le quartier de la Vieille Havane.
Le jeune homme, qui n'a pas souhaité divulguer son nom, s'apprêtait à rentrer chez lui quelques heures à peine après avoir entamé sa semaine de travail.
Ces derniers temps, "on n'avait que trois ou quatre heures de lumière par jour mais, maintenant, c'est plus grave, on ne sait pas quand ça va un peu revenir", explique Meyboll Font, 51 ans, qui travaille à son compte dans un autre quartier de la capitale.
"Vivre comme ça, c'est une agonie", dit-elle.
La production d'électricité à Cuba repose principalement sur sept centrales thermiques vieillissantes, qui subissent des pannes fréquentes ou doivent être arrêtées pour maintenance, ainsi que sur un réseau de groupes électrogènes de secours alimentés par du diesel importé.
Les coupures quotidiennes se sont intensifiées depuis que Washington a imposé en janvier un blocus pétrolier qui empêche les livraisons de carburant.
En parallèle, la principale centrale électrique du pays, Antonio Guiteras, située dans l'ouest, et à l'arrêt lundi pour une panne, a vu son activité paralysée plus de quinze fois depuis le début de l'année en raison d'avaries successives.
Cette situation provoque des délestages incessants qui atteignent désormais plus de 30 heures d'affilée à La Havane, plusieurs jours en province, malgré un vaste programme de mise en place de parcs solaires lancé il y a deux ans.
- "Contraindre" -
Les relations entre les Etats-Unis et Cuba se sont considérablement tendues depuis le début de l'année, notamment après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, un allié du gouvernement cubain.
Outre le blocus pétrolier en vigueur depuis janvier, qui met à rude épreuve la vie quotidienne de la population et tous les services de base, en particulier celui de la santé, Washington a édicté de nouvelles sanctions contre des entreprises et des dirigeants cubains.
Donald Trump estime que Cuba, qui se situe à environ 150 kilomètres des côtes de Floride, constitue "une menace extraordinaire" pour la sécurité nationale des Etats-Unis. Il a plusieurs fois averti qu'il pourrait en "prendre le contrôle".
Les deux pays sont en difficiles pourparlers depuis des mois.
Mises sous pression, les autorités cubaines ont adopté mi-juin un paquet de mesures sans précédent en faveur de l'économie de marché, un bouleversement pour le modèle économique de l'île depuis l'adoption du communisme il y a près de 70 ans.
Lundi, Cuba a dénoncé la volonté des Etats-Unis d'"empêcher" l'Assemblée générale de l'ONU de se prononcer mardi sur l'impact du blocus pétrolier et des autres sanctions imposées par Washington.
"Le gouvernement des Etats-Unis tente d'empêcher l'Assemblée générale de l'ONU de se prononcer. Il fait pression sur des gouvernements et cherche à contraindre la volonté souveraine des Etats membres", a affirmé le chef de la diplomatie cubaine, Bruno Rodriguez, sur X.
Un vote des Etats-membres est nécessaire pour l'ouverture d'un tel débat devant l'Assemblée générale.
Ce débat, réclamé par la Havane, est distinct de celui qui se déroule annuellement devant l'Assemblée générale depuis 1992 et se conclut par le vote d'une résolution demandant la levée de l'embargo économique américain appliqué depuis 1962.
En 2025, la résolution a été adoptée à une moins large majorité que les année précédentes en raison d'une vaste offensive diplomatique de Washington.
J.Saleh--SF-PST